L’Amérique du pauvre

Bree Van de Kamp (Marcia Cross), dans Desperate Housewives.

Ce n’est pas la télévision américaine qui a inventé la banlieue. Pas tout à fait. Elles émergent dans le même temps, heureuse concomitance qui a permis leur avènement au 20ème siècle.
Aux Etats-Unis, la télévision est née à la banlieue et la banlieue à la télévision. Proposition réversible qui ne vaut pas pour les périphéries en France, représentées, inventées d’abord par la peinture, la littérature et le cinéma. ” Lieu du ban” définitivement que la banlieue à la télévision française, quand Duvivier et Carné ouvrent pourtant la voie au cinéma, suivis, dans les années 60, par Rohmer, Godard ou Pialat.
La banlieue s’impose donc comme le décor d’élection de la production sérielle américaine. Elle est son cadre naturel, voire naturaliste.
Pourquoi aime-t-on autant Desperate Housewives ? Parce que la série nous donne précisément des nouvelles de cette banlieue, et par ricochets, dessine la topographie d’un pays, au plan intime et politique.
Wisteria Lane, ses pelouses impeccables, ses façades rutilantes. La tranquille suburb, en surface, recèle en fait les secrets les plus infâmes : meurtres, adultères, sexualité déviante. En condensé, le refoulé d’une société schizophrène, écrasée par le faix du puritanisme.
Rien qu’on ne connaisse déjà : Lynch a ouvert la brèche et plongé sa caméra dans la béance. Mais à Wisteria Lane, il manque quelque chose : les pauvres.
Le quartier huppé concentre toute l’Amérique WASP. Dès lors, le moindre indice de précarité appelle une sanction immédiate : la relégation sociale ou, plus radical, une mort violente. La micro-société tolère la nymphomanie d’Eddie Britt (Nicolette Sheridan) mais pas le dénuement.
Martha Huber, l’envahissante voisine vit avec une petite pension, depuis le décès de son mari. A ses heures perdues, elle s’improvise maître chanteur, un travers qui finit par lui être fatal. Revers de fortune aussi pour Mezzie Gibbons, la mère de famille modèle, exclue du Country Club, laquelle arrondit dorénavant ses fins de mois en faisant des cinq à sept. Vraie revanche sociale qui passe par le sexe, le seul lieu où les faux-semblants volent en éclats.
Et puis surtout, il y a cet épisode génial où l’étonnante Bree Van de Kamp (Marcia Cross), jamais à court de ressources, sauve l’intégrité de sa famille en se débarrassant d’une preuve gênante : la voiture accidentée que conduisait son chauffard de fils.
Etonnant déplacement géographique, lequel signe bien l’existence d’un contrechamp dans la série : on découvre un quartier défavorisé, envahi de laissés pour compte. Embusqués, Bree et son époux s’assurent que le véhicule abandonné sera bien volé par la faune interlope. A ce moment, l’hardie ménagère lâche, d’une voix assurée, cette phrase terrible : “Je fais confiance aux pauvres“.
Stupéfiant écho aux propos récents de la cynique Barbara Bush, à l’égard des victimes de la Nouvelle-Orléans : ” that’s enough for the poor“, pérorait la sinistre dinde.
Desperate Housewives, c’est un inconscient sociétal en marche, dynamité dans les règles de l’art. Et de révéler, à sa manière douce et délétère, qu’il y a pire que la banlieue : les pauvres qui y vivent.

56 réponses pour “L’Amérique du pauvre”

  1. Carlito dit :

    Bree Van De Kamp.
    L’amour vache.
    Le vernis qui craque.
    La dépression maniaque.
    Tout un programme…

  2. Damien dit :

    Tiens, encore une ménagère désespérée ?

  3. Phil dit :

    Est-ce qu’il n’y aurait pas un lien avec Ma sorcière bien-aimée ?
    Il y a des similitudes avec le visage de Nicole…
    Et l’image de ma soircière n’est pas très loin de la ménagère désespéréee.
    Mais ne vais-je pas trop vite une fois encore ?? :-)

  4. sandrine dit :

    Carlito,
    Bien vu !

    Damien,
    Las ?! Tu n’as rien vu à Wisteria Lane !

    Phil,
    Télépathe !

    A tous,
    Le texte est prêt depuis hier soir mais je n’ai pas trouvé une minute pour sa mise en ligne. J’y remédie après ma 3è réunion du jour.

  5. Phil dit :

    Non ! Téléphobe…

    Et toi victime de la réunionite aiguë ? :-)

  6. myasz dit :

    Comme par hasard (?), la seule qui trompe son mari à Wisteria Lane n’est pas WASP, c’est en cela que je parlais de série poule mouillée, sous le vernis conservateur et puritain, encore une autre couche.

