De la fausse humilité d’un certain cinéma français.
“Oh moi vous savez, je suis un modeste artisan qui appartient au peuple et filme tout petit” semble nous dire Nicolas Klotz dans chacun des plans de La Question Humaine. Et parce que son film embrasse les problématiques contemporaines, de la déshumanisation à l’oeuvre dans le monde du travail à la mémoire de la Shoah, en passant par l’immigration (le tout mis sur un plan d’équivalence), il gagne d’emblée l’immunité critique.
Seulement voilà, sur 2h20 d’un film boursouflé, je n’ai cru à aucun plan. Car ce cinéma là, suffisamment intelligent pour construire les remparts qui le soustrait à l’opprobre publique, se caractérise par une tendance systématique par où la mise en scène abdique au profit des intentions. Mais un sujet, aussi brûlant soit-il de par ses résonances avec l’actualité, ne fait pas un film.
A l’initiale, il y a le livre éponyme de François Emmanuel, un récit d’une centaine de pages, précis, violent, magistralement écrit. Là où l’écrivain brille par la fulgurance et la concision du trait littéraire, Klotz à l’inverse dilate à outrance ses séquences.
L’histoire raconte la trajectoire intime d’un psychologue (Mathieu Amalric) qui travaille au sein d’une multinationale, au département des ressources humaines. Chargé d’enquêter discrètement sur l’un des dirigeants qui présente des signes de démence, il sombre à son tour. Des lettres anonymes lui révèlent l’implication du groupe industriel dans le génocide Juif. Le film qui se voudrait une sorte de “voyage au bout de la nuit”, jusque dans son caractère affiché de “somme”, en reste à la tragique gesticulation désincarnée. Si le scénario d’Elizabeth Perceval maintient un tant soit peu le cap, Nicolas Klotz, qui peine à inscrire les corps dans le cadre, n’en fait rien.
A cet endroit de mon propos, je te vois froncer le sourcil, ô lecteur tatillon et me rétorquer que c’est bien l’objet que poursuit Klotz : figurer la dislocation progressive d’individus broyés par le système. Que ce soit dans l’entreprise ou l’administration nazie, la même logique industrielle d’élimination des êtres, désignés par une terminologie similaire (des “unités”), s’exerce violemment.
Mais pour que ce constat soit efficient, encore faut-il (et c’est un postulat) que ces corps existent et ne soient pas réduits à de tristes pantomimes. Les personnages secondaires, qui plus est antipathiques (les collègues, la petite amie), servent uniquement de faire-valoir. Le seul personnage intéressant, un aspirant cadre qui accepte toutes les humiliations pour intégrer l’entreprise, est abandonné très rapidement.
Quant à la multinationale, elle est ramenée à une métonymie : des bureaux tristes aux couleurs sombres. Dans ce souci de filmer à l’économie, Klotz sombre dans la caricature. Les cadres boivent systématiquement du champagne, quand le petit peuple a la décence de siffler des canons de rouge. Le sommet est atteint dans une scène inutile de bistrot où le premier plan est occupé par des figurantes qui chantent. Amalric se tient en retrait. Il n’y a plus de personnage principal, juste le peuple dont on affirme avec opportunisme et maladresse la prééminence.
En se retranchant derrière son sujet là où il aurait du engager les corps, Klotz manque son objectif : rendre compte de l’humanité, cette “pourriture en suspens” écrivait Céline.
Reste le très beau monologue de Lou Castel, acteur trop rare dont l’ambiguïté n’a d’égale que le charisme. Où son personnage affirme que le langage, devenu purement technique, réduit le rapport à l’autre. Klotz rate l’occasion de refermer là son film. Et de nous asséner une fin qui signe définitivement son incapacité à donner du corps à un verbe fulgurant : un plan au noir qu’accompagne un monologue, visant à incarner les victimes de la solution finale.
Mais à l’image, il n’y a plus rien. Juste un trou noir, une béance, stigmatisant le problème général d’un film privé de corps. Nicolas Klotz est un cinéaste qui filme tout petit un sujet trop grand pour lui.
