Archive pour Juin 2006

Contrechamp parle allemand

 

J’ai donné mon premier entretien en tant qu’”artist of the week” (sic !) pour le site culturel autrichien Eutopia.
Contrechamp s’explique enfin… en allemand ! Merci à Marie Bendl qui a eu l’idée saugrenue sympathique de cet échange européen !
Le site a aussi traduit quelques uns de mes billets. Cela ouvre des perspectives intéressantes : l’envie d’aller voir ailleurs comment s’éprouve la cinéphilie.

Jeu concours de l’été :
J’envoie une photo dédicacée à qui, le premier, donnera une traduction exacte de l’entretien !

 

Et Carlotti m’écrivit…

Sur ce blog, j’aime parler du travail d’artistes qui comptent. Aussi, quel bonheur d’avoir un retour de leur part !
Barbara Carlotti m’a écrit ce mot très gentil que je publie exceptionnellement :

“MERCI Sandrine ! vos photos sont superbes ! (…)
Et quel article, c’est formidable, je suis si contente que mes chansons vous plaisent !
Merci mille fois.
à bientôt donc
Barbara”

Elle m’a aussi transmis son actualité :

Concerts d’été

* Le6 aoûtà 23h à Le Blanc (36) aux estivités du rêveur” - http://lereveurdutempsfou.free.fr/les_estivites.htm
* Et comme l’année dernière dans le cap corse du 18 au 23 août à Barcaggio : Concerts apéritifs et acoustiques devant la mer tous les soirs en double plateau avec M. Untel au Restaurant Club “U Fanale” à Barcaggio. Renseignements et réservation : Stéphane Giaccolini - U Fanale - 20275 Barcaggio - tel : 04.95.35.62.72 - stephane.giaccolini@laposte.net


Duos et collaborations

* Barbara a récemment enregistré 3 chansons pour le prochain disque d’Olivier Libaux “Imbécile”avec JP Nataf, Philippe Katerine et Héléna.
* Elle enregistrera à la rentrée un duo avec Michel Delpech “Quand Paul chantait Yesterday”pour le nouvel nouvel album de Michel Delpech.
* Elle chante également en duo sur 1 titre “Alcools” avecMouzanar auteur-compositeur-interprète dont le 1er album sortira sur le label Naïve en octobre.


Médias

* Le titre “Cannes” est toujours en playlist sur France Inter, Europe 1 et France Bleue.

* Barbara dans le magazine Rolling Stone #42


LE 4 SEPTEMBRE : SORTIE MONDIALE DE L’ALBUM “LES LYS BRISÉS” - 4AD/BEGGARS GROUP

et une tournée dans toute la France avec le Club à la rentrée…

à suivre donc !

http://www.barbaracarlotti.com/

Courez-y !

La mélancolie, le silence et la joie

Concert privé de Barbara Carlotti, ce 21 juin à la Bellevilloise. A sa manière nonchalante et suave, cette guetteuse mélancolique raconte des histoires comme personne. La rencontre d’une voix nue, savamment distanciée, avec une pop aux influences anglo-saxonness produit un mélange (d)étonnant, dans la lignée de The Organ, la sensualité en plus.
S’ajoute à cela une présence scénique où l’humour ravageur de la belle élégante sert un univers décalé, irrigué de bout en bout par des références littéraires (Faulkner, Miller, Nin et même Marx !).
Comédienne dans l’âme, sur scène et à l’écran (on l’a vue dans Mods de Bozon et dans Vert Paradis de Bourdieu), Carlotti, la dandy, réinvente le spleen dans la continuité d’un Léo Ferré pour qui la mélancolie “est un chat perdu qu’on croit retrouvé”.
Et le concert d’hier ? Dans un cadre intimiste qui réunissait le gratin de la scène alternative musicale et critique, Carlotti affichait, comme la plupart des personnes en présence, une déglingue chic.
Verre de vin à la main, appelant à ce qu’on la resserve quand son godet venait à se vider, la chanteuse a ouvert son set lyrique par “Cannes”, avant d’enchaîner sur “Les Lys Brisés”. Mais l’ambiance n’était pas au recueillement. Un brouhaha ininterrompu accompagnait une prestation à la fois délicate et maitrisée. La charismatique Carlotti ne s’est pas démontée, et “si le cinéma sonore a inventé le silence” (Bresson), la nouvelle égérie pop, qui a réinventé la chanson littéraire, l’a réclamée pour elle, toute lumières éteintes.
Sa voix rauque et feutrée s’est alors élevée à l’adresse des amoureux déçus. Habitée, la belle liseuse ne se départit jamais d’un sens consommé de la dérision qui la voit se rouler sur scène quand elle interprète “L’Argent”.
“Qu’on me donne de l’argent” hurle t-elle, n’hésitant pas à froisser sa robe de satin noire. Brigitte Fontaine n’est pas loin. Mais foin des références : Barbara Carlotti ne ressemble qu’à elle !