    Si bien qu’en dynamitant le cliché de la famille (monoparentale incluse avec la mère célibataire), elle en utilise d’autres pour ne pas froisser trop l’audience WASP.

  7. sandrine dit :

    Phil,
    Ca n’a aucun sens aujourd’hui, me semble-t-il, de se revendiquer “téléphobe” quand on se dit cinéphile.
    Je crois avoir démontré suffisamment, au fil des billets, l’importance du medium, en tant que laboratoire des formes, son ancrage dans un contemporain que peine à prendre en charge le cinéma.
    Ce qui est curieux, c’est que ça n’a jamais suscité un début de réflexion chez toi. Quel hermétisme !
    Je ne suis pas amoureuse de ma télévision mais des séries. Je ne crache pour autant pas sur la trash TV qui a certainement des choses à nous enseigner, au plan socio-culturel. Sur le plan esthétique, on connait mes réserves.
    Enfin, et désolée, je suis obligée de convoquer la biographie : tu regardais Urgences à la TV avant même que je m’y mette… Amnésie temporaire ou schizophrénie ? Ils sont peu nombreux les vrais téléphobes.

    Samy Z (myasz),

    Ce que vous dites est faux. Gabrielle Solis, la belle latino, n’est pas la seule à cocufier son époux.
    Mezzie Gibbons, pur produit WASP, parfaitement intégrée dans la société, se prostitue, comme je l’écris dans la note,
    Elle couche avec une partie de la communauté masculine, au nez et à la barbe de son mari. Le personnage est d’ailleurs passionnant puisque dépositaire de tout le refoulé communautaire. D’ailleurs, le mari de Bree Van de Kamp est son plus fidèle client. Il n’y a pas que les femmes dans la série qui usent du mensonge .. Votre vision est bien négative !
    Ceci dit, j’avais un doute sur le positionnement politique de la série. JS s’interrogeait aussi : série du repli ?
    Au fil des épisodes (que je découvre comme vous “en direct”), je me rends compte que Desperate Housewives réalise un vrai tour de force : combler effectivement l’audience la plus large, tout en dénonçant (et c’est manifeste) les turpitudes de la classe dominante. Une schizophrénie salutaire.
    Et puis, le summum a été atteint avec la petite phrase de Bree Van de Kamp : les pauvres ne nous déçoivent jamais ! On peut compter sur leur dénuement !
    Phrase vacharde, tellement cynique, mais qui témoigne d’un état d’esprit bien présent au Etats-Unis.

  8. Phil dit :

    Que d’emportement Sandrine !!

    Effectivement j’eus regardé la télévision, mais puisque tu veux entrer dans le détail biographique, c’était par convenance conjugale et non par désir. Mon désir télévisuel s’est achevé à la fin des années 80, après une surdose à l’adolescence et surtout le choc de la découverte du Cinéma avec Carax, Rochant, Lynch, Godard et tant d’autres…
    Donc j’ai suprimé la télévision de ma vie et n’est certainement pas l’intention de la reprendre. Et ceci malgré tes textes, qui sur la télévision m’importe peu pour être franc.
    Que j’ai des oeillères quasi stalinienne, c’est fort possible mais ta bonne volonté n’y changera rien. Si cela vous amuse de réflechir sur la télévision, tant mieux pour vous, moi je préfère utiliser mon temps à d’autres choses…

    Enfin pour jouer au malin, un de tes films préférés, de G.V.S., parlait déjà, en 1995, de ce qui est évoqué par cette série et de manière tout aussi cruel, tu te souviens forcément de Nicole…
    Alors qu’est-ce que peut m’apporter de plus la télé que je n’ai déjà vu au cinéma…
    Donc je garde ma cinéphilie (encore que je ne suis même pas sûr de l’être) et te laisse la téléphagie…

  9. sandrine dit :

    Autant pisser dans un violon !
    Ma cinéphilie se porte bien. Pour ton info personnelle, les chaînes cinéma du câble me permettent de l’alimenter quotidiennement. Je vois des raretés, et si tu me cites Rochant ou Carax comme références, je ne prends pas même la peine de t’entretenir de mes découvertes. Je pourrais néanmoins te répondre Ford, Hawks, Tarkovski, Mann tout en sachant que tu n’y comprends rien comme pour la télévision qui est bien le medium à questionner aujourd’hui.
    Les plus cinéphiles des universitaires ou essayistes de cinéma ont mis en évidence les relations esthétiques évidentes entre les cinéma et télévision (cf Jean Mottet), leur hybridation. Ne pas prendre en compte ces rapports, c’est passer à côté de la compréhension des formes actuelles cinématographiques, c’est patauger dans des a priori stériles - les tiens.
    Je m’intéresse à l’image sous toutes ses formes et ça m’ennuie, au bout d’un an de blog, de devoir refaire ma profession de foi cinéphilique. Je me suis largement exprimé là-dessus. Impression de vacuité quand l’interlocuteur en face n’arrive pas à aller au-delà de la réaction.
    Ce blog accorde aussi la place aux films de patrimoine, aux clips, à la photographie… C’est un festin d’images et je n’ai jamais convié à ma table quelqu’un qui n’apprécierait pas le menu.

