Interview Nae Caranfil
Eclairages sur le cinéma roumain par Nae Caranfil (Asphalt Tango, Philantropique,Dolce Far Niente ..), auteur qui précède la nouvelle génération de cinéastes roumains, à l’honneur actuellement dans les festivals du monde.
En quelle qualité êtes-vous présent à Thessalonique ?
Je porte deux chapeaux dans ce festival. D’une part, on m’a offert une rétrospective avec les cinq longs métrages que j’ai réalisés, ce qui est très flatteur. Je ne me sens pas un vétéran, mais ça fait toujours plaisir. D’autre part, je suis membre du jury de la compétition internationale. J’ai un double regard à la fois sur les films de jeunes réalisateurs qui ont à leur actif une petite filmographie et mes propres oeuvres, avec la distance des années.
Comment vous situez-vous par rapport à la nouvelle vague de réalisateurs roumains ?
Je ne peux qu’être fier de l’inflation de prix et de succès que rencontre cette cinématographie. Je voudrais que ce moment se prolonge. Je pense que ces jeunes réalisateurs ont beaucoup de chance car la période est propice. Moi, j’ai ramé tout seul pendant une décennie. J’étais un cinéaste solitaire. J’ai travaillé dans un moment où la Roumanie faisait tâche sur la carte mondiale. Le cinéma roumain était connoté négativement. Mais au fur et à mesure que la Roumanie a gagné politiquement une respectabilité et qu’un bon nombre de cinéastes a commencé à réaliser de bons films, ça a créé un climat. Et le climat est très important dans ce métier pour la promotion des films.
En quoi étiez-vous un cinéaste solitaire ?
Ma génération a baissé les armes. Beaucoup de cinéastes à mon époque se sont orientés vers la publicité ou la télévision. La génération qui est venue tout de suite après, dans les années 90, s’est heurtée à un problème de corruption généralisée, au sein de l’industrie cinématographique. Ils se sont sentis désarmés eux aussi. Début 2000, les choses ont commencé à changer avec la génération qui sortait de l’école de cinéma. La législation est devenue plus permissive. Mais dans les années 80, j’ai été le seul à avoir eu le courage de quitter la Roumanie et à ne pas attendre l’argent de l’Etat. Tous mes films, sauf le dernier (The rest is silence), sont des coproductions avec la France où je suis allé chercher des financements. Je ne dis pas que la France est un paradis pour les cinéastes mais quand même, par rapport aux autres pays, c’était une industrie qui avait assez de place pour prendre des risques avec un jeune réalisateur roumain comme moi.
D’après vous, à quoi tenait la mauvaise image du cinéma roumain qui comptait pourtant des pairs prestigieux comme Lucian Pintilie ?
A part Pintilie, le cinéma roumain était un champ de cadavres. Les cinéastes n’avaient plus rien à dire et essayaient de se nourrir du gras de films faits dans un ancien système. Ils ne comprenaient pas qu’il fallait changer radicalement de style parce que la liberté d’expression le demandait. Donc, ils continuaient à faire des films hystériques et irregardables, gorgés de symboles, d’allégories et de métaphores comme ils étaient habitués à le faire sous la censure. A l’exception de Pintilie qui avait travaillé lui aussi avec des producteurs français et dans un système qui l’obligeait à la compétition, tous les autres étaient très contents d’eux-mêmes, en faisant le même genre de films qu’avant, mais à l’inverse. Les communistes qu’ils devaient louer devenaient les méchants et les aristocrates ou les bourgeois, les victimes. Conséquence, les films roumains qui circulaient à l’époque faisait fuir le public hors des salles et faisaient rire les spectateurs occidentaux.


Le 21/11/2007 à 16:50
sandrine,
thank you for coming!
you are lovely, it was lovely having you here, and I hope
you will come next year as well (or maybe march, too).
lilly
Le 21/11/2007 à 20:39
Lilly,
Back in Paris ! My heart is heavy. I went to meet you at the office yesterday to say goodbye and thank you but you weren’t there. Too bad. I had a blast in Thessaloniki, thanks to you and the wonderful people who work here.
I will surely come back next year and as I told you, I’m really interested in the documentary film festival that takes place in March. Let’s keep in touch.
I’ll write some few more articles about the festival soon. So, please wait a couple of days before printing my work.
Thanks again and if you want to come and visit us in Paris, you’ve got my cell number.
Le 22/11/2007 à 16:19
« Nae Caranfil » : c’est une blague Carambar, ou bien ?
Sinon, je constate que tu es allée te faire voir chez eux sans même qu’on te le demande !
Le 29/11/2007 à 18:32
sk†ns,
Suis effectivement, non pas allée me faire voir, mais aller voir tout court chez les Grecs. Ca fait du bien d’ouvrir les fenêtres. Mais dis moi, Skoteinos, ce n’est pas grec par hasard ?
Le 30/11/2007 à 13:41
Si (un expatrié, donc pas vraiment chez eux), mais y’a que les messieurs qui peuvent venir se faire voir chez moi.