Archive pour Juin 2004

Quizz interdit n°8

Quel est ce personnage rasé de près ? Dans quel film ?

Mes nuits sont plus belles que vos jours

Quizz interdit numéro 8, ce soir, à minuit !

Le principe pour les nouveaux venus :
un photogramme est posté à minuit précise -érotique, gore, décalé- d’une durée de vie limitée. A 7h le lendemain matin, il est remplacé par un autre cliché, plus conventionnel.
Il s’agit de reconnaître de quel film est extraite l’image. Le quizz nocturne se poursuit donc le lendemain. Deux gagnants sont désignés.

Voici un premier classement provisoire.
Champions du quizz nocturne : Sébastien avec 3 victoires, suivi de Jean-Sébastien (2 victoires) puis de Moland et Esther, redoutables outsider ex aequo (1 victoire chacun).
- Champions du quizz diurne : Tlön avec 2 victoires, suivi d’une belle brochette ex aequo (1 victoire chacun) : Sébastien, Esther, Versac, Damien et Jean-Sébastien.

Le super champion est donc Sébastien. Remettra -t-il en jeu son titre ce soir ?

Au 10ème quizz interdit, un classement définitif sera établi : le grand vainqueur gagnera un DVD et d’autres lots surprises.
Quant aux “photogrammes du scandale”, ils seront postés en journée, pendant une demi-heure.

La femme fatale dans 24h Chrono

Les héroïnes de 24h Chrono ou la métamorphose :
En haut, de gauche à droite, Laura Harris (Mary Warner) dans la saison 2
En bas, de gauche à droite, Elisha Cuthbert (Kim Bauer) dans la saison 3

No spoiler. Just teaser !

24 comporte de nombreuses réminiscences du film noir, à travers, notamment, la réactivation du mythe de la femme fatale. Dans 24, les personnages féminins, ambivalents, recèlent des zones troubles.
Prédatrice, immorale et dangereuse, Nina Meyers (Sarah Clarke), alter ego de Jack Bauer (Kiefer Sutherland), incarne parfaitement la figure archétypale de la femme fatale. Suprêmement intelligente et stratège, la troublante espionne conserve jusqu’au bout son mystère, chargé d’érotisme. La distribution féminine, exemplaire en matière de série télévisuelle, réunit nombre de personnages forts et complexes.
Usant de la sexualité comme moyen et non comme source de plaisir (sa préférence sexuelle va aux femmes), Mandy (Mia Kirschner), la tueuse au passé opaque (qui apparaît dans les saisons 1 et 2 à des moments cruciaux du récit), exécute froidement des contrats, motif classique du film noir. Professionnelle du crime, travaillant pour son propre compte, Mandy a tout d’une mercenaire, à l’instar de Nina Meyers.
Les polarités habituelles bien/mal se mêlent intimement. Ainsi, les personnages réputés « positifs » glissent dans des régions troubles où se révèle la noirceur de leur âme. Dévorée par l’ambition, avide de pouvoir, Sherry Palmer (Penny Jerald), la femme du Président des Etats-Unis, intrigue dans l’ombre. Calculatrice, elle travaille avant tout à servir ses propres intérêts, avant ceux de la Nation.
Dans 24, les femmes se substituent à l’homme, rivalisent avec lui en le combattant au lieu de le compléter. Cette rivalité épuise la force essentielle propre à la femme, la qualité d’amante et de mère. Sherry Palmer n’assume pas ce rôle. La figure de l’épouse est absente de la série. D’ailleurs, dès la fin de la saison 1, la femme de Jack Bauer est assassinée. Mariée à Tony Almeida (Carlos Bernard) dans la saison 3, Michèle Dessler (Reiko Alesworth) s’impose avant tout comme une femme de tête et d’action, détachée de ses obligations matrimoniales.
L’héroïne de film noir, à de rares exceptions près, est brune, vénéneuse et charnelle. Ce topos de la représentation de la femme fatale trouve sa validation dans 24. Les héroïnes brunes incarnent la duplicité, quand les blondes renvoient à des valeurs plus positives. Il n’empêche, ce clivage classique vacille rapidement dans 24. Kim Bauer (Elisha Cuthbert), la blonde, transgresse la Loi, s’y soustrait à de nombreuses reprises.
Cette ambivalence trouve son acmé avec le travestissement des héroïnes blondes en brunes, ou le glissement de personnages « positifs » vers le crime, la trahison. On observe ce basculement dans les saisons 2 et 3. Mary Warner (Laura Harris) modifie son apparence pour échapper à la Loi. Sa blondeur angélique disparaît au profit d’une perruque brune, fétiche qui révèle sa vraie nature meurtrière. Quant à Kim Bauer, envoyée en mission dans la saison 3, elle troque sa blondeur, pour se substituer à une fille de terroriste.
Dans les deux cas de figure, le passage à l’acte meurtrier coïncide avec ces métamorphoses. Le meurtre est une prolongation de la sexualité des héroïnes. Les blondes, tout comme chez Hitchcock, incarnent le « sexe indirect » (Entretiens Hitchcock Truffaut, Ed Ramsay), quand les brunes sont plus immédiatement sexuelles.
Après que son père l’a initiée au meurtre (fin de la saison 2), Kim Bauer est dorénavant corrompue. Délétère, elle entraîne dans son sillage mortifère ses petits amis successifs, qui finissent castrés symboliquement (l’un perd une jambe dans la saison 2, l’autre une main dans la saison 3). Personnification de la femme fatale, Kim Bauer atteste de la réactualisation magistrale de ce motif du film noir, dans une série décidément très cinéphile.