    PS : quelle mauvaise foi, cette histoire de “convenance conjugale” à propos d’Urgences ! Je ne regarde pas le foot par convenance conjugale !

  10. rph dit :

    Je peine à voir en Wisteria Lane une banlieue. Difficile, tout d’abord, d’associer les suburbs, les quartiers résidentiels américains, à ce que l’on entend ordinairement par ce terme, non ? Et puis, il y a ce geste singulier qui clôt la première saison de la série, où l’on assiste à la naissance symbolique de ce lieu fabulé, qui s’inscrit dès lors dans une relation de symétrie avec le village shyamalanien. Principe d’équivalence, en somme, du centre et de la périphérie - lieux du retrait ou de l’exil, donc de l’exclusion volontaire. Une topographie qui se complexifie encore avec le purgatoire des naufragés de Lost, zone franche prise en tenaille entre le mystérieux coeur de l’île et le grand large.

  11. Tlön dit :

    Marcia Cross dans Melrose Place, elle était déja trés bien…borderline…
    Suis je hors sujet ?

  12. Phil dit :

    Je constate que la vision de la télévision que tu as est ni plus ni moins qu’une consommation cinéphilique, je m’explique : tu prends ce qui t’intéresses là où il y a du bon (les chaînes spécialisées du câble).
    Moi ce qui me dérange dans la télévision c’est le flux…
    Ce qu’il y a de beau dans la salle et par extension la cinéphilie, c’est la démarche volontariste, on sort de chez soi, on sort de soi, pour entrer dans un autre univers, pour se faire chahuter, alors qu’avec le flux télévisuel, on reste chez soi, on est passif, il contamine notre intimité, sans qu’on ne lui ait rien demandé.
    Je suis désolé, mais je le vois comme une pollution. C’est d’ailleurs bien la fonction qu’il a chez beaucoup, puisqu’il sert de bruit de fond à beaucoup de foyers, comme la musique dans les supermarchés.
    Mon menu, je le préfère sur grand écran et Hawks, Ford ou Tarkovski, on a la chance de pouvoir les voir à Paris, alors pourquoi se restreindre à un écran cathodique…

    Quand à ton blog, j’en ai bien compris la démarche, (pas besoin de me le renvoyer à la figure à chaque fois), et si je continue à le lire, ce n’est sans doute pas pour rien (et certainement pas pour envoyer des piques, je ne suis pas Docteur No), je faisais juste une glissée entre télépathe et téléphobe, plus pour plaisanter autour de allitération, je me suis planté, soit…

    Merci de laisser ma vie personnelle hors de cela la prochaine fois, où alors on en parle hors blog car je suppose que les autres n’y comprennent rien… :-)

  13. Docteur No dit :

    Allons bon! Qu’est-ce que j’ai fait cette fois?

  14. Tlön dit :

    Et Sirk ce n’est pas mal non plus ?
    Encore hors sujet ?

  15. myasz dit :

    Tout le monde n’a pas la chance ou la malchance de recevoir chaînes du câble (ou satellite).
    CineCinemas et TSPcinema, sont des très bons bouquets (un choix de ouf mais c’est peu être là qu’est problème).
    Ces chaines du cable/sat, sont élitistes (au niveau de l’abonnement), et la télévision est un medium populaire dénué de tout prestige (et souvent d’élégance).

    A l’inverse le cinéma a ce quelquechose d’à la fois prestigieux mais aussi populaire (par son accessibilité (tarifs réduits, une multitude de cartes d’abonnements, salles associatives etc.).

    Le problème que je relève sur ce blog mais je me répète, c’est le côté donneur de leçon sur le cinéma (et l’image dans une plus grande mesure).
    Parceque sa rédactrice lit des livres ou écoute des personnes influentes sur le plan culturel, elle relaie et impose leur discours dans son blog.
    Si bien qu’à la fin, le forum du dit blog ressemble plus trop à un forum, mais à un espace d’auto-congratulation et de monologue pas très marrant.

    Phil, elle manque d’amour cette petite, reviens!!!

  16. .Moland.Fengkov. dit :

    c’est bourré de miasmes ici, ça devient la cour des miracles.

  17. Phil dit :

    .Mo : un petit coup d’anti-biotique !! :-)

  18. .Moland.Fengkov. dit :

    je fais confiance à mon corps pour éradiquer les microbes sans recours à la chimie ! Mais je crois qu’on est encore plus hors-sujet que Tlön.

