Archive pour la catégorie ‘Cannes 2005’

Alone in Cannes

Party animals

Merci à Jon, Margaret, Romain, Michèle, Willy (une rencontre dont je me réjouis encore - Retrouvez ce célèbre blogueur dans la série). Vous avez été ma force pendant ces 15 jours d’une grande intensité. Grâce à vous, je n’ai pas écrit la moitié de mes textes mais ai passé de mémorables moments. Les photos en attestent aisément, bien que certaines demeureront à jamais interdites ! See you soon ! Et vive le 59ème !

Tout le monde dit “I love you !”

Pour finir ce festival sur une note heureuse (le spleen me gagne), quelques clichés qui donneront la mesure de l’ambiance des fameuses fêtes cannoises. Jon, the serial kisser !

Nandita Das

A la conférence de presse du jury. La ravissante actrice et productrice indienne.

Le jury s’explique

Traditionnelle conférence de presse du jury qui s’explique sur le palmarès.
Le consensus mou entourant le palmarès (nulle mise en danger) surligne une sélection déjà conventionnelle.
Kusturica a affirmé que 4 à 5 films émargeaient véritablement dans un panel de qualité moyenne, en deçà de ce qu’il s’attendait à voir ici, au Festival de Cannes (!).
La palme d’Or, attribuée aux frères Dardenne, est motivée par le fait que cette oeuvre réponde aux critères esthétiques définis au préalable par le jury.
De plus, cette oeuvre mérite un coup de pouce, à l’inverse de films qui vont trouver leur public plus immédiatement. Kusturica a cité Caché de Haneke ou History of Violence de Cronenberg, grand absent du palmarès.
Palme chorale mais résultat d’un compromis indéniablement. Kusturica, on le sait, penchait pour Broken Flowers.
De la part de Kusturica, cette absence de langue de bois était aussi inattendue que bienvenue, édulcorant un palmarès en demi-teinte.

Les lauréats du 58ème Festival de Cannes [2]

Hanna Laslo, prix d’interprétation féminine dans Free Zone d’Amos Gitaï.

Tommy Lee Jones, prix d’interprétation masculine dans Les Trois Enterrements de Melquiades Estrada.

Jim Jarmusch, grand prix du jury pour Broken Flowers.

Michael Haneke, prix de la mise en scène pour Caché.

Wang Xiaoshuai et sa magnifique actrice, prix du jury pour Shanghai Dreams.

Vimukthi Jayasundara, caméra d’or ex aequo pour La Terre Abandonnée.

Miranda July, caméra d’or ex aequo pourMe and you and everyone we know.

Les lauréats du 58ème Festival de Cannes [1]

Guillermo Arriaga. Prix du scénario pour les Trois Enterrements de Melquiades Estrada de Tommy Lee Jones.

L’enfant caché

Une fois de plus, la rumeur s’est avérée inexacte. Ce sont les frères Dardenne qui remportent, pour la seconde fois, la Palme d’Or. Vous m’en voyez ravie car après History of Violence de Cronenberg, c’était mon second choix.
En exclusivité, ma critique ci-dessous.

Enfant prodige que ce dernier film des Dardenne ! Portrait sans aménité de la misère contemporaine, cette chronique met en scène un jeune couple dans la dèche. Femme enfant, Sonia vient d’accoucher. Bruno (extraordinaire Jérémie Rénier), son amoureux, assure le quotidien en multipliant les petits larcins. Oublié le naturalisme radical des productions passées : la caméra s’éloigne pour permettre au regard d’investir une fiction où l’empathie domine.
Les Dardenne décrivent une économie de survie avec un sens consommé du détail. L’Enfant est l’histoire d’un engrenage, d’une dévoration « au présent ». Pris dans la spirale d’un quotidien vampirique, à réinventer heure après heure, Bruno s’enfonce plus loin dans la délinquance, jusqu’à mettre en péril sa famille. Que font les Dardenne, si ce n’est prendre acte de la violence d’une époque où un matérialisme forcené fonde l’injonction sociale ? Manger, se procurer une carte pour le mobile, s’acheter une veste sur un coup de tête ou s’offrir une virée dans une belle bagnole, autant d’actes de résistance qu’enregistrent les cinéastes anthropologues Enfants prématurément parents, le couple vit dans un ici et maintenant permanent. Inconséquent, Bruno l’est assurément. Pour autant, il n’a rien d’un méchant bougre même quand il en vient à la plus choquante et terrible des extrémités pour se procurer de l’argent : vendre son propre fils. « On en refera un autre » affirme-t-il à sa compagne effondrée, investie brutalement de sa maternité.
Les Dardenne filment, depuis toujours, des histoires existentialistes au terme desquelles leurs héros atteignent à une prise de conscience salvatrice. Mais par quelles épreuves doivent-ils passer ! En cela, leur cinéma jette des ponts avec la filmographie de Robert Bresson. On pense naturellement à Pickpocket, à ce final violemment émotionnel dans la prison. Des sanglots déferlent, des mains se réunissent enfin, pour le meilleur et pour le pire.
Une énergie étonnante parcourt de bout en bout la fiction. Les Dardenne filment un personnage toujours en mouvement. Du soir au matin, Bruno (sorte de Richard Widmark dans Les Forbans de la Nuit) n’arrête pas une seule seconde, entre le réseau de petites frappes qu’il administre, le troc, les vols à l’arraché dont le dernier dégénère. S’ensuit une course poursuite à mobylette à couper le souffle. Les Dardenne prouvent que leur propre cinéma ne fait pas du surplace et qu’il peut réserver de fulgurantes embardées du côté du cinéma d’action. L’Enfant, qui longtemps nous hante, est incontestablement leur meilleur film.

Cannes 2005 - Buzz

Nous sommes à quelques heures du palmarès et voilà les premières rumeurs qui circulent.
Cronenberg a quitté la Croisette, ce qui veut dire que le vénéneux History of Violence, ma palme d’or personnelle, ne sera pas récompensé.
En revanche, Jarmusch a été rappelé, ainsi que les Dardenne.
La Palme d’Or devrait être décernée à Caché de Michael Haneke, selon une source officieuse, mais bien informée.
Je reconnais au film du réalisateur autrichien de nombreuses qualités cinématographiques, même si cette constante manipulation du spectateur, qui ne sait souvent pas dans quel régime d’images il se trouve, m’agace.
Pour l’heure, je campe dans la salle de presse, avant la remise des prix auquelle j’assisterai de l’intérieur. Je vous invite à consulter les photos dans la soirée.

Zhang Ziyi applaudit. Nous aussi !

Ca n’était pas prévu. Mais à la projection de Princesse Racoon de l’iconoclaste Suzuki, toute l’équipe était présente. Le film ? Un objet complètement barré, sorte de conte traditionnel de carton pâte où les héros attrapent une guitare électrique, rapent, ou se lancent dans des chorégraphies cinglées. Japonais.