Où va la critique ?
Pourquoi changer de plateforme ? m’a-t-on demandé à de nombreuses reprises. Parce qu’au terme de quatre années d’existence du blog Contrechamp, la question de son renouvellement se posait avec d’autant plus d’acuité que mon rapport au cinéma a évolué, en même temps les moyens de faire des images.
Il me fallait pallier, outre ce problème de positionnement, un écueil technique de taille : intégrer du son et de l’image, en complément du texte. En somme, adapter le geste critique à ce qu’est une image aujourd’hui : une réalité plurielle que les nouveaux outils du web permettent d’approcher. Mon ancienne plateforme me privait de ce type d’expérience. Dès lors, envisager une version optimisée du blog Contrechamp est devenue une nécessité.
Cependant, ma démarche ne varie pas dans le fond : elle est toujours celle d’une iconophile. Tout en maintenant la ligne éditoriale initiale et la place de choix que j’ai toujours accordé à l’image et aux photogrammes, je souhaite ouvrir le champ des possibles. Mon quotidien est fait de rencontres, particulièrement depuis janvier 2008 où je travaille comme journaliste ciné à temps plein. Je souhaite pouvoir documenter ce quotidien, tout en le faisant partager. Il m’a fallu trouver un nouveau rythme, en même temps qu’un deuxième souffle pour le blog. Affronter mes réticences encore, car jusqu’à présent l’exercice critique était pour moi une expérience solitaire. Les transitions sont toujours un peu anxiogènes. Mais stimulantes, comme les discussions que j’ai pu avoir ces derniers temps avec des personnalités comme Elijah Wood (bientôt Iggy Pop à l’écran), Tilda Swinton (icône indie fraîchement oscarisée, prochainement chez Fincher et Jarmusch), Daniel Day-Lewis (immense dans There Will be blood) ou encore Olivier Assayas qui signe avec L’Heure d’été l’un des plus beaux films français de ces dix dernières années. Le cinéaste me confiait, lors de nos différents entretiens, qu’un film est irréductiblement collectif. C’est une partition qu’interprètent à plusieurs voix des comédiens libres d’improviser, dans un cadre construit. Contrechamp Média se veut à cette image : une aventure d’écriture collective sur le cinéma. La plateforme accueille actuellement cinq blogs comme autant de lieux où s’incarne la cinéphilie. En voici le menu :
- Contrechamp : retrouvez l’intégralité des billets et des commentaires que j’ai postés depuis 4 ans ainsi que les rubriques habituelles (regards croisés, analyses de photogrammes, quizz interdits etc) et bientôt des contenus inédits.
- Voyages en cinéphilie : ce blog est une incursion dans des cinématographies étrangères. C’est un voyage en actes transfrontalier ou mental qui se nourrit de comptes-rendus de festivals à l’étranger, de portraits, d’enquêtes au cœur d’une cinématographie, de films de création tournés en dehors du sol national.
- Délire Critique : le blog de Matthieu Chéreau qui le définit ainsi : verbalisme exalté qui cherche à parler juste, au risque de l’incohérence. Au programme : jugements à l’emporte pièce, sautes d’humeurs, déclarations tonitruantes, discours éclatés et commentaires corsés.
- Les Films de poche : un blog consacré à la création multimédia et aux signatures mobiles. Un film de poche est une vidéo réalisée avec une caméra numérique tenant dans la poche, qu’il s’agisse d’un téléphone, d’un appareil photo ou d’un stylo d’espion. Ce blog adresse les différentes problématiques liées aux films de poche. Il revient sur leur esthétique, leur économie et tout ce qui de prés ou de loin a trait à eux.
- Muffin Buffalo : un blog dédié aux séries TV par Matthieu Chéreau et Nicolas Mérouze (pour le moment).
Contrechamp Média a pour vocation de se frotter aux différents régimes d’images et de rendre compte du meilleur de la création dans ce domaine. Les blogs se répondent et se nourrissent mutuellement. L’énergie est collective mais chaque blog conserve sa signature d’auteur. La plateforme est encore en construction et vos commentaires sont les bienvenus pour l’améliorer. Car ce qui fait la force de Contrechamp Média, ce sont vos contributions. Et cela, même un changement d’adresse ne devrait pas changer la donne.
Remerciements à Frédéric Humbert, Nicolas Mérouze et Matthieu Chéreau (pour leur patience !).
Un mois sans bloguer. Aurais-je succombé à une soudaine aphasie qui m’a fait négliger cet espace ? Bien au contraire. Un voyage en Italie du sud m’a conduite sur les pas de Visconti, Godard et Wilder. J’en reviens emplie de terreur que nuance le sentiment d’avoir évolué dans un décor de cinéma à ciel ouvert.
Et puis surtout, des collaborations se sont nouées tous azimuts : un projet de réalisation est en cours d’élaboration, une monographie s’écrit collectivement, le Festival de Locarno (d’où je posterai) se profile à l’horizon….