  19. sandrine dit :

    Une réunion plus tard….
    Hé ! une amorce de débat ici !

    Moland und Tlön,
    Tlön n’est absolument pas hors sujet. Le personnage de Marcia Cross dans Melrose Place (médecin et schizophrène) est aussi flippant que celui qu’elle incarne dans Desperate Housewives. D’ailleurs, c’est sur la base de ce personnage qu’elle s’est vue confier le rôle de Bree. Quant à Sirk, la référence s’impose tout particulièrement avec All That Heaven Allows. L’héroïne se voit offrir une télévision, ce qui signe son renoncement au monde. Mais pensais-tu à cela, Tlön ou à l’oeuvre de Sirk en général ? (je te rejoins).

    Phil,
    Je n’ai jamais rameuté ta vie privée. C’est toi qui a parlé de conjugalité quand je te signalais simplement que tu regardais Urgences, série dont nous avions parlé ensemble. Je pense n’avoir commis aucun crime de lèse-majesté. Tu t’y es mis tout seul ! :-)
    Sinon, ce que tu dis sur le “flux” et le “bruit de fond” est très juste. D’ailleurs, le soap, dans sa forme, intègre cette vacance, ces moments où la ménagère vaque à ses occupations et ne regarde le poste que d’un oeil. C’est assez passionnant.

    myasz,
    Malgré vous, vous me faites un beau compliment. Si je donne des leçons, c’est que j’ai quelque chose à transmettre. Quant à mon manque d’humour supposé, je vous laisse à vos spéculations….

  20. sandrine dit :

    rph,
    La banlieue américaine, telle que je la nomme, est à envisager dans l’acception la plus large, sans connotation aucune ou sans se référer à notre équivalent français bien sûr.
    Je vous rejoins sur cette idée d’enclave, topos tant au cinéma, qu’à la télévision ou dans la littérature. Je lisais un reportage sur la nouvelle topographie américaine : le développement de villes qui fonctionnent de manière autarcique (tous les services sont intégrés à l’espace de vie), en marge des grandes villes où règne l’insécurité. De plus en plus d’américains optent pour ce modèle de vie, en réaction à la délinquance, se constituent en ilôts humains.

  21. .Moland.Fengkov. dit :

    humour ou amour ?

  22. sandrine dit :

    Oh, le lapsus ! Désolée, myasz, j’ai pourtant mes double foyers su le nez.
    Je voulais dire….. (hum) “quant à mon manque d’amour supposé, je vous laisse à vos spéculations”.
    Euh….

  23. myasz dit :

    Le mutisme. Molang Fengkov et son blog pas beau.
    Si bien qu’à la fin, le forum du dit blog ressemble plus trop à un forum, mais à un espace d’auto-congratulation et de monologue pas très marrant.

  24. .Moland.Fengkov. dit :

    Le gâtisme. Tiens, le miasme est une espèce exotique de perroquet, à moins que ce ne soit Alzheimer. Ou encore un clone du docteur No, qui n’a de docteur que le titre usurpé. On y voit effectivement un certain lien de parenté, notamment au rayon de la psychologie de comptoir et du rejet que leur inspire mon blog. Comme dirait certains, vous couchez dans le même lit, tous les deux ?
    Quant au forum, vous pouvez critiquer, il n’y en a même pas sur votre blog.
    Et encore mieux, quand vous parlez de monologue pas très marrant, vous parlez pour vous ? Parce que lorsque je lis “L’Homme est un loup-garou…pour l’Homme”, moi, au contraire, j’ai plutôt envie de rire. On a l’impression de se retrouver face à un poème du métro parisien.
    Allez, comme dirait encore certains, je vous autorise à élever votre esprit devant le visionnage de “Pokémon 2 - Le pouvoir est en toi” ou “Trouble jeu”. Attention, dans ce dernier, il y a un twist. Du grand cinéma !
    (ouch ! Je sens que la maîtresse de maison va censurer tout ça…)

  25. Phil dit :

    Tu le dis toi-même, tu m’as quand même bien tendu la perche, d’autant que je n’ai aucun souvenir de cette conversation sur Urgences mais je fais confiance à ta mémoire…

  26. Phil dit :

    Myasz, je ne suis pas d’accord avec vous, vos photos sont bien plus moches que celle de .Moland, et votre blog est plus que spartiate, voir presque repoussant par son manque de convivialité.

