Cap sur la Croisette
Troublante affiche que celle du 61è Festival de Cannes avec son regard barré. La splendide création graphique de Pierre Collier, sur la base d’une photo de David Lynch, interpelle. De l’icône glamour ne subsistent que les signes les plus évidents : bouche et ongles peints, blondeur vaporeuse. L’anonymat où la star est rendue contribue, plus qu’à la démythifier, à exacerber au contraire la fascination qu’on a pour elle. Image tremblée. Un trouble entame la surface lisse de nos projections désirantes. Autre hypothèse : Cannes, lieu du sur visible, pourrait bien être le dernier endroit où il y ait encore quelque chose à voir. 10 jours…pour lever le voile.


Le 13/05/2008 à 05:59
Enjoy… !
Le 14/05/2008 à 15:06
Bonjour Sandrine,
Je te souhaite un bon séjour…et de belles découvertes
Heureusement que Cannes n’est pas le dernier endroit où il y ait quelque chose à voir…tiens, je viens de découvrir recemment un chef d’oeuvre absolu du cinéma documentaire pris dans une selection de films poltiques plutôt interessante…un film Mexicain de 1974…Judea, Semana Santa entre los coros de Nicolas Echevarria,,,rituel du peyolt filmé chez les indiens Tarahumaras…Apologie des corps, de la présence, brut, sauvage.. on pense à Pasolini et au cinéma Novo ( Glauber Rocha )…c´est parait-il un cineaste important de par son oeuvre documentaire…
Sinon, il y avait une séance consacrée à P Kirchhofer…que L Skorecki au passage considère comme l’un des cinéastes Français les plus importants ( pourtant méconnu ici et là, mais il est vrai que le personnage pratique la rétention, j’ai découvert ses films dans un cinéma de banlieue au petit matin, l’infos étant divulgué par le bouche à oreille ) …beaucoup de plaisirs de revoir ses films…son dernir film l´Envers est vraiment impressionnant par le travail sur la matière sonore … collage sonore de Lacan, Barthes, Deleuze…Godard, Duras…Apocalypse Now…reflexion sur le langage et le signe..et le fascisme….un double ecran 16 mm et video…au final assez inquietant et angoissant comme toujours chez Kirchhofer
Voilà si cela peut aiguiser ta curosité et tes désirs pour cette nouvelle édition
Le 14/05/2008 à 17:59
C’est vrai qu’on ne sait que penser d’un festival qui démarre avec “Blindness”, se poursuit avec “Je veux voir” (sous-entendu : “mais y arriverais-je?”) et qui arbore cette affiche yeux bandés eyes wide shut. Vivement qu’on croise des films qui nous ouvrent les yeux.