Mais je suis surtout fière de vous annoncer une naissance : celle du ciné-club de Contrechamp, au Studio des Ursulines, à partir de septembre 2007.
L’envie était là depuis longtemps que de sortir du virtuel pour partager directement les films. Au risque de l’exposition bien sûr, mais il était temps de sortir de la caverne ! Je suis moi-même très curieuse de savoir qui se cache derrière les alias. Les masques vont tomber dans le plus grand esprit de convivialité.
Avec le désir affiché de dépoussiérer le concept de ciné-club, l’interactivité sera de mise puisque je ferai appel à vous, ô précieux contributeurs. Je garde les modalités encore secrètes. Si ce n’est vous dire que ce sera le grand retour du quizz interdit (3è saison), régi par des règles plus arbitraires que jamais. A la clé, la possibilité de gagner des lots en lien avec le ciné-club (je ne parle pas de pop corn, soyons sérieux).
Je remercie les bien-nommés Louis-Paul et Adrien Desanges, propriétaires de cette salle mythique où furent projetés les films d’avant-garde, pour leur enthousiasme et pour m’avoir donné entière carte blanche quant à la programmation.
Si vous voulez vous asseoir aux places qu’occupèrent Bunuel ou Breton, ce sera donc un rendez-vous mensuel, le jeudi soir à 20h30.
En exclusivité, je vous livre le programme SOUS RESERVE du premier trimestre, placé sous le signe du cinéma US. Bloquez d’ores et déjà ces dates dans vos agendas !
Le 27 septembre 2007 : Electra Glide in Blue de James Guercio.
Le 25 octobre 2007 : When a stranger calls (Terreur sur la Ligne) de Fred Walton.
Le 22 novembre 2007 : Point Limite Zéro de Richard C. Sarafian
Le 20 décembre 2007 : The Party de Blake Edwards (+ concert).
Venez nombreux !
Photogramme : Une projection au studio des Ursulines (10, rue des Ursulines - 75005 Paris - RER : Luxembourg).
Une fois n’est pas coutume et puisque d’avisés lecteurs l’ont déjà débusqué sur le net, je signale la publication de cet article qui fait vraiment très plaisir dans Le Monde, daté du 10 avril et qui est consacré à mon blog.
J’en profite pour remercier la journaliste Macha Séry pour ce coup de projecteur, ainsi que les précieux contributeurs qui alimentent en permanence cet espace de leurs pertinents commentaires.
Les idées étaient déjà en germe mais cet article renforce mon envie de prolonger le geste de transmission du cinéma, en complément du blog. Je ne manquerai de vous tenir informés. En attendant, tous au kiosque demain matin ! Les plus impatients peuvent déjà lire l’article ici.
Ce n’est pas le tout, mais il va maintenant falloir écrire un nouveau billet pour satisfaire mon exigeant lectorat. Douce tyrannie….
Ah, lecteur ! Je te vois déjà vouer aux gémonies Contrechamp, cette demi-mondaine honteuse qui alla s’encanailler jeudi dernier au Showcase, en robe de soirée, négligeant à cette occasion le port du soutien-gorge (dos nu oblige).
Tout cela pour aller boire le champagne d’un magazine qu’elle n’a même jamais lu et qui fêtait ses 20 ans d’existence. Précision tout de même : Studio ne se lit pas mais se regarde. Ca tombe bien, j’étais là pour regarder moi aussi !
Red carpet : les flashes crépitent à l’entrée. J’ajuste ma mise mais c’est Vincent Cassel que l’on photographie derrière moi. Je suis pourtant bien coiffée et rasée de près, contrairement à lui. Il est des mystères insondables…
Je veille à ne pas chuter du haut de mes 10 cm de talons et retrouve Sabrina Mireille, munie du précieux carton d’invitation. A l’intérieur, c’est la remise des César ! Toute la fine fleur du cinéma français transpire de concert et s’embrasse. Tant de chaleur humaine fait vite monter la température ambiante. L’open bar champagne étanche ma soif inextinguible et me rend tellement…sociable !
Au bout de deux heures, j’ai fait la connaissance de tout Canal+, du journaliste du Grand Journal au photographe de plateau. Je maîtrise absolument tous les sujets de conversation : de l’état du documentaire en France à la boxe ! Sujet que je mets en pratique pour me mouvoir parmi la foule démentielle qui se frotte sans vergogne contre moi.
Je retrouve régulièrement Sabrina Mireille, en grande conversation avec Shirley Bousquet, Ludivine Sagnier ou Mélanie Laurent. Alain Chabat manque, dans une bousculade, d’emporter ma robe qui ne tient qu’à un nœud.