  27. Docteur No dit :

    Que de coups bas! Il est temps que Docteur No relève le niveau… Las, vous avez tellement divagué que je ne sais plus quel est le débat. Y a-t-il eu débat, d’ailleurs?
    Non, et vu l’entetement irrationnel de Phil a considerer qu’un ecran de television ne peut pas diffuser d’image, il n’y a pas lieu.
    A propos de lieu, quand meme, Sandrine, jDocteur No trouve l’analyse géographique que vous proposez de cette serie, qui comme toute serie a besoin de quelques episodes pour enrichir ses personnages, devenant ainsi reellement productive en termes de conflit (sésame convoité par tout créateur de série) comme Desperate Housewives commence a l’etre, Docteur No trouve cette analyse, donc, d’autant plus interessante qu’elle incite a revoir d’autres series sous cet angle (Six Feet Under, par exemple). C’est bien une lecture ideologique que vous proposez la, celle de la lutte des classes ramenée a la question du territoire. A ce propos, j’ai le souvenir que dans l’épisode que vous invoquez pour appuyer votre idée, la voiture du fils de Bree n’est pas seulement abandonnée dans un quartier défavorisé, mais aussi et surtout en ville, territoire du vice et du danger, de meme que l’endroit ou les hommes gagnent l’argent qui conduit les desperate housewives a etre ce qu’elles sont.

  28. sandrine dit :

    Pour un peu, j’embrasserais bien Dr No sur la bouche, car je me disais justement que le débat s’était étiolé avant même d’avoir pu commencer.
    En fait, je souhaitais, quand j’ai écrit cette note, qu’on batte en brèche mon argumentaire sur la question du repli.
    J’ai eu, à ce sujet, une intéressante conversation téléphonique avec Esther aujourd’hui, qui me conteste intelligemment certains points. Les voici :
    - Sur la naissance de la télévision et de la banlieue aux Etats-Unis. 20è siècle certes, mais après-guerre plus précisément. En France, la TV n’en prend acte que très tard.
    - sur la critique sociale. Esther ne voit guère cet aspect dans Despertae Housewives et se demande même si la TV est apte à produire ce type de discours. Question qui mérite vraiment d’être réfléchie, peut-être à l’aune d’un Pierre Carle… Il est vrai qu’il n’y a plus d’espaces de contestation à la TV (cf les émissions de cinéma, plus prescriptives que critiques).
    Une série politiquement incorrecte est vouée à rester dans les cartons, selon elle. Je lui ai rétorqué NYPD ou The Shield, mais pour elle, la police n’est pas remise en cause.
    - sur l’idéologie et la lutte des classes. Pour Esther, cela relève plus d’un constat que d’une vraie critique sociétale. Il s’agit d’un enregistrement d’un certain climat politique. Elle me disait que la série s’adressait avant tout à la frange de population mise en scène. Pour elle, on s’attache, à travers la description des pulsions (instincts meurtriers, sexuels) à rendre ces personnages humains.
    Pas faux. L’identification passe d’ailleurs par là. Mais, il m’apparaît évident que la série est démocrate.
    - sur les pauvres et l’épisode que je décris. On ne les convoque, selon elle, que quand on en a besoin, la série se circonscrivant à son territoire initial.

    Voilà ce sur quoi, on peut peut-être repartir, au-delà des réglements de compte personnels.

    Phil,
    On avait parlé de l’épisode où ce benêt de Mark Green court après le train qui emmène Susan Lewis, son grand amour. Du mélo de la plus belle eau.

  29. myasz dit :

    Je reste sur mes positions, le site

    Ca va faire de la pub pour mes blogs;
    Hihi.

    C’est comme lorque l’on parle de Jean-Marie Le Pen, même avec un discours en sa défaveur , ça lui augmente la diffusion de ses propos.

    DrNo: le centre-ville ricain, le “downtown” est surtout le creuset de la pauvreté car délaissé par les riches. Je ne parle evidemment des premières grandes villes: Boston, NYC ou LA.

  30. myasz dit :

    suite du debut :

    Je reste sur mes positions, le site de morlan est assez laid, je pense surtout à la couleur et à la typo utilisées, mais c’est tout à fait subjectif.

    quant à mes photos, elles sont prisent avec un téléphonne portable : je ne suis pas Bresson ou Avedon, mais un photographe de comptoir, comme se plaît à me catégorisé morlan.

    métro, comptoir, des termes populaires et chèrs à morlan…racisme social en filigrane .

    Tout comme la séléction très peu objective de certains de mes billets : pokémon est un des héros de mon petit frère qui a…9 ans.

    mes monologues ne sont pas sur un forum, car je ne peux pas en mettre : espace discursif et interactif.

  31. sandrine dit :

    Je suis heureuse que vous reprécisiez ici votre ligne éditoriale, mais ne peut-on pas revenir à ce qui nous/me préoccupe ?

  32. myasz dit :

    vous n’aviez qu’à le préciser à la suite des commentaires de Morlan+Phil.

    Ca manque d’honnêté tout ça.

    Mais vous avez raison, revenons à ce qui “nous” interrese, c’est-à-dire VOUS.

  33. sandrine dit :

    Je n’ai rien à préciser (d’ailleurs, je l’ai fait, ne savez-vous pas lire ?) et oui, c’est mon blog, donc j’y traite en priorité des sujets qui m’intéressent. Vous êtes stupide ou vous le faîtes exprès ?

