Des corps/décor en mouvement

Photo de Noboyushi Araki.

Je ne possède, dans ma vidéothèque, aucun film porno.
J’imagine l’incrédulité de mon lectorat face à cette déclaration, quand parlant ici avec enthousiasme de films X, je ne suis pas en mesure d’en prêter un seul aux amis qui m’en font la demande, l’oeil humide, la lèvre palpitante.
C’est que, relativement à ces productions, je n’entretiens pas de rapport fétichiste, par où la question de l’acquisition et la possibilité d’un nouveau visionnage ne se pose pas.
Ma relation au cinéma porno se borne à l’immédiateté de la diffusion télévisuelle. Un rapport direct, qui surligne la frontalité même de la pornagraphie, telle que se représente, se joue et se simule dans les films.
Cinéma de l’offre et de la demande : seul le désir (fût-il sexuel ou voyeuriste) et son assouvissement importent.
Parce qu’il est limité, le cinéma porno trouve dans la télévision son médium d’élection, où le temps de la diffusion se calque sur le temps du coït, lequel porte intrinsèquement une fatalité : son terme et, en conséquence, sa monotone répétition.
A l’époque de L’Humanité, je demandais à Bruno Dumont pourquoi il filmait le sexe si brutalement, lui déniant, par là même, toute sensualité. Il me répondit que le sexe constituait un échec car il était toujours à recommencer.
Propos puritain, en avais-je conclu hâtivement, qui oblitère le plaisir, le seul vrai argument en faveur de la reconduction de l’acte.
Mais questionnant mon désintérêt cinéphilique à l’endroit des films pornos, le propos du réalisateur ouvre des pistes. Ce n’est pas tant le sexe qui est un échec que sa représentation dans les films hard. Sitôt mis en scène, l’acte charnel s’annule, circonscrit qu’il est à une temporalité bien précise : le climax.
Esthétiquement, le porno s’assigne lui-même à résidence. Formaté à outrance, il substitue la génitalité à une sexualité débridée, joyeuse, où l’affect se réconcilierait avec le corps.
Néanmoins, je garde le souvenir d’un film X scandinave singulier, et plus particulièrement d’une scène où un couple s’ébat dans un jardin.
Tout à leur plaisir, les acteurs se meuvent imperceptiblement dans le cadre jusqu’à ce que la tête de la jeune femme vienne se perdre dans un parterre de fleurs caressant.
Surgissement d’un lyrisme inattendu : la belle encouronnée ressemble à quelque sainte prise dans l’extase. J’attends la coupe mais la scène bucolique se prolonge contre toute attente.
Alors, la froide mécanique propre aux films X se renverse devant moi. La caméra se met à suivre les amants, se met au diapason des corps en mouvement, là où habituellement on demande à ces corps de se conformer au cadre.
Dans cette séquence surprenante, le plaisir seul organise la mise en scène et l’installe dans une durée qui n’appartient plus à un film hard, mais à l’amour.

 

 

29 réponses pour “Des corps/décor en mouvement”

  1. Frederic dit :

    Là aussi une histoire qui s’ouvre ?… et un lit d’insomnie…?

    Mais il faudrait que j’aille débiter mes sornettes un peu plus loin… pour ne pas nuire à la bonne tenue de cet espace…

    (je ne connais pas du tout ce photogramme, mais je suis un peu inquiet de la teneur de la fiole… Romeo et Juliette au soleil levant ?)

  2. NYCG dit :

    J’adoore cette photo. Trop belle & so Sad…
    Ai maté Lost hier & ai pensé à toi…
    xoxoxo

  3. Phil dit :

    Araki, il a quelque chose à voir avec Gregg ?

    Cette photo me fait penser à quelque chose mais je n’arrive pas à retrouver quoi, je me demande si ça ne serait pas un peu de H.H.H., une fleur de Shanghaï qui aurait mis fin à ses jours…

  4. sk†ns dit :

    Moland, c’est flou, là… c’est surexposé.
    Il faut tendre vers un mieux iconographique.

  5. sandrine dit :

    Ah, flemmasse que je suis ! Un rayon de soleil et je me prélasse aux terrasses des cafés.
    Je me mets à l’écriture du billet dès maintenant, non sans rire sous cape, car la très belle photographie d’Araki (j’aime beaucoup cet artiste, ses fleurs, ses chats, ses nus) n’a pas grand chose à voir avec le propos.
    En fait, c’est en lisant vos commentaires que j’ai pris la mesure de la morbidité de la photo. J’en ignore le contexte et le sens, me bornant au motif floral et à l’abandon du modèle.
    sktns,
    “Tendre” est déjà si difficile !

  6. Phil dit :

    Mais si S. le soleil aide à poindre vers la tendresse, l’alanguissement…

    Mais il est sûr que notre ami sktns a du mal à appréhender ce que “tendre” veut dire, il suffit de lire son dernier billet et les commentaires afférents… :-))

  7. Phil dit :

    J’aurais dû écrire “les commentaires attérents !!” :-)

  8. Maîtresse sandrine dit :

    Tu aurais du ne pas l’écrire, justement, ou alors correctement : “atterrants” !
    Tu devrais te plaindre au propriétaire directement, au lieu de rapporter. Ce n’est pas beau : 2h de colle et une dictée !
    Et puis, il y a une vraie tension dans l’écriture de sktns, au contraire. Des billets comme des arcs bandés. Dès lors, les flèches qu’il décoche ne maqnue jamais leur cible.