Crédits : Mathieu Amalric dans La Question humaine de Nicolas Klotz.


Le 11/06/2007 à 16:52
Je veux bien croire qu’il y ait beaucoup de pose et de posture chez Klotz-Perceval et que le roman (que je n’ai pas lu) d’Emmanuel est beaucoup plus cinglant et net que le film. Pour autant, la Question Humaine me semble loin d’être le ratage que tu décris.
Les deux films de Klotz traitent du rapport du collectif (et même du grand collectif quand il s’agit non pas d’une entreprise, mais du pays, de la nation comme dans la Blessure) et de l’individu et à mon avis, c’est dans cet aller et retour, entre la description de grands corps sociaux et des destins individuels qu’ils trouvent leur singularité et leur force de conviction. Reconnaissons déjà à Klotz de ne pas faire comme les cinéastes dits engagés en désignant des personnages « porte-parole », mais au contraire de faire advenir progressivement une parole singulière et intime en lieu et place des discours bien-pensants (les monologues de la Blessure ou celui de Lou Castel, le seul que tu sauves). Ensuite, j’apprécie la façon dont il décrit des systèmes, par la simple succession de faits et gestes, de postures, de déplacements. Ainsi, la première demi-heure de la Blessure reste tout de même, par sa succession de cadrages serrés et de gestes détachés de toute empathie, l’une des rares (longues) séquences « d’inspiration bressonnienne » digne de son modèle. Dans la Question Humaine, l’entreprise passe avant les hommes, et ce faisant, l’entreprise n’est d’abord décrite que comme un lieu où se croisent des hommes clonés, des costards sur pattes, des groupes qui s’agrègent et se disloquent, des postulants dont les psychologues examinent les moindres tics. Je trouve pas mal de pertinence là-dedans et une valeur quasi chorégraphique à ces plans (je sais bien que c’est mon dada). Ensuite, tout ce passage du séminaire d’intégration, du pètage de plombs dans la boîte de nuit m’a vraiment beaucoup impressionné, ce moment où justement parce que les mots n’ont plus de valeur (jusqu’à quel point, est-ce obligatoire de jouer ces moments d’humiliation pour intégrer l’entreprise ?) que les digues sautent, que les corps reprennent le dessus. Là dedans, un côté « Fight Club Corporate » dont l’ambiguïté à souhait n’est pas pour me déplaire. Je vois la poursuite du film comme une tentative de faire ré-advenir la parole, une parole personnelle, la plus éloignée possible de la novlangue entrepreneuriale, et de la faire résonner comme une parole vibrante qui traverse les corps et les individus. Démarche peut-être beaucoup plus proche du théâtre que du cinéma, beaucoup plus axée sur la diction que sur le jeu, mais une parole que le spectateur reçoit autant qu’il l’écoute. Faire vivre et faire recevoir des mots. Volonté à la fois modeste et ambitieuse, mais qui suffit peut-être à ne pas négliger un film. Contrairement à toi, je trouve que, dans ses meilleurs moments, la dialectique entre les corps et la parole, ou la disjonction des deux, est questionnée, travaillée, mise en scène.
J’ajoute que, moi non plus, je ne suis pas très à l’aise quand on me sort des rapprochements entre les logiques d’éliminations du capitalisme et celle du nazisme et quand la mémoire de la Shoah vient se poser comme ça au cœur du film. Bigre ! Que penser de tout cela ? Est-ce plus pertinent dans le roman ? C’est vrai que, quelque part, je me sens coincé. L’accepter comme un postulat de son auteur ? Ou alors, tenter de les réfuter, mais je ne me sens vraiment pas outillé pour me lancer dans des débats sur de telles questions. C’est vrai que c’est sans doute énorme, bien trop pour un simple film. Mais finalement, ce qui me fait finalement adhérer à la « question humaine », ce sont finalement bien plus ses dispositifs – qui me paraissent faire surgir de la vérité et de la singularité – et sa recherche scénographique que son propos.
