Aller/retour

Un train entre en gare et avec lui, le cinéma. Dans son sillage, le monstre de la Ciotat entraîne le tout premier western, lequel fit sensation auprès d’une audience prise pour cible. Max Aronson, dit «Bronco Billy» incarne un bandit dans ce film matriciel. Clint Eastwood lui rend hommage dans son film éponyme.
Du Vol du Rapide (The Great Train Robbery , Edwin S. Porter, 1903) à Bronco Billy (1980), l’Amérique a entériné ses frontières.
La piste tracée, que reste-t-il ? Un cirque « far west », constitué de repris de justice, clin d’œil aux hors-la-loi du film de Porter. D’Etats en Etats, Bronco Billy balade son improbable troupe, cultivant les codes d’honneurs propres aux cowboys. Avec ce cirque, c’est toute l’histoire de l’Amérique qui s’ébranle. Mais bientôt, l’argent vient à manquer. Les saltimbanques décident de rejouer l’attaque du train. Monture contre machine : combat inéquitable entre une Amérique primitive et la modernité. Le train roule dorénavant trop vite et la croyance reste à quai, à l’ombre du mythe.

12 réponses pour “Aller/retour”

  1. Esther : l'examen de minuit... dit :

    Je vais faire la chiante : le nom du réalisateur de The Great Train Robbery n’est pas “Potter”, mais “Porter”. De même, l’acteur qui interprète les chef des hors la loi n’est pas Bronco Billy Anderson, mais George Barnes…
    Erreur toute fois en phase avec le sort réservé à ce plan entré dans l’histoire, qui pouvait être placé au début ou à la fin du film, selon le bon vouloir et la fantaisie de l’exploitant. Ce que le catalogue Edison précise en effet : “Scène 14. Un gros plan de Barnes, le chef des hors-la-loi, visant et tirant sur les spectateurs. Cette scène peut être montée au début ou à la fin du film”.
    Ok, je sors….

  2. sandrine dit :

    C’est corrigé pour “Porter”. Qu’on me pardonne cette regrettable coquille : le réalisateur n’a rien à voir avec l’affreux binoclard, apprenti sorcier ! Peu importe sinon qui, du chef ou du bandit est incarné par Anderson. Je réajuste néanmoins.
    Ce qui compte c’est de mettre en regard ces deux films, citer la référence eastwoodienne, à mon avis, peu connue, éclairer la démarche du grand Clint : travailler son propre mythe à l’aune de celui de l’Amérique. Have a good night, miss Esther.
    PS : je reconnais bien là votre précision…et votre penchant pour les cowboys !

  3. sk†ns dit :

    ujourdh’ui, les Arabes ont remplacé les Indiens : on va pouvoir se refaire plein de Fort Alamo.

  4. Esther dit :

    Ton inconscient a dû tenter un remake du syle “Dirty Harry Potter”…
    La référence est juste et incontestable (c’est du pur Contrechamp quoi !), seulement le tireur du plan célèbre est interprété par George Barnes, pas par Bronco Billy Anderson, ce qui, d’aillleurs, rend le rapprochement d’image plus riche et plus complexe que le simple clin d’oeil hommage…
    Ok, je re-sors…
    Bise

  5. sandrine dit :

    “Dirty Harry Potter”, ö mon Dieu ! C’est moi qui sors ! Bah c’est vrai que je trouvais que l’acteur ici ne ressemblait pas vraiment à Anderson, concluant que c’était la moustache qui faisait ça. Anderson est plus bel homme : un acteur de music hall mort en 1971. Eastwood l’aurait rencontré ? Il est présenté comme le 1er hors-la-loi du cinéma ! Ah, ces anthologies de cinéma !
    Avez-vous remarqué le retour tonitruant de notre ami grec ?

  6. Esther dit :

    Bien sûr qu’Eastwood connaissait “Bronco Billy” Anderson, le titre de son film en témoigne, non ?? Qui plus est, il était très célèbre (on le connait moins en France évidemment). Quant aux “Anthologies du cinéma” dont tu parles, c’est vrai que certaines comportent plusieurs erreurs sur la période dite “primitive” (en général, ce type d’ouvrage destiné à un large public est “composé” à partir de sources écrites, comportant elles-mêmes déjà des erreurs… qui sont reprises et deviennent pérennes…)
    Mais là , je redeviens chiante !!!! Au secours !!!!

  7. sandrine dit :

    Evidemment il le connaissait mais l’a t-il rencontré, c’est ça la question ? Vous lisez une ligne sur deux ? :-)

  8. Philippe Risoli dit :

    Et le Starquiiizzzzz !!!

    On est jeudi soir, bientôt minuit et même pas d’indice !!
    Je sais c’est férié, mais alors ??

    Bon d’accord, il faudra encore attendre une semaine…

    Ok je retourne dans ma Ferme… Et j’offrais le vibro d’or à Mallory Nataf en lot de consolation…

  9. Damien dit :

    “Un train entre en gare et avec lui, le cinéma.” Ce serait donc Claude Monet, avec ses deux tableaux montrant l’entrée d’un train à Saint-Lazare, qui aurait inventé le cinéma !

  10. sandrine dit :

    Ce que tu proposes là m’inspire à un point ! Sur le coup, ça m’a presque frappée d’une incroyable évidence. Sauf erreur de ma part, ces toiles sont antérieures d’une vingtaine d’années au “premier train du cinéma”. Expression de la modernité que ce motif. Je crois qu’il y a vraiment quelque chose à creuser de ce côté là, fus-tu sérieux ou pas. Quelle fulgrurance !

  11. Damien dit :

    En fait, je ne sais pas bien si j’étais sérieux (qu’importe !) mais en fait oui, il y a bien quelque rapport entre l’impressionnisme et la naissance du cinéma : dans les deux cas il s’agit de capter l’instant, fixer le mouvement… Quelque chose était dans l’air du temps, c’est sûr ! Les tableaux (il y en a plus que deux, apparemment) de la gare Saint-Lazare par Monet datent de 1877. Les instantanés de Muybridge ( qui décomposent le mouvement du cheval ) datent de 1878. Et en 1880 Marey invente le fusil photographique… Fusil, cheval, train : tous les ingrédients du western !

  12. Yanc dit :

    hola

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