Autopsie d’un crime
Je vous propose de vous livrer, à votre tour, à une ludique analyse d’image, sur la base de mon approche coloriste.
Je vous confie l’expertise du 2è photogramme.
Un indice : les boutons translucides multifacettes de la robe de l’héroïne sont la réplique exacte du rideau de douche (on ne voit pas très bien sur le cliché).
Si besoin était de recontextualiser l’image : Heche parle avec le vendeur de voitures, pour procéder à l’échange de son véhicule. Hors champ, elle regarde le flic qui la surveille sur le bord de la route.
A vous de jouer…



Le 15/12/2005 à 01:41
Navré mais, pour moi, ces deux photogrammes ne fonctionnent pas. La seule chose qui retient mon attention c’est la couleur rouge (sous réserve de la qualité des photographies, de mon écran), le bout d’un doigt et les lèvres sur le premier photogramme, les ongles, les lunettes, la chemise et les motifs en forme d’éclairs de la chemise bleue… Mais pour dire quoi ? Rien. Je n’ai pas vu le fim en question…
Bien à toi.
Le 15/12/2005 à 09:32
comment ne pas voir, même sans avoir vu le film, willy, que anne heche s’abrite d’une douche de lumière dans le photogramme du bas alors qu’elle se livre à elle dans celui du haut?
les ongles, les lèvres, oui, en rappels rouges, la trace, le péché qui ne s’efface pas
et le bouton, multiplié (merci sandrine, le détail ne m’aurait jamais frappé seul), dont le motif enferme le personnage dans un destin mortel, fractionné -à l’image des multiples coups de couteaux qu’elle va recevoir, symbolisés par les blessures de la chemise du vendeur, cassandre inutile
penser aux réalisateurs, aux artistes, aux détails qui échappent, les traquer, les mettre à jour, et je rejoins gilles sur la note précédente, l’analyse entomologique que nous effectuons, cherchant dans la sinuosité des circuits neuronaux des autres, a posteriori : nouvelle névrose, comme toutes les névroses, passionnante
lh.
Le 15/12/2005 à 12:13
Willy,
Décrire c’est déjà analyser et tu avais noté tous les éléments signifiants. Il suffisait juste de les coudre ensemble !
lo,
Magistrale analyse : tu es fait pour cet exercice ! Tout y est, à quelques détails près dont je n’ai pas moi-même la réponse. Pourquoi une ombrelle chinoise ?
Sinon, effectivement, la chemise lacérée du vendeur préfigure les coups de couteau reçus au ventre par l’héroïne dont la robe se ferme par le milieu, écho au rideau qui se déchire sous la lame.
Chemise…bleue pervenche, de la même couleur que la robe dans laquelle a été enterrée Mme Bates.
Je pense qu’on aller encore plus loin.
Les personnages sont des logos. L’effigie, la trace, le signe, encore et toujours chez GVS.
Le 15/12/2005 à 13:24
Fort interessant mais attention au piège:”Je pense qu’on aller encore plus loin”
Si un texte, une image peut supporter tous les sens, il dit tout et n’importe quoi. Pour que l’interprétation soit possible, il faut donc lui trouver des limites. Elle doit donc être finie pour pouvoir produire du sens.
Ce risque du vertige, cette aspiration vers le gouffre, est d’ailleurs l’un des principes de mise scène chez AH, cinéaste chez qui tout apparait comme faisant signe. AH nous invite à entrer dans le labyrinthe du plan alors qu’à l’opposé Lang nous en rejette (cf La Femme au portait par ex)..mais bon je m’égare….
je ne saurais trop vous conseiller la lecture de “Le meurtre de Roger Ackroyd” d’Agatha Christie suivi de celle de “Qui a tué Roger Ackroyd ?” de Pierre Bayard au Edition de Minuit
http://www.leseditionsdeminuit.fr/titres/1998/ackroyd.htm
Le 15/12/2005 à 21:05
Encore eut-il fallu que je sois sûr que sur le photogramme du haut il fût question d’un puits de lumière…