Pour moi, « la question humaine » se présente comme un puzzle. Puzzle, que je n’arrive pas à compléter, puzzle sans doute pas si clair que ça, peut-être même pas clair dans la tête de ses auteurs, mais puzzle dont les quelques pièces que j’arrive à cerner m’excitent suffisamment pour me laisser un jugement favorable.
Le 11/06/2007 à 17:52
Vous avez raison de parler de dispositifs puisqu’il s’agit bien de cela dans ce cinéma français bénéficiant de son alliance avec une partie de la critique. Des intentions traduites en dispositifs pour un résultat nul tant le traitement semble être à l’abandon. Dans la question humaine, les décors sont invariablement nuls (moches d’un côté, sans assises réelles de l’autre), la scénographie empesée (c’est à dire figée et appuyée), le découpage inexistant (c’est à dire injustifié : pourquoi un plan large ici et un plan serré là, on ne sait jamais, un logiciel tournant sous commodore 64 semble avoir pris les commandes), tout est lourd, pesant, sursignifiant alors même que cela voudrait paradoxalement jouer l’understatement, cette plaie du cinema contemporain. La question humaine mérite donc d’être vue comme un traité de cinema français auteuriste perclus de tics et d’intentions, puisant dans sa pauvreté et son autisme des motifs de fierté, un cinema qui semble tout entier dévoué à faire travailler la machine critique française sans passer par la case cinéma. On ne se trouve ni dans le réel, ni dans sa poétisation, mais dans la note de bas de page illustrée d’un récit dont l’intérêt pourrait pourtant presque sauver le temps passé à se farcir cette médiocrité.
Marre de ce cinema moyen qui ne prend aucun risque pour conserver sa place dans le provincialisme héxagonal.
Le 11/06/2007 à 18:21
Comme vous y allez, Slothorp ! Pourquoi disqualifier a priori des dispositifs ? Pourquoi une approche conceptuelle est-elle condamnable a priori ? On peut dire bien des choses sur le cinéma français, mais les films de Klotz ne me semblent pas être les cibles prioritaires, quand bien même on n’est nullement obligé de les apprécier. Tellement d’autres films qui ne nous disent rien de nos vies, qui ont l’air d’avoir été tournés pour occuper les mêmes acteurs et les mêmes techniciens….
Le 11/06/2007 à 18:24
Et puis ce “cinéma français bénéficiant de son alliance avec une partie de la critique”, c’est vraiment un fantasme, comme si la seule motivation pour se lancer dans une écriture, un tournage, un montage, c’était les deux pages dans “Libé” ou “les Cahiers”.
Le 11/06/2007 à 18:46
Joachim, cette alliance “objective”, c’est à dire existant indépendamment des intentions de ses partenaires, ne soutient pas les motivations des cinéastes. Mais je crois qu’une critique moyenne qui s’extasie sur de touts petits films et leur trouve des qualités que personne d’autre ne leur trouvera a son effet dans le microscopique milieu du cinéma auteuriste français persuadé qu’un bon papier dans quelques organes de presse pourra satisfaire leur ego enchanté.
Je n’ai par ailleurs rien contre les approches conceptuelles, mais j’aime ce qui est incarné, c’est à dire la peau des choses et leur surface. Si l’on s’arrête à une intention, mieux vaut ne pas faire de films.
Le 12/06/2007 à 00:54
J’abonde dans le sens des détracteurs de ce film antipathique. Film pour critiques, assurément. Non, qu’il participe d’une “alliance” en amont, mais parce qu’il répond à des critères auteuristes certifiés conformes par quelques sommités de la profession (plans épurés, ellipses à foison, silence de plomb, dilation temporelle, sécheresse du propos, raideurs des corps, etc., ou comment rejouer la modernité des années 70 pour se persuader qu’on l’est encore, moderne…).