  34. Sébastien dit :

    - Pokémon fut sans doute un jeu révolutionaire…

    - La place donnée aux pauvres dans “Desperate” sert de fait à la fiction, objectivée par conséquent. Elle n’est pas un sujet. Parce qu’elle ne peut l’être : la série en prend acte, politique par la bande, le constat ironique (suspense de pacotille, lorque Bree et son mari attendent dans la voiture le forfait qui ne manque pas de s’accomplir sous leurs yeux). La pauvreté n’a pas droit de cité, mais (cynisme évident de Bree) elle “brille” par son absence : dans l’épisode en question, on peut dire qu’elle fait “retour” : “Desperate Housewives”, c’est avant tout une série du refoulé. La pauvreté aussi bien, au diapason des tares tour à tour révélées.

    - Série démocrate of course. Mais, of course aussi bien (JS), son questionnement idologique dépasse la question de son appartenance politique à telle ou telle obédience. Génie du cinéma comme des séries US : le politique est d’abord affaire de genre, et par là de contrebande (cf. Scorsese)

    - Pour finir, ne pas confondre TV comme médium (= flux, vieux serpent de mer) et réceptacle (si je regarde “Desperate” en DVD, est-ce que je regarde pour autant la télévision ? hein ?)

    - La TV est une industrie (ouh, la vilaine !). Ben … Le cinéma aussi.

  35. sandrine dit :

    Sébastien,

    Le politique, affaire de genre effectivement et de territoire. D’accord avec toi sur la pauvreté comme refoulé.
    Quant à l’idéologie, il m’importait de démêler tout de même cette affaire. Dans Desperate, il y a une réelle ambiguité mais qui n’atteindra jamais le même niveau que 24, comble de l’ambivalence politique.

    (si certains s’inquiètent de la disparition de leurs commentaires, sachez qu’il n’y a pas lieu : je les ai effacés. Marre des combats de coqs).

  36. Liza dit :

    Dans la réalité les pauvres américains sont toujours en centre ville, et les banlieux restent le privilège des classes moyennes…

  37. rph dit :

    Au rayon des grands absents/présents de la série, à noter également la place privilégiée de l’homosexualité qui fait figure, tout comme la pauvreté, à la fois de repoussoir et d’outil fictionnel.

    DH n’est-elle pas à ce titre une série de l’objectivation radicale (pour reprendre le terme de Sébastien) ? Elle ne se contente pas d’épouser l’imaginaire de ses personnages, mais en fait son propre dispositif, le transforme en un système d’enjeux formels - l’objective donc à son tour - et exclut dès lors toute forme de commentaire et d’extériorité. D’où la fonction démiurgique (à différents égards) de la narratrice. Finalement, en dépit des références manifestes à Lynch ou Burton première manière, c’est peut-être, dans l’esprit, de Verhoeven que la série tiendrait le plus.

  38. Phil dit :

    Puisqu’il faut redevenir sérieux, je voudrais bien qu’on me justifie sérieusement le terme de replis car je ne vois pas en quoi la télé (ici), le cinéma, voir même toute l’esthétique et la politique américaine (et je dis bien américaine, pas les exilés, volontaires ou non) ont été un jour portée sur l’extérieur, exception faite du FBI et de CIA, mais même votre cher Jack Bauer ne mets pas franchement le nez dehors (corrigez-moi s’il le faut, je connais assez mal cette série), seule peut-être la petite Sydney Bristow met le nez hors des frontières de l’Etat providence.
    Et encore pour la CIA et le FBI, c’est évidemment pour de mauvaises raisons, protéger les intérêts de l’Etat, des coups tordus pour éviter la propagation à ces frontières des révolutions bolcheviques (voir les nombreux coups d’état en Amérique du Sud), et les actions militaires ne sont motivées que pour favoriser les intérêts de l’Etat (pétrole en Irak, terrorisme en Afghanistan…).
    On attendrait de les voir intervenir en Côte d’Ivoire, au Darfour ou ailleurs sans arrière pensées mercantiles ou protectionnistes…
    Donc je ne crois pas qu’il y ait un repli de l’Amérique, puisqu’elle ne s’est jamais dépliée. Et ne me donnez le 11 septembre comme justification, je vais vous exposer un exemple qui m’est revenu hier soir, qui prouve le côté réactionnaire de la défense de cette frontière : Maman, j’ai raté l’avion (Home alone en V.O. c’est encore plus significatif), je vous rappelle le message du film qui date quand même de 1990, donc bien avant l’ennemi intérieur d’Oklahoma City et du 11/9/01, était de dire que lorsqu’on abandonne la maison (pour partir chez ces macaques de Français, déjà la stigmatisation), eh bien les méchants cambrioleurs (qui n’ont rien de gentlemen, ils sont d’ailleurs proche physiquement et vestimentairement des homeless ou des arabes) en profitent pour prendre possession du home sweet home. Donc la conclusion c’est qu’il ne vaut mieux pas abandonner le foyer et sa progéniture. Là aussi, il y a un doux message, un petit américain blond arrive seul à se débarrasser des méchants, la bonne propagande individualiste…
    Je me demande d’ailleurs si l’individualisme forcené qui court aujourd’hui dans nos sociétés n’est pas hérité du modèle américain qui défend coûte que coûte ses frontières et par simplification son foyer, sa vie privée, au mépris du reste du monde.
    Enfin pour revenir sur l’expression “home sweet home”, la douceur est enchassée par le foyer, comme une frontière (la seule mythologie de l’histoire américaine), une muraille, le dernier retranchement pour son individuelle tranquilité.
    Donc les séries américaines ne témoignent de rien, Rio Bravo et tant d’autres diffusaient ce doux message avant l’entrée des télévisions dans les fameux home sweet home…

