Dites-moi ce que vous n’aimez pas chez vous ?
«Donnez-moi un corps», c’est ainsi que l’on peut résumer l’excellente série Nip/Tuck. Ici, les personnages ne viennent pas de l’histoire : l’intrigue est générée par les corps eux-mêmes.
En d’autres termes, les personnages naissent, se construisent et existent à travers cette corporéité. La série rejoint ici l’exigence d’un cinéma des corps, d’un «gestus» tel que le définit Deleuze, soit «le lien des attitudes entre elles, leur coordination les unes avec les autres, mais en tant qu’elle ne dépend pas d’une histoire préalable».
Ce qu’il y a encore de très beau dans cette série, c’est sa temporalité. Les corps contiennent tout à la fois un avant et un après, « la fatigue et l’attente ».
Les scènes d’opération très réalistes s’apparentent à un cérémonial (le lavage, l’habillage, la musique enfin) au centre duquel le corps écrit une liturgie prosaïque. Nip/Tuck ne parle ni plus, ni moins de corps quotidiens révélés.
La chanson éthérée du générique, «Make me beautiful», donne le ton, l’injonction ou le “gestus” social dans lequel s’inscrit en plein cette très bonne série.
Nip/Tuck, saison 2, est diffusé sur Paris Première, le mercredi soir à 20h45.


Le 28/11/2004 à 02:57
le lien sur le corps, le cérémonial, tout cela rejoint de manière diamétralement opposée, un autre miracle télé du moement : 6 feet under bien sûr…
Le 28/11/2004 à 13:40
Le héros beau gosse, le sans coeur, le mâle dominant, l’amoureux transi, serait préssenti pour interpréter le prochain James Bond… Aus US, les séries TV sont un tremplin ; en France, un mouroir.
Le 28/11/2004 à 14:48
non, Cyrille, c’est Dougray Scott qui a remporté la timbale, je te renvoie au post que j’ai rédigé à ce sujet…
http://moland.kaywa.com/edito/triple07.html#comments
Le 28/11/2004 à 15:02
Non non, il y a longtemps que la rumeur Dougray Scott a été démentie. Ce n’est plus d’actualité…
Le 28/11/2004 à 15:11
Faut savoir les gars. Moi j’étais tout fier avec mon mini scoop. Alors on en est où de c’t'affaire ? Il doit bien y avoir un blog avec ce genre de sépculations quelque part… Je veux savoir !!!
(Vont pas nous ressortir David Niven quand même…)
Le 28/11/2004 à 15:15
Bah merde, alors… Voilà que vous semez le doute, Godspeed… Il me semblait que la nouvelle de Dougray Scott ne relevait pas de la rumeur du tout, mais que l’affaire était conclue… Remarque, je ne serais pas triste que McMahon porte le smoking à la place de Scott… Quant à Niven, lol…
Le 28/11/2004 à 18:07
Ca semblait sérieux mais officiellement absolument rien n’est signé. Et le rachat d’MGM par Sony entre-temps n’a rien arrangé et le film est repoussé en 2006.
Scott et McMahon sont affectivemment pressentis dans une liste qui comprend McGregor (??), Owen, Bana, Law et autres Gruffud. Sans parler de Brosnan qui change d’avis tous les jours…
Le 28/11/2004 à 18:47
Robbie Willimas a toutes ses chances alors, non ?
Le 29/11/2004 à 18:15
Dites donc les garçons, je dérange ? La problématique deleuzienne vous ennuie à ce point ? Bon, bon, bon. Je pense que Clint Eastwood ferait un excellent James Bond pour ma part. Eh, oui ! Je les aime vieux, que voulez-vous !
Pour revenir à nos moutons, je trouve vraiment pertinent le commentaire de Benjamin (cf texte sur son blog). Je sais que la plupart des bloggers n’aime pas 6 Feet Under, série, jugée trop “psychologisante”. Pourtant, Nip/Tuck s’inscrit là-dedans aussi.