A côté de moi, un jeune homme coince Virginie Efira pour lui dire que La Nouvelle Star est la meilleure émission du PAF. Laura Smet a l’air nerveuse et disparaît très vite. Jérémie Régnier m’envoie promener. J’aperçois la discrète et néanmoins excellente actrice Florence Loiret Caille (Trouble Every Day, J’attends quelqu’un), dont la seule apparition me console de ma belge rebuffade. Régis Wargnier se demande ce qu’il fait là. Je l’ai entendu le penser.
On ne serait pas tout à fait VIP si l’on ne se voyait pas remettre de petits sacs cadeaux à la sortie. Parfum, bijou, magazine. Me voilà Muglerisée, Pilgrimisée et Studiosée, comme Gaspar Noé qui a l’air très content. Je l’aurais été également si je n’avais pas oublié mes clés à l’intérieur de mon appartement. J’ai donc erré, clocharde chic, à travers les rues parisiennes. J’aurais toujours 20 ans.
Les Cahiers du Cinéma du mois d’octobre 2006 se révèlent riches d’enseignement. On peut y lire, sous la plume de Jean-Michel Frodon, une approche inédite de l’Histoire de l’Art.
S’exprimant, dans un encadré qui a pour titre Sidération x 2 (P. 65), sur le dernier film de la cinéaste japonaise Naomi Kawase, il écrit : “en sa simplicité comme pour les infinies vibrations, reculs et attirances qu’il peut susciter, le film possède une puissance de trouble qui évoque L’Origine du Monde de Manet“.
Le trouble devait être grand qui lui fit substituer Manet à Courbet. Mais de quelle origine et de quel monde parle t-il ? Un hommage inconscient au principal financeur de la revue ?
Si l’oeuvre picturale constitue bien le lieu où s’origine la “sidération” du journaliste, on s’inquiète des sentiments ambivalents (”reculs et attirances” - on notera le pluriel) qu’elle semble provoquer chez ce parangon de moralité. 1ère année, option Histoire des Arts, l’élève Frodon redouble.
Et puis quid de la “sidération”, nouvelle marotte qui émaille les discours critiques du moment ? Bruno Dumont, autre obsessionnel de la matrice, promet : “le film en soi n’est pas important mais c’est le rythme, le fait de rentrer dans le spectateur et de se connecter à ses images, de le mettre dans un état de sidération.” (interview Dvdrama).
Si le cinéma s’origine effectivement dans cet état d’hypnose et de stupeur, il se construit entre les images, par où s’exerce la fascination que poursuit le réalisateur. C’est là la limite par trop évidente du cinéma de Dumont, que ne pas laisser au regard suffisamment de champ pour que se débrident les perceptions.
Si l’on se réfère à leurs acceptions basiques, la sidération est un “effondrement subit d’une ou de plusieurs fonctions vitales” et la stupeur, “un état d’immobilité et de mutisme d’origine psychique” (in Larousse 2001). On aura donc beau asséner le concept, le brandir à tort et à travers dès lors qu’un film ambitionne de repousser les limites spectatorielles, le terme “sidération” ne convient pas.
La sidération est à chercher, me semble t-il, davantage du côté du cinéma expérimental, connecté en permanence avec la sensation, dont il se fait le réceptacle, tout autant que le commentaire poétique. Walden de Jonas Mekas, par exemple, plonge dans cet état de réception totale. Sensorialité et intellect vibrent au diapason de l’élégiaque étirement du temps. Qui d’un Gandrieux ou d’un Lynch branchent également leurs univers cinématographiques directement sur l’inconscient vibratile du spectateur.
De l’origine à la fin du monde, il n’y a qu’un pas que je franchis allégrement. Depuis une semaine, l’objet de ma fascination concerne un site internet sur lequel je suis connectée en permanence. Plus anxiogène que le journal télévisé de TF1, dont l’épanchement sécuritaire ne suffisait plus à combler mon insatiable inclination pour le sordide et le spectaculaire (on s’habitue à tout, que voulez-vous !), ce site se propose de suivre en temps réel les catastrophes dans le monde. Les foyers d’alerte clignotent sur une carte aux allures de video game. Et de se dire qu’on est assis sur une bombe à retardement, pour paraphraser l’appliqué Al Gore et sa Vérité qui dérange (qui ?).
De Manet à Courbet, de l’origine de l’humanité à sa fin programmée, il y a un monde où “le possible” est décidément “une matrice formidable” (Hugo).
Parce que je les aime et qu’ils se lancent enfin dans l’aventure, je vous invite à lire “l’emploi du temps”, le blog nouveau né de Jean-Pierre Paringaux et Laurent Herrou (lo), fidèle et précieux contributeur jusqu’à maintenant sur Contrechamp.
Déjà trois notes prometteuses…
Crédits : Holbein, Les Ambassadeurs, 1533.