Klotz ne filme pas, enregistre encore moins un état du monde, il pose (tout le contraire de Jia Zhang-Ke, en somme). Dans l’écran, on ne voit que lui, cadré, déroulant son programme méticuleusement, tout en feignant de le faire (cf. cette propension ennuyeuse à sortir du cadre, comme lors de ces apartés sans consistance, telles la confuse séquence de rave pour cadres dépressifs ou les nombreuses scènes je-t’aime-je-t’aime-plus entre Amalric et sa petite amie – dont j’ai oublié le nom, qu’elle me pardonne). Klotz veut dire, veut trop dire même, oubliant qu’au cinéma ce sont avant tout les images qui crient pas celui qui les com-pose.
Chez Klotz la croyance se niche davantage dans une conception a priori de l’image que dans l’image elle-même - réceptacle ici d’une pensée ayant déjà eu, littéralement, lieu. Le film nous a été présenté comme une « expérience sensorielle », ce qu’il n’est évidemment pas : pour que les sens soient mis en éveil, encore faut-il que le sens sache s’absenter.
Quant au raccourci fallacieux à l’œuvre dans le film entre la machinerie de l’entreprise et celle du système nazi, outre qu’il enfonce avec un gros marteau le clou gauchiste que le livre de François Emmanuel s’évertuait à éviter, il s’inscrit surtout dans un certain discours en vigueur pitoyable, pétris d’amalgames polémiques, au nom de valeurs démocratiques.
Le 12/06/2007 à 15:03
Ah, il dit des choses intéressantes ce Slothorp! Serait-ce encore un pseudonyme d’Orphée… ou du photographe Charles de Zohiloff, d’un étudiant en cinéma, de Christophe Atabekian, de Jacques Sicard, Patrice Blouin, Patrice Rollet, Christine Martin, Matthieu Orléan, Philippe Azoury, Louis Skorecki, Vincent Dieutre, Pierre Léon, Sandrine Rinaldi, Axelle Roppert, Serge Bozon, le fantôme de Serge Daney? Un proche d’Alain Badiou? Un musicien? Ils sont combien au juste, les spectateurs anonymes des salles de cinéma depuis que les revues ont disparu (sauf Trafic)?
Comme dit mon voisin l’excellent Pierre Buraglio, peintre qui fut de Support(s)-Surface(s), il faut tuer l’idée (plastique) dans la réalisation de l’oeuvre. Pierre Buraglio, je lui donne ma procuration de vote quand je pars en voyage. Une communauté de voisinage, en somme.
PS: pas vu les films de Klotz.
Le 12/06/2007 à 16:03
Ce qui m’étonne, c’est qu’on aille voir un film de N. Klotz après avoir vu “La Blessure”.
Ps: Dans autre genre “le cinéma de branleur en chambre” les films de C.Honoré et Q.Tarantino se posent là !
Le 12/06/2007 à 16:19
Ah oui, je précise que je laisse traîner mon URL partout car je ne sais pas bien utiliser l’ordinateur de la médiathèque intercommunale que je fréquente. Oups, je pars sinon je vais rater le bus.
Le 12/06/2007 à 17:47
Philippe Larollière,
Je n’ai qu’un mot à vous dire : “habile” ! Car au moment où j’allais publier ma réponse, vous l’invalidez en pointant du doigt cette “communauté de voisinage” que semble générer ce blog. Je m’apprêtais précisément à stigmatiser l’endogamie qui règne au sein du petit milieu du cinéma français, cette collusion à laquelle mon ami Joachim ne semble pas croire et qui est pourtant bien une réalité
Par ailleurs, Slothorp dit toujours des choses intéressantes, comme l’ensemble des contributeurs de ce blog. Ce name-dropping aurait sans doute de l’intérêt s’il était avéré. Mais on vous laissera spéculer (j’ai moi-même depuis bien longtemps renoncer à tracer les IP). D’autre part, l’url ne s’affiche pas automatiquement avec les commentaires. Elle est entrée manuellement par les contributeurs. J’ai du effacer la vôtre qui curieusement menait à ma boîte mail. Avouez que c’était assez désagréable.