Sandrine Marques

Gay Pride 2004 [3]

Divas

Gay Pride 2004 [2]

Lang prend la Bastille

Gay Pride 2004 [1]

Pinku

Split screen

Si le gros plan participe notamment du suspense, selon l’affirmation de Pascal Bonitzer, preuve a été faite que le split screen également, lors de l’électrisant match Italie-Bulgarie.
En parallèle se joue le match Danemark-Suède. L’écran télévisuel se divise, donnant à voir en écho deux actions, disjointes spatialement, mais intimimement liées dans leur temporalité.
La télévision reprend ici à son compte un dispositif affectionné par Brian De Palma et qui trouve des résonnances chez Hitchcock.
Le spectateur, tout comme chez Hitchcock, a une longueur d’avance sur les personnages - ici, les footballeurs italiens qui marquent, dans les dernières secondes de la rencontre, un but inespéré. L’équipe italienne pense s’être qualifiée. Le spectateur sait qu’il est déjà trop tard.
Le split screen ou le travail de la mort en direct.

Tokyo DV

Trouvé sur l’excellent blog de Cho-Yaba, un lien sur Tokyodv.com, site spécialisé dans les minis-films DV et classés par thèmes : culture, société, comédie…
Expérience de l’oeil sidéré par ce flux d’images qui restitue un Japon contrasté, partagé entre rites religieux, traditions et jeunesse pop, ultra-branchée dont le hobby principal est le shopping. Voir les hôtesses vanter les mérites de téléphones cellulaires, Brad Pitt ou Nicolas Cage cachetonner dans des spots publicitaires; assister, ébahi, à une fête de la fertilité, avec procession de penis géants; contempler des corps pris dans la transe d’une rave improvisée dans un parc, fréquenté par des familles… Autant d’instantanés, de photographies d’un pays éminemment cinégénique.
Certains films, comme Crosswalkers (sur le thème du shopping compulsif), sont de véritables créations. Des fictions naissent de la captation d’un réel proprement halluciné et hallucinant. A découvrir d’urgence…

Chambara du choix

Zatoichi.