    J’espère que tout cela n’est pas trop confus, car j’ai essayé de rassembler mes pensées d’hier soir, mais le sommeil a peut-être entre-temps dilué mon argumentaire…

  39. rph dit :

    Le problème, Phil, c’est qu’ici il n’y pas repli sur l’individu mais sur la collectivité. La colonne vertébrale de DH, c’est la rue, l’artère centrale du quartier, que l’on ne cesse de descendre et de remonter. Et ce sont ces incessants va-et-vient qui irriguent en micro-fictions, en affects et en enjeux de pouvoir, les bourgeons pavillonnaires. Ça circule terriblement d’un intérieur à un autre - sur ce point, pas de souci.

    Ensuite, ce n’est pas un repli subordonné à une logique d’intérêt mais un repli symbolique : enfermement dans un imaginaire fondateur.

    Enfin, ce n’est pas un repli volontaire mais un repli subi, relatif à l’inéluctable circularité de la production mythologique qui institue le lieu commun, devenu lieu insulaire (Lost, encore une fois).

  40. Phil dit :

    Le repli individuel n’est évidemment qu’un extrême dans mon développement, mais si je faisais une brève allusion à Rio Bravo c’était justement pour élargir à la société, comme dans beaucoup de westerns, notamment (mais le cinéma fantastique fonctionne aussi beaucoup sur cet isolement), et ce que tu me dis sur la rue (car je n’ai jamais vu cette série) me rappelle des plans de westerns. Donc je ne vois toujours pas la nouveauté et l’intérêt de cette série. Quand à la monstruausité sous-jacente des personnages, j’y reviendrais dans un autre commentaire (qu’il faut que je peaufine) car j’y ai beaucoup pensé hier soir aussi…

    Mais je ne vois pas en quoi cette “insularité” serait subie puisque c’est quand même la société américaine qui a choisi de s’isoler et de se protéger (toujours plus) derrière un protectionnisme radical. D’autant que les Etats Unis ne sont pas une île, me tromperais-je ? A moins que vous fassiez allusion à l’héritage irlandais, britanique ou scicilien des WASP.

  41. Phil dit :

    Oups une mauvaise manipulation (ces foutus PC !!), tu pourras enlever encore un commentaire…

    Pour faire de l’info, vous avez vu sur libé.fr, bientôt votre série sera téléchargeable et visible sur un iPod, trop cool, au boulot, entre deux réunions, Miss S. regardera Desperate Housewives… :-)
    La ménagère sera téléporté au boulot, ça va en faire des belles réflexions pour tous les analystes des images et de leur réception.

  42. rph dit :

    Le rapprochement avec le western ne me serait pas venu spontanément, mais je le trouve excellent. Ce qui fait alors la singularité historique de la production sérielle actuelle (et de DH en particulier), c’est qu’il n’est plus question à présent de déplacement de frontière (toujours plus à l’ouest) comme le genre l’a impliqué dès ses origines. C’est tout l’inverse même puisqu’il s’agit de re-territorialiser la communauté. Sachant qu’entretemps, il y aura eu tout de même, une crise du récit, de la croyance dans les images et dans les valeurs fondatrices (le surwestern puis le spaghetti).

    Maintenant, quel est l’intérêt de cette série ? La virtuosité dont elle fait preuve, tout d’abord : sa capacité à faire de l’idéologique un dispositif formel, à le désubstantialiser en quelque sorte - procédure de nature à renouveler le rapport au politique. Comme Alias (mais en moins poussé) sa faculté également à ingérer, digérer, recycler, détourner, féconder, combiner des imaginaires hétérogènes, propres, le plus souvent, au cinéma. Tandis qu’Alias développait un art (surréaliste) de la vitesse, de l’enchaînement et du contraste (principe du zapping), il y a davantage dans DH une ambition synthétique, qui fonctionne sur le mode de la dilution, de l’interpénétration et de la mise en équivalence. En résulte une fluidité qui est l’essentiel de ce à quoi travaille la série, là encore en totale cohérence avec son médium (ou réceptacle).

