Déserts - De Zabriskie Point à Gerry
Zabriskie Point (1970) de Michelangelo Antonioni et Gerry (2004) de Gus Van Sant ou le récit de deux «sorties de route» funestes pour des personnages en quête de régénération spirituelle.
La caméra magnifie les paysages désertiques d’une Amérique des origines. Dans Gerry, les territoires vierges, à peine fertilisés par les dialogues énigmatiques des personnages, s’offrent dans leur pureté et leur diversité. Van Sant et Antonioni filment le désert comme un personnage à part entière.
Hypnotique, Gerry est servi par l’envoûtante partition d’Arvo Pärt, musique de l’éternel recommencement qui se déploie dans l’indifférence du temps et la complicité du silence qui unit les personnages. Cathartique, Zabriskie Point implose dans un final spectaculaire, soutenu par la musique rageuse des Pink Floyd.
Dans les deux films, on assiste hébété au passage du civilisé au primitif. Les ultimes plans voient le retour meurtri de et à la société
Tout comme dans Le Désert des Tartares de Buzatti, les personnages semblent être venus dans ce décor hostile pour se confronter à leur propre finitude.



Le 12/12/2004 à 12:39
Je me suis endormi devant « Gerry » au MK2 Beaubourg !
Le 12/12/2004 à 12:41
C’est donc la preuve que le terme “hypnotique” que j’emploie est “approprié” ! :-)
Le 12/12/2004 à 20:09
Absolutely !
Le 18/12/2004 à 10:16
Je trouve très subtils et élégants ces quelques posts “géologiques”.
Pour revenir à Théorême, si l’on retient le caractère christique de l’étranger qui vient tout bouleverser, on peut le relier à un avatar plus récent: Amélie Poulain ! Celle-ci venant plutôt donner à chacun exactement ce qu’il attend, en “Christ” bien moderne…
On pourra alors comparer les devenirs des pères dans ces deux films : se perdant dans un désert pour le premier, partant avec fierté à l’aéroport international pour le second. Quête intérieur contre tourisme ?
J’attends avec impatience la suite de vos “regards croisés”.
Le 25/11/2007 à 16:59
contente de voir que je ne suis pas la seule à voir ce parallèle assez flagrant entre zabriskie et gerry. me demande si gus van sant le revendique ou non.
j’avais eu de mêmes sensations, entre les premières scènes d’elephant dans le parc et les séquences idem dans le parc de blow up.
gus van sant// antonioni mm..?
Le 25/11/2007 à 17:04
GVS ne le revendique pas directement mais la référence à Antonioni parait en effet évidente. Il cite plus volontiers Béla Tarr, dont il emprunte dans Gerry un mouvement de caméra : le traveling latéral sur la marche des 2 hommes dans le désert qu’on trouve dans Les Harmonies Werckmeister.
Le 26/11/2007 à 00:37
Autre emprunt à Béla Tarr, qui est remercié dans le générique de fin : le travelling avant sur les marcheurs ayant le vent dans le dos (vent qui disperse des broussailles dans Gerry, ou des détritus dans Satantango)
Le 26/11/2007 à 01:40
Tu nous emmerdes Silencio avec tes détails de geek : t’as rien d’autre à foutre que d’écrire ce genre de commentaire ???
Tu n’as rien à faire ici je trouve. Pas assez de sens critique, ni le sens de la migration des formes.
T’as l’air d’un VRP avec tes lubies “de générique” !
T’es un vendeur d’aspirateur frustré ou quoi ?
Inutile de s’en remettre aux délcarations de GVS : la référence à Zabriskie Point est effectivement centrale, et c’est tout ce qui compte, car c’est l’oeil du regardeur qui prime - celui de la regardeuse en l’occurrence. C’est lui qui fait le tableau, pas le comptable.
Pierre Delaforgue@gmail.com
Le 26/11/2007 à 20:58
mais non!! c’est interessant aussi, si on n’est pas interessé(e) on ne lit pas.. qu’est-ce que tu amènes toi?? des sourires aux lèvres, mouai, et c’est déjà pas mal.
personnaly, i agree with the fact that on ne peut pas tout comptabiliser, identifier chaque plan de caméra emprunt à un autre.. sinon on en revient au plan fixe pris aux frères lumières ou je ne sais?
un mouvement de caméra nouveau, ce sont des découvertes mais qui doivent rester de l’ordre de l’outil je pense signé de personne, sinon ça devient dangerous.. même si il y a histoire de style c’est sur.. influences. alchimie juste en bas de chez toi aussi.
ce qui est frappant entre zabriskie et gerry est le fait que l’on pourrait presque assimiler leurs scénarii (hihi) et voir du coup “que” cette histoire de transposition, adaptation, différence de langue aussi, à travers une époque?
un peu comme un conte, une histoire finalement assez universelle, tellement épurée dans gerry, réduite à de “l’essentiel”? GVS a fait une adaptation de pscyhose d’ailleurs je crois. alors c’est marrant je trouve, le cinéma tout naissant finalement, qui se trouve ses propres grands classiques d’armature pour un faire un film?? propre au cinéma, trame que l’on ne pourrait pas avoir au théâtre.. (ça risquerait d’être pour le coup vraiment hard à tenir les yeux ouverts..)
bon je ne sais pas si c’est compréhensible mais bon..!!
allé un dernier truc par rapport à gerry que j’ai vu au cinéma: pour moi vraiment pour la première fois la sensation d’être justement comme face à un plateau de théâtre, où le regard peut eller d’un coin de l’écran à un autre comme bon lui semble..
et le deuxième…
bon là c’est vraiment du fin du fin pour moi, mais je travaille dans le décor donc ça m’interessait bien gerry (grrrrrrrrros travail de déco c’est moi qui vous le dit) en sortant tout le monde s’est foutu de moi car j’étais sure d’avoir vu une gazelle boire de l’eau en arrière fond au moment où la caméra at the end fait ce fameux 360degré..
un mirage un mirage!!? et béh j’ai eu dernièrement l’occasion d’avoir de dvd et j’ai donc vérifié et .. ö merveille, y’a un chacal où un truc qui passe au fond.
sur que c’est fait exprès clin do’eil au dialogue là au milieu sur les gazelles, ou chacals??
(faudrait que je le revois..)
enfin voilà, tout ça pour dire que c’était beau ce petit effet mirage au milieu du mirage où il se voit se rencontrer lui même…
petit ange qui passe.
et alors par contre, .. je n’ai pas vu de chacal dans zabriskie…**
hé!!
allé, bien à vous!
merci pour vos suites de messages, c’est sympathique