Joachim,
Désolée pour cette volée de bois vert. Je pensais être seule sur ce coup là, convaincue du consensus autour du film (sortie le 12 sept 2007) et c’est toi qui te retrouves à la mauvaise place.
Je répondrai ce soir plus longuement car j’ai RDV avec le plus grand cinéaste du monde, un jeune monsieur de 99 ans du nom de Manoel de Oliveira. Pour ceux que ça intéresse, c’est à 19h au centre Gulbenkian, Paris 8.
Le 12/06/2007 à 22:40
Larollière, occupe-toi de ton blog, ou papa Louis va te donner la fessée!
Le 13/06/2007 à 02:15
Orphée,
M. Larollière aurait un blog et posterait depuis la médiathèque intercommunale ?! Il se passe des choses qui dépassent mes faibles capacités neuronales du moment !
Pour clore le chapitre sur Nicolas Klotz (et en tâchant de ne pas reprendre les propos très pertinents de Slothorp et FF), son cinéma relève pour moi de la fausse urgence, dans sa volonté de brasser toutes les problématiques de l’époque à la va comme je te pousse. Et de s’engouffrer dans les pires amalgames, sans même tâcher de “déconstruire”. Par ailleurs, on voit toutes les coutures de ses plans que n’habite aucune présence. Je sauve tout de même le génial Lonsdale, en plus de Castel, acteurs qui ont un tel charisme qu’il n’y a plus rien d’autre à faire que de s’asseoir et de regarder.
Le 13/06/2007 à 10:31
Ah, Madame Sandrine! Je lis avec retard votre invitation à écouter Manoel de Oliveira. Dommage, car la dernière dédicace qu’il m’a accordée (sur la page de garde de “Conversations avec Manoel de Oliveira”) date de 1997. Autant dire un siècle.
Monsieur Orphée, je ne tiens pas de blog, je ne sais pas ce que c’est et je ne suis pas le fils de Louis Seguin. Je ne connais rien aux filatures.
Monsieur P/Z, merci pour vos conseils de branleur. J’irai voir les films de Christian Honoré et Tarantino pour comparer avec ceux de Claude Klotz dès que je les aurai vus (les films).
PS: je croyais que l’URL était un examen médical.
Le 13/06/2007 à 10:33
Achetze vous plutôt la collection complète des Rainer.
Le 13/06/2007 à 11:22
Le prince Rainer? Rainer Maria Fassbinder?
Le 13/06/2007 à 11:47
Nein, il y a une coquille. Il s’agit de Reiner.
Le 13/06/2007 à 12:13
Pour les filatures, il faut lire Hobbesbaum sur l’industrialisation de l’Anglettre et du Royaume impérial au 19ème siècle.
Le 13/06/2007 à 12:17
Y tient bien l’alccol, hein…
Le 13/06/2007 à 15:05
Hasard…il est pas mal question dans ton article de Lou Castel acteur, celui-ci est également réalisateur et présenté son nouveau film à Beaubourg ce dimanche :
Becoming more and more human in the same within the same
Son talent de réalisateur devrait être plus reconnu…personnellement son nouveau film fait figure de chef d’oeuvre et m’a donné envie de filmer…ce qui n’est pas mince…au dela d’un voyage sur les limites de la perception, des questions essentiels de cinéma : le regard, fabrication d’une image…le montage….
Personnalité généreuse, croisée souvent dans les lieux les plus improbables, venant aux projections de jeunes cinéastes, prêt à donner des coups de main…
Le 13/06/2007 à 16:10
Philippe,
Mon admiration pour Lou Castel a commencé avec “La Naissance de L’Amour” de Philippe Garrel que je tiens pour l’un des plus beaux films français des années 90. Et puis je l’ai vu dans “Prenez garde à la sainte putain” de Fassbinder. J’ai exploré sa filmographie à rebours, en somme. Une figure discrète mais essentielle du cinéma européen, croisée dans l’anonymat des salles obscures à de nombreuses reprises. Mais je n’ai jamais osé l’aborder. Il m’impressionne. Pourtant, il y aurait un beau portrait à lui consacrer. Sa présence énigmatique mais immédiate à l’écran, son phrasé si particulier. Et puis ce paradoxe encore : il est aristocratique tout étant populaire. Effectivement, il est proche de la “nouvelle vague” de cinéastes français (on l’a vu dans L’Etoile violette d’Axelle Ropert) et la disponibilité que tu évoques ne m’étonne guère.