Le 29/11/2004 à 21:35
Psycholo”gisante”, j’adore pour des cadavres de 6 feet under ! Moi qui suis un fan invertébré de Nip Tuck, je dois dire que je n’y ai pas vu tout ce que tu dis, ni même ce qu’en dit Mr Deleuze que je salue…;-)
J’y vois une exploitation assez traditionnelle de mécanismes créatifs simples : le sexe, l’argent, la beauté et quelques cas de conscience. C’est la suite de Beverly Hills pour les anciens ados qui ont grandi et qui doivent aujourd’hui gérer leurs problèmes de couple, de nez en trompette, de morale éventuelle… ceci dit, tu as raison, le corps rythme cette série de façon très remarquable. Et les scènes d’opération ont un côté esthético-barrywhito-grandiloquant assez unique.
Le 29/11/2004 à 22:47
Hmmm, c’est donc ça ? Beverly Hills ? Aïe ! Me voilà démasquée !
Le 30/11/2004 à 00:04
Sandrine. J’espère vraiment que vous comprenez que je plaisante la plupart du temps… Les analyses que vous faites des films ou séries que je pensais connaîytre sont passionnantes. Souvent, quand on se sent “dépassé”, on ralentit, c’est un processus que les sportifs connaissent bien.
Le 30/11/2004 à 00:19
Disons que les séries je les regarde à travers le culot d’un pot de nutella, ce qui tronque sans doute ma vision !
En tout cas, quelle élégance, cher Cyrille. Avais-l’air froissée ? Non ! Ton commentaire a même constitué une sorte de révélation pour moi. Beverly Hills a été effectivement la matrice. J’avais refoulé. Je ne parlais que de ça à l’époque avec un ami : les problématiques adolescentes (drogue, anorexie, sexe) et le côté très moralisateur de la série. On voyait des correspondances avec Twin Peaks et l’univers de Brett Easton Ellis. Il faut aussi que je parle de l’excellent Breakfast Club qui avait déjà croisé ma route…
Le 30/11/2004 à 09:54
Breakfast Club ??? J’ai cru rêver en lisant ces mots… C’est MON film de jeune… ! Emilio Estevez, Paul Gleason (Clarence Bings dans Un Fauteuil pour Deux), Anthony Mickael Hall (Bri-Bri le petit génie), Judd Nelson, Molly Ringwald et Ally Sheedy (et ses pellicules).
La musique fantastique de Simple Minds ; des rapports justes, des répliques qui tuent, tout le panel des problèmes d’ado passé à la moulinette de John Hugues.
Il serait en 12 sur ma liste, par nostalgie.
Le 30/11/2004 à 10:41
J’aurais du le mettre dans les 3 premiers franchement ! C’est LE “teen movie” d’auteur ! Un vrai pouvoir d’émotion, une mise en scène intéressante (quasiment un huis clos!!) et le dynamitage progressif de stéréotypes dont Hugues joue pour faire jaillir une réalité adolescente amère.. Je l’ai revu sur le câble il y a un mois, toute émue…
Le 4/12/2004 à 23:27
M’apprendra moi, devrais lire dans l’ordre chrono et pas de haut en bas (cf. sur les 10 best ever). L’intérêt de NIP/TUCK réside sans doute dans son savant dosage de plusieurs tons, dont le moindre n’est pas une bonne dose de cynisme avec une louche de n’importe quoi fort appréciable (démêlées avec les trafiquants, tortures au botox, baiseurs anomymes…).
Beverly Hills et Bret Easton Ellis ? Fichtre! Retourne me coucher moi.
Le 8/12/2004 à 22:05
Et en plus ce soir y’a Jesus qui joue dedans.
Le 9/12/2004 à 00:36
Tu m’intigues là. J’ai enregistré les épisodes de ce soir et vais tâcher de comprendre cette énigme !