(Mille mercis à Sabrina pour cette belle soirée).

Barbara Carlotti, Les Lys Brisés, Microbe, 2006.

Quizz interdit saison 2 - N°9

Oedipe roi. Dans quel film ? De quel réalisateur ? Pour remporter le quizz, les deux éléments de réponse doivent figurer dans le même commentaire.

Quizz interdit saison 2 - N°9 - Teaser

- Elle : Je m’ennuie
- Lui : Heureusement, il y a quizz interdit chez Contrechamp ce soir.

Le dénouement est proche qui verra la consécration des champions de la saison 2 du quizz interdit. RDV ce soir à minuit précise. Pour les nouveaux venus, les règles du jeu sont disponibles ici.

Le thème de cet avant-dernier quizz de la saison est “Oedipe Roi”.

Un point sur les champions en lice :

Godspeed mène toujours, avec deux victoires pour le quizz de nuit. Versac a remporté 3 V.O, suivi de près par JS qui en cumule 2. Pour le quizz de jour, Tlön fait la différence, avec pas moins de 4 victoires !

Qui se détachera ce soir ?

Je retourne (à) ma West

“Un homme à la maison en vaut deux dans la rue.” Mae West

Fin de palais

Le 59ème Festival de Cannes s’achève et avec lui, une certaine idée du cinéma. Car s’il n’a pas brillé par une sélection très marquante, l’événement cinématographique a néanmoins entamé sa mue. Aspect prégnant cette année, le questionnement et le renouvellement des formes. L’ouverture aux images contemporaines, tant désirée dans un contexte conservateur, est en train de s’esquisser. Certes, timidement dans une compétition officielle où l’on trouvait quelques ovnis, comme L’Ami de la Famille de Sorrentino ou Southland Tales de Richard Kelly, tous deux absents du palmarès. On regrette que les membres du jury n’aient pas suivi et se soient cramponnés à une cinématographie classique qui a fait long feu. En distribuant paresseusement des prix d’interprétation à l’ensemble de la distribution de Indigènes et de Volver, le jury a choisi la facilité et le consensus. Ce qui fâche, là-dedans, c’est un nivellement par le bas qui verrait toutes les prestations se valoir. Loin de les servir, ces prix reflètent ironiquement la proposition toute en aplats de films rebelles à l’innovation. A la collégialité des prix répond - ce n’est pas un hasard - des films où le collectif fait retour. Structures chorales, destinées individuelles fondues dans un grand tout filmique (Babel, Selon Charlie, La Raison du plus faible, Indigènes, Volver etc..) et dramaturgique, la communauté occupe le haut de l’affiche.

Comment se penser à l’aune du collectif et dans un flux (mondialisation, pop culture) décalant ? Visions messianiques, guerres et fin de civilisation, telles furent les réponses. Jamais la béance n’avait trouvé expression plus évidente à l’écran ! Les propositions filmiques ne se situent dorénavant plus du côté du repli sécuritaire, mais dans une forme implosive. L’humanité à la question, c’est tout un système de représentations qui vacille. Cette même humanité qui avait donné son titre au film de Bruno Dumont, lequel renoue là avec un Grand Prix du Jury, et signe le plus beau film de sa carrière. Car Flandres est la conjonction idéale du propos et de la forme renouvelée, au même titre que En avant Jeunesse de Pedro Costa, ses plans tableaux, trous noirs qui vous aspirent tout en distillant leur insatiable vitalité.

Cinéma en état de guerre, à défaut d’être en état de grâce, c’est la consécration attendue du film de Loach, Le Vent se lève, un rapt émotionnel convenu pour artificiers du cinéma. On se désole du palmarès, d’autant plus que les corps, pour une fois, vibraient à l’unisson du contemporain. Certes, Shortbus de John Cameron Mitchell n’a pas connu les honneurs d’une compétition officielle, mais demeure l’une des propositions les plus audacieuses. De mémoire de festivalier, on n’avait jamais vu « CA » ! Qu’Andrea Arnold, avec Red Road, un premier film, se retrouve propulsée Prix du Jury n’est pas étranger à cette manière décomplexée de filmer le sexe au même plan que les sentiments. Histoire de deuil impossible, à la réalisation assez maîtrisée, Red Road pèche par son manque d’originalité, à l’instar d’un palmarès académique qui n’ose s’aventurer dans les chemins de traverse cinéphiliques qui s’offraient pourtant à lui. Sans surprise, le mexicain Gonzalez Inarritu rafle, avec un Almodovar piqué à vif, respectivement le prix de la mise en scène et du scénario.

On se prend à rêver. Et si le 59è Festival de Cannes, en les honorant, avait paradoxalement entériné la fin de règne des auteurs et signé l’avènement d’un cinéma hybride ? Et de songer au dernier plan de l’injustement boudé Marie-Antoinette, une nature morte saisissante dans laquelle on entrevoit, chambre dévastée, la métaphore d’une forme classique sens dessus dessous. Le cinéma est mort, vive le cinéma !