P/Z versus Larollière (alias Allo win, Oliver Twist et Nicolas),
4-2 dans le premier set. Avertissement à P/Z, éternel agent provocateur du web. Le dernier Tarantino est génial. Tu mets dans le mille : il s’agit bien d’un film de branleur, très masturbatoire justement.
Le 13/06/2007 à 17:22
Juste pour te signaler qu’il prête aussi son talent à des films n’ayant aucune production derrière, dans le plaisir de la rencontre, loin du vernis social du milieu du cinéma
N’hésite pas à aller à sa rencontre, c’est l’une des personnes les plus charmante et abordable que je connaisse…
Le 13/06/2007 à 18:15
C’est marrant, quand on songe à un rapide historique d’un blog, on voit l’apparition de personnages récurrents qui pour beaucoup finissent par disparaître, d’une saison à l’autre, pour ne devenir que les fantômes d’eux-mêmes, le temps d’une (ré)apparition. Je pense à des noms comme Toubib No, à Scanner, Orphée (un de mes préférés) mais il y en a d’autres… Apparemment, chère S. ton blog vient de récupérer un nouveau bouffon, au sens moyen-âgeux du terme, en la personne de P. Larollière et ses multiples alias… Quand on brasse du monde, ça devient forcément, à un moment donné, la cour des miracles, mais je trouve ça plutôt amusant, à défaut d’être drôle… Tu devrais te relancer dans un quizz nocturne, le sieur pourrait se lâcher si Papa Louis lui accorde la permission de minuit…
Le 13/06/2007 à 18:42
N’étant pas un familier d’internet, sauf cet après midi…j’ai pas trop compris ce qui s’est passé…c’est vrai qu’il semble y avoir des choses étranges…le monde des blogs serait-il le terrain de reglements de compte, de personne connue ( du milieu des blogs ) qui se cache sous des pseudo pour nuire…vu de l’exterieur cela semble très risible
Je constate aussi sur certain blog la pratique de la calomnie et de la dénonciation..assez effrayant comme mentalité
J’ai pas trop compris aussi le coup de l’url qui mène directement à une boîte mel comment est-ce possible ?
A l’occasion, on pourra en reparler…
Je me souviens aussi de myasm
Le 13/06/2007 à 21:14
philippe : enfin quelqu’un qui dit quelque chose qui me parle.
Je me demandais hier en lisant cette déferlante de mots violents si cétait l’anonymat, les pseudos qui l’expliquait.
Comme un manque de respect facilité par ce monde virtuel.
Puisque j’y suis je voudrais aussi dire que même si je ne suis pas forcément d’accord avec Joachim, son blog me plaît car il se dégage de ses écrits et ses photos une poésie et une authenticité.
J’ai été gênée de ce qui m’est apparu être plus qu’une volée de bois vert.
Le 13/06/2007 à 21:58
Sandrine,
sans vouloir vous lancer la perche, il serait passionnant que vous nous en disiez davantage sur le Tarantino, ce “film de branleur, très masturbatoire” qui me semble être emblématique de ce passage capital entre le méta et le bêta-cinéma.
Le 14/06/2007 à 01:26
Catherine, personne ne doit le respect au film de Nicolas Klotz, et donc à son travail. Ces choses là ne s’exigent pas. Je n’aime pas son film, et je crois avoir dit pourquoi. Faut-il que je donne mon nom pour rendre ma position acceptable ? Elle ne changera pas pour autant. Et mon nom ne signifie rien.