Après le mélodrame (Dolls), Takeshi Kitano revient à la « manière » japonaise, en mettant en scène un chambara ou film de sabre nippon, traversé par des fulgurances visuelles et narratives.
Tout en s’appropriant les codes intrinsèques au genre, Kitano évoque ses thèmes de prédilection : la représentation (le final a lieu sur une scène), le burlesque (contrepoint au désespoir et à la violence), ainsi que l’enfance et son pendant, l’innocence perdue.
Le réalisateur incarne ici Zatoichi, personnage récurrent d’une série télévisée populaire au Japon dans les années soixante. Cependant, il donne une envergure toute personnelle au masseur aveugle, samouraï émérite, excellant dans le maniement du sabre. Il nourrit ainsi le personnage de son humour et de son art consommé du décalage.
Sur la trame classique de la vengeance, Kitano construit un film pléthorique, enchâssé par les récits de personnages rencontrés par le masseur : du couple de geishas au joueur de dés invétéré, en passant par la veuve rackettée, tous ont un compte à régler avec l’Organisation qui fait régner la terreur sur le village… à commencer par Zatoichi lui-même.
Kitano joue sur les faux-semblants. La vérité est travestie pour se révéler progressivement, à l’instar de la fausse geisha (un jeune garçon que sa sœur a initié à l’art de la séduction) et du mystérieux masseur, dont le statut usurpé et la cécité factices lui permettent de parachever son entreprise de mort.
Loin d’être édulcorés par le recours aux effets numériques, les combats, d’une violence rare (membres amputés et effusions de sang dans la plus pure tradition japonaise) frappent par leur fulgurance, leur virtuosité et la rythmique qui les accompagne.
L’habillage sonore du film se révèle des plus inventifs. Ainsi, l’usage de la musique électronique, qui entoure les combats, surprend chez Kitano. La plupart des scènes imposent leur rythme singulier (des tintements jusqu’aux percussions, pour finir sur un logique numéro de claquettes, figuration de la rencontre entre l’Orient et l’Occident comme dans Aniki, mon Frère). Cette bande son originale confère à la plupart des séquences leur lyrisme ou leur fantaisie.
Mais en dépit de ses nombreuses qualités formelles, pourquoi considérer Zatoichi comme une production mineure dans l’œuvre de Kitano ? Tout simplement parce que le cinéaste avait enchanté notre regard avec des films traversés de part en part par une émotion et une poésie qui font cruellement défaut ici (Hana Bi, Sonatine). L’alternance de séquences burlesques et mélodramatiques fonctionne beaucoup moins bien dans Zatoichi, car elle crée des ruptures narratives, à l’inverse des précédents films de Kitano où ces deux pôles coexistaient harmonieusement. Il n’empêche, « tous les combats sont grandioses pour le victorieux » !

Sandrine Marques

Article paru sur plume-noire.com

Suicide Club

54 lycéennes se donnent la main sur le quai de la ligne Yamamote à la gare de Shinjuku et sautent ensemble sous le train qui arrive.
Cette tragédie donne le signal à une épidémie de suicides collectifs et individuels sans précédent. Suicides ou crimes ? Une enquête est ouverte, menée par ISHIBASHI RYO, le héros du film de Takashi Miike, AUDITION. L’enquête piétine mais est relancée lorsqu’une vingtaine de lycéens se jette du toit de leur lycée, pour venir s’écraser quelques étages plus bas.
Quelle est la source du phénomène ? Un rockeur dérangé androgyne, accro au net ? Un “girl’s band ” ultra pop ? La société japonaise elle-même ?
Tel est le scénario de cette oeuvre ultra-violente, présentée au Festival du Film asiatique de Deauville en 2002, mais qui n’a pas été distribuée sur nos écrans français.
Izo n’a pas aimé ce film, pourtant en passe d’être culte chez ceux qui l’ont vu.

Le réalisateur Sono Shion, poète d’avant-garde de renom, réalisateur de films gay porno, possède aussi une filmographie classique reconnue.
Je vous invite à aller découvrir son site, où vous pouvez découvrir ses photographies, son journal de bord, sa filmographie.
Et si l’envie vous en prend, pourquoi ne pas lui écrire ?