De Huston à Bacon - Reflets
Prolongation de l’exposition Bacon, au musée Maillol jusqu’au 15 août. Je suis tombée en arrêt devant cette Etude de Nu et Personnage reflété dans la Glace (1969).
“L’homme reflété ne se retrouve pas dans l’espace peint. Le dispositif fait naître un espace hybride entre la peinture et le spectateur. Cette odalisque moderne tente ou défie l’homme qui semble l’évaluer. Le face à face est évité par l’intermédiaire du miroir - les figures de Bacon, lorsqu’elles sont plusieurs dans un tableau, ne sont jamais face à face - faisant de l’homme un voyeur, surpris à son tour dans la glace par le spectateur devenu lui-même voyeur”. (in catalogue)
Le dispositif pictural de Bacon m’a fait penser au film de John Huston, Reflets dans un Oeil d’Or (1967). Bacon travaillait essentiellement à partir de photos et de documents de cinéma. Une intuition : le film de Huston lui est contemporain.
Dans une scène d’anthologie, la sculpturale Elizabeth Taylor s’offre dans sa triomphale nudité au regard de Marlon Brando. Sa sur-sensualité constitue un outrage pour son mari homosexuel qui s’adonne au voyeurisme. Tout comme dans le tableau de Bacon, elle le défie en gravissant nue les escaliers. Son image se reflète dans l’iris de Marlon Brando. Les personnages ne se font pas face. L’espace hybride du tableau de Bacon se trouve recréé.



Le 19/07/2004 à 22:50
Si tu veux poursuivre quant à l’oeuvre de Bacon, je ne peux que te recommander l’extraordinaire travail de Deleuze in Logique de la sensation…
Le 19/07/2004 à 22:57
épatante Sandrine
merci pour cette réflexion de qualité qui donne envie de voir et l’expo et le film
besos
se verra-t-on avant Cannes 05 ?
Le 20/07/2004 à 11:21
Will,
Oui, il faut que je me procure ce bouquin absolument !
Si tu/vous allez voir l’expo, ne manquez surtout pas le documentaire de 26 mn qui est diffusé au sous-sol. Du délire. Bacon interviewé dans son atelier, traqué par le caméraman et l’interviewer. Il est ivre mort, la caméra le suit et vacille au diapason avec l’artiste qui tente de se dérober aux questions. Il parle un français correct mais il est constamment dérangé par sa cour d’admirateurs qui fait tout pour faire capoter l’entretien. D’ailleurs, Bacon qualifie ses mignons “d’oiseaux de proie”. Bref, c’est un grand moment de cinéma, brut comme la peinture de Bacon. C’est aussi un des rares documentaires avec l’artiste.
Cher MdP,
Of course ! Tes “besos” sont à propos car mon périple sac à dos va me conduire au Maroc, mais aussi en Espagne. J’ai notamment RDV avec Jérôme Bosch au musée du Prado, à Madrid. Donc, on s’appelle mi-août. Bises.
Le 20/07/2004 à 17:35
Il est dans la blogosphère des lieux où l’on sent très vite qu’ils vont devenir des repaires. Ce carnet en fait désormais partie.
Le 20/07/2004 à 18:24
Mille mercis, cher Obni. Je suis allée chez vous et je m’y suis sentie fort bien aussi…
Le 20/07/2004 à 23:11
Je ne pourrais pas voir l’expo mais j’ai vu la rétrospective de Beaubourg il y a quelques années. Je connais le film et c’est effectivement un vrai document…
Le 12/12/2004 à 12:41
C de la pure merde!!!
Le 12/12/2004 à 12:43
Comme votre commentaire !
Le 12/12/2004 à 12:44
Loana, vous avez oublié le O à votre nom…
Le 8/04/2007 à 21:52
marlon www .com ne