  9. Phil dit :

    Oui, je me suis rendu compte trop tard de ma faute, à la relecture… Désolé.
    Mais puisque tu es maîtresse (oui domine-moi…), tu as le pouvoir de corriger directement les commentaires, pour l’esthétisme et la bonne tenue de ton blog !

    Un arc bandé, oui c’est le mot juste… :-))
    Je n’ai pas à me plaindre des billets de sktns, je les apprécies, sinon je ne les lirais pas, tu connais ma droiture.
    C’était, une fois de plus, histoire de jouer avec les mots, un peu comme toi tu joues avec les images, chacun son hochet…

    En passant, tu n’as pas répondu à ma question, que je reprécise, qui est ce Araki ??

  10. sandrine dit :

    Google est ton ami. Demande lui ! :-)
    D’autant que tu pourras découvrir plus largement son oeuvre, en surfant (pas mal de galeries disponibles).

  11. Vinvin dit :

    Une bonne levrette dans les fougères, y’a rien de meilleur !!!

    Rrrooooo, je rigole, c’est dimanche et je viens de voir Mocky chez Beigbeder… Alors je ne sais pas pourquoi, ça m’a donné envie d’un petit contrechamp… ;-)

  12. sandrine dit :

    Voilà qui est parlé pour qui n’est pas allergique à la verdure !
    Vu aussi le vieux schnock, invité du Cercle ce soir. Je suis d’autant plus énervée que rien n’avance. Tu auras, je pense, rencontré Eastwood avant.
    Sinon, ta prestation en Charlie Sheen m’a valu un fou rire au bureau et les remontrances de mes collègues qui n’en pouvaient plus de mes gloussements.

  13. Frederic dit :

    Ah ben ça c’est malin ! au moment où je m’interroge afin de savoir comment intervenir chez Dame Sandrine sans nuire à la tenue de cet espace, voilà que l’ami Cyrille nous envoie franco de porc ses commentaires forestiers… warf…

    N’empèche qu’avec l’age tu te dis quand même qu’un lit King Size, ç’est quand même mieux que des ronces aux genoux…

    Et puis Dame Sandrine pourra également glousser de la dernière production de la vedette… il a même mis des acteurs pornos dedans… (c’est bon pour le Google Rank…)

  14. sandrine dit :

    Cet espace n’arrive pas, comme sa propriétaire, a bien se tenir de toute façon. Donc, cher Frédéric, tu peux y occuper toute la place que tu désires, y laisser les commentaires les plus scabreux comme notre ami Vinvin.
    Je te demande juste de continuer à utiliser le mot “porno” dans tes prochaines contributions : ça fait augmenter mes statistiques !
    Un lit King size ? Avec l’âge aurait-on peur de la promiscuité des corps ?

  15. Frederic dit :

    moi, dans le scabreux, jamais …!

    je n’oserai pas… de toute façon je ne sais pas…

    et on peut très près l’un de l’autre même dans un grand lit… d’autant que les bannettes de bateau comme les banquetes de 2CV, à la longue, ça fatigue les articulations…

    (ah j’oubliais : porno, porno, porno…)

  16. sandrine dit :

    Qu’est-ce que c’est que ça “les bannettes de bateau” ? Instinctivement, le mal de mer me gagne. Blurp !

  17. Frederic dit :

    les petites couchettes rabattables de certainw voiliers…. 40 à 60cm de large selon l’article…

    (porno, porno…)

  18. sandrine dit :

    Alors même dans la sexualité, c’est la lutte des classes ! Je revendique une sexualité de pauvre, moi monsieur ! Vive le clic clac !

  19. Frederic dit :

    il n’y rien de plus discriminant que la sexualité : les exclus se comtent par milliers (millions ? milliards ?) (”Extension du domaine de la lutte”…)

    (nb : il n’y a même pas de pignolade dans ce commentaire…)

    (ps porno porno)

  20. Scriabine dit :

    Mais quel était ce porno Scandinave ?
    Là est la question…

  21. sandrine dit :

    Voilà bien la question que j’attendais. D’ailleurs était-il scandinave ? Il me semble.
    Je n’en ai ni le titre, ni l’année, désintérêt illustrant bien mon propos.
    Mais si d’aventure, cette évocation fait retour chez quelqu’un…

  22. Scriabine dit :

    Cette description me faisait penser à l’image qu’a véhiculée Arte à propos du porno Scandinave. Malheureusement je n’ai jamais l’occassion d’en voir un, si ce n’est celui produit par Lars Von Trier qui était soit disant engagé, féministe, révolutionnaire, etc… et qui bien sur valait n’importe quel Dorcel.
    D’où mon interet pour l’éventualité d’une scène de sexe réussie, une fois, sur pellicule.
    Mais si la boucle ne retourne personne, alors tant pis.

  23. Khekha dit :

    Voir

  24. Anicet ALOBE dit :

    je vou me

  25. Mawane dit :

    je t’aime

  26. Nina dit :

    j’adore les films x parce que j’aime faire l’amour

  27. Sanhouidi richards dit :

    je veut devenu un e stat de porno un amateur de porno mon numero est +22506293414

  28. Marrol dit :

    j’adore les film x car il me permettent de satisfaire ma petite amie L’aide de ses nombreuses position

  29. TRAORE dit :

    avoire abonnement

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