Car le secret de ce tableau, dont je vous ai rappelé les résonances, les parentés avec les vanitas, de ce tableau fascinant de présenter, entre les deux personnages parés et fixes, tout ce qui rappelle, dans la perspective de l’époque, la vanité des arts et des sciences, - le secret de ce tableau est donné au moment où, nous éloignant légèrement de lui, peu à peu, vers la gauche, puis nous retournant, nous voyons ce que signifie l’objet flottant magique. Il nous reflète notre propre néant, dans la figure de la tête de mort. Usage donc de la dimension géométrale de la vision pour captiver le sujet, rapport évident au désir qui, pourtant, reste énigmatique.
Jacques Lacan, Le séminaire, livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Seuil
La facétieuse NY City Girl fait circuler un jeu où il s’agit de délivrer 6 secrets nous concernant. Elle m’a passé le témoin et en ludopathe que je suis, je peux difficilement résister. Voici donc mes six secrets de cinéma :
1) J’écris, depuis 2 semaines, un scénario, inspiré d’un titre de Marianne Faithfull. J’étais hantée, taraudée par des plans précis depuis des mois. Je n’en ferai sans doute rien, mais l’état d’urgence dans lequel me met l’écriture m’apporte une vraie plénitude.
Quant à l’histoire ? Secrète, bien sûr….
2) En matière de films pornos, ma préférence va au cinéma gay, beaucoup plus excitant et sensuel que les productions destinées à un public hétéro. Jugement sans doute altéré par le fantasme.
3) Ma plus intense rencontre avec un réalisateur fut avec Jean-Luc Godard, un matin, en tout petit comité. Outre le remarquable penseur de cinéma, j’ai découvert un être bouleversant et déchiré qui m’a enseigné ce qu’est le désir de cinéma, cette urgence qui vous pousse dans vos derniers retranchements. J’ai une K7 de l’entretien. Je ne l’ai jamais réécoutée. Depuis, je ne me suis pas privée d’écrire des horreurs sur le personnage, relativement à la télévision et au cinéma américain. Quelle ingratitude !
4) A Cannes, un soir, je rencontre cet acteur dans la rue. Le jeune lion a vieilli mais est toujours très beau. On discute. Ses yeux s’égarent. Il me propose… une interview dans sa suite. Me donne sa carte, son numéro de portable. Je n’ai jamais osé appeler. J’ai toujours ses coordonnées. Depuis, je sais que je n’ai pas l’âme d’une « starfuckeuse » et revois Apocalypse Now avec tendresse.
5) J’ai déjà écrit ou argumenté en public, et avec véhémence, sur des films que je n’avais pas vus.
6) La culpabilité est la pire chose qui soit. S’agissant d’écrire (sur le cinéma), je lutte en permanence contre elle.
Je dois passer le flambeau à mon tour à 5 blogueurs : Christie, Tlön, Moland, Sébastien et Willy, vous avez été choisis ! JS figure déjà sur la liste de la coquine City Girl.
J’imaginais poster une série de photogrammes relatifs au secret. Peut-être dans un prochain billet ?
“Tout le monde dit la violence du fleuve déchaîné, mais personne ne parle jamais de la violence des rives qui l’enserrent”.
Bertold Brecht.
Photo de Hicham Benohoud, Agence VU.
Laurence Allard est sociologue, maître de conférences à l’université Lille 3 et auteur d’un texte Blogs et Kino blogs, comme Technologies du Soi, dans lequel j’ai eu la surprise de m’y retrouver, avec d’autres, dont Cinéma Paradiso et CinéTribulations. Morceaux choisis :
«Sous quelque genre discursif sous lesquels ils écrivent, récit, chronique, journal, les auteurs de ces « kino blog » dessinent, sous des modalités énonciatives plus ou moins marquées, leur portrait en spectateur de film, voire en cinéphile. »
(…) « L’auto-catégorisation comme « cinéphile » apparaît peu ou pas explicitement dans notre corpus (cf « Voyages en cinéphilie » en sous-titre du blog Contrechamp). Mais comme l’a souligné JM Guy dans La Culture cinématographique des Français, « on n’est jamais assez cinéphile », « le cinéphile est toujours un autre ». Cependant, on peut supposer que le fait de consacrer un blog au cinéma reconduit l’un des aspects de la sous-culture cinéphilique, à savoir un horizon d’attente expressiviste d’une réception filmique, c’est-à-dire articulant fortement monde de la vie ordinaire et monde du film. ».
Articulation entre “monde de la vie ordinaire et monde du film” ? On s’y efforce. «Parler avec les images» tel est le pacte énoncé il n’y a pas si longtemps encore ici. En revanche, je m’interroge sur cette dénomination de “sous-culture cinéphilique”….
Toujours est-il que passé à la moulinette du jargon sociologique, ce blog prend une toute autre dimension, se trouve investi d’une identité. Le voilà “kino blog” devenu !
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