Le 14/06/2007 à 11:14
LA « QUESTION » HUMAINE RÉSISTE
On ne peut pas « tuer » un film. On peut tout au plus en parler, écrire à son propos ou en fabriquer d’autres, avec ou sans support filmique. On ne peut pas « tuer » un film car un film est mort avant que d’être vu – ou alors relisons pieusement Bergson, Bazin et Deleuze sur la question de l’enregistrement. Cela dit, les films se soutiennent de la parole et leur registre ment. Ce qui compte : qui dit quoi quand des gens succèdent à d’autres, que font les nouveaux arrivants de celles et ceux qui restent, comment accommodent-ils leurs « restes » quand ils les dévorent, les « tuent » ou les baisent ? Le sésame de cette question pourrait être une phrase de Louis Skorecki : « Tu comprends ça, Burdeau ? ». Disons que les « Cahiers du cinéma » ont cessé d’être les contemporains de la psychanalyse.
Le 14/06/2007 à 11:43
Le nouveau gouvernement placera-t-il les « Cahiers du cinéma » sous médoc ? Eh, eh… Tonton Médoc y va taper !
Le 14/06/2007 à 12:11
Au fond, Monsieur P/Z n’a pas tort. Qui se souvient aujourd’hui des films de Carl Reiner ? Rob Reiner ? Prenons « Ghostbusters » par exemple. Ah bon, c’est Ivan Reitman ? Les « Cahiers du cinéma » aimaient bien écrire sur ces films divertissants dans les années 1980. Puissance(s) du faux, du corps, de l’image… Deleuze de bon aloi pour tous… Je me souviens avoir vu le film dans une petite salle de l’Oregon, en double programme avec « Indiana Jones And The Temple Of Doom », « Romancing The Stone », « The Muppets Take Hollywood », ou bien « The Neverending Story » ? Peu importe… À Crater Lake, j’avais photographié les oiseaux au-dessus du lac… Des photos lointaines, floues… Ma mère en avait fait un immense poster collé au-dessus de l’escalier qui menait à ma chambre, un grenier refait… Même pas Tippi Hedren… Dix-sept ans d’analyse pour ça… Pire que Dustin Hoffman et Woody Allen réunis !
Le 14/06/2007 à 20:20
M.Luke Mooley,
Je crois (j’en suis même certain) que vos références ne soient pas celles de P/Z.
A part ça, savez vous enfin nager ?
Le 15/06/2007 à 10:12
Eh du Tlön, pourquoi tu poses une question quand tu dis avoir la réponse? Pose d’abord ta réponse, on te diras une question après.
Le 15/06/2007 à 10:51
« Certaines légendes s’écrivent plus vite que d’autres. Celle de Daft Punk appartient à cette catégorie. Avec à leur actif seulement trois albums en treize ans d’existence, les Français Guy-Manuel de Homem Christo et Thomas Bangalter peuvent se vanter d’être devenus cultes de leur vivant. Car on ne les compte plus, ces groupes citant Daft Punk en référence, de LCD Soundsystem à Digitalism. Et ce n’est que justice. Grâce à leur approche décomplexée de la musique électronique, le duo a désintellectualisé et dédramatisé un genre qui, très longtemps, est resté chasse gardée d’une élite underground.
En deux albums fondateurs, « Homework » (1996) et « Discovery » (2001), les Daft Punk ont établi le cahier des charges de la techno d’aujourd’hui : à la fois pointue, grand public et, surtout, ouverte d’esprit. Depuis eux, le mauvais goût n’est plus banni, la régression est assumée. »
Lu dans Directsoir, 14 juin 2007 (sans signature)
Le 15/06/2007 à 11:00
Bonne chance mon papa!
Le 15/06/2007 à 13:21
M. Facteur Humain,
L’enuie avec certains c’est qu’il faut leur macher le travail.
C’est peut être d’ailleurs pour ça qu’ils aiment bien le dernier Honoré ou Tarantino avec leurs enseignes lumineuses qui clignotent comme à la foire du trone : Demy, nouvelle vague pour l’un ; série B pour l’autre. Au moins on n’est pas perdue, fait grand jour dans la salle obscure.
Le 15/06/2007 à 13:23
idem, pour N.Klotz.