  43. Docteur No dit :

    Mais non Phil, mon cher Phil, Desperate Housewives surpasse très nettement Rio Bravo en terme d’efficacité, c’est à dire d’impact. Pourquoi rejetter un nouveau medium, plus si nouveau que ça d’ailleurs, meme si, évidemment, la beauté d’un Hawks reste inégalable, sous prétexte que ce medium diffuse, car c’est bien ça le problème de la télé, elle diffuse. Ce qui vous gène dans Desperate Housewives, c’est que ça marche, et je dirais même, c’est bon!!!
    Je peux vous citer des dizaines de telefilms meilleurs que tous les films sortis en salles cette année (Rosselini, Renoir, Spielberg, Antonioni…).
    Voila. Ce n’était qu’une parenthèse dans votre petit blabla, pour dire que vous vous trompez, Phil, votre élitisme vous trompe. Gravement. L’art ne vous attendra pas pour prendre d’autres formes.

  44. Phil dit :

    Je ne fais aucun élitisme, c’est simplement un choix personnel qui n’engage que moi. Je n’ai pas proné l’éradication de la télévision.
    Je suis amusé par vos exemples Rosselini, Renoir… des grands cinéastes…
    Je suis conscient qu’il y a de belles choses à la télévision mais comme dans d’autres arts et on ne peut s’intéresser à tout donc j’ai des choix.
    Je n’ai pas la prétention de penser que l’art m’attente, je ne suis même pas artiste, alors…
    Mais mon plaisir je le prend en salle c’est tout.
    Mais effectivement cette année, il n’y pas eu grand chose de passionnant sur les écrans, je dirais même que cela fait plusieurs années que cela dure…

  45. Docteur No dit :

    Pfff… Autant parler a un mur! mieux à faire: Desperate Housewives dans 30 minutes!

  46. jean-sébastien dit :

    well done Sandrine, well done…j’aime beaucoup…

  47. jean-sébastien dit :

    et puis je ne comprends pas ceux pour qui “Desperate Housewives” devrait être un tract politique ou n’être rien, c’est absurde…

    je ne comprends pas Esther quand elle parle de NYPD ou The Shield : l’objet de ces séries n’est pas la “remise en cause” de la police; remise en cause de quoi d’ailleurs? il me semble que ces séries sont au contraire très honnêtes dans leur description, c’est cela qui importe…le problème c’est qu’on cherche à tout prix du discours, lisible, identifiable, dans le sens où il faudrait que la série discours “idéologiquement” sur son sujet, que sa critique sociale soit idéologique…mais ce qui est beau dans DH précisément, c’est qu’il n’y a pas des problèmes d’idéologie, il n’y a que des problèmes de conscience; qu’une idéologie se dégage de cet ensemble, ensuite, est largement secondaire…

    Ne pas oublier non plus qu’il s’agit d’une comédie, et qu’elle ne peut êttre l’équivalent de, par exemple, “La fièvre dans le sang” (si on s’en tient à une critique de la famille comme cellule de base)…De toute façon ça ne pourrait pas être le cas, parce qu’une série a besoin de durée, et donc de faire perdurer ses personnages, pas de faire éclater au bout de quelques épisodes les structures qu’elle a habilement tissées…la critique sociale y prends donc d’autres chemins…que la critique s’immisce dans une émission “mainstream” et wasp est plutôt encourageant, plutôt sain pour une démocratie…en France on ne peut pas en dire autant…

  48. jean-sébastien dit :

    la seule série, peut-être, à avoir pris le risque de l’éclatement plutôt que de la perpétuation de schémas ou de personnages, c’est “24 heures”, peut-être la série la plus kamikaze de ce point de vue…

    (et puis, aux pourfendeurs de DH : pourquoi demande t’on à cette série ce qu’on ne demande pas aux Sopranos?)

  49. sk†ns dit :

    Ça manque de meufs.

  50. Tlön dit :

    Je ne comprends rien à ce que vous disez.

  51. sk†ns dit :

    Je disez : A-ma-zo-nie ! Des A-ma-zones, des meufs quoi.

  52. sandrine dit :

    Semaine très laborieuse. Je n’ai guère eu le temps de gérer ce blog.

    rph,
    Merci de vos belles contributions. A noter que le déplacement de la frontière occupe largement le cinéma américain contemporain. On retrouve le motif dans pas moins de 3 films récents : Don’t come knocking de Wenders, Les Trois Enterrements (…) de Tommy Lee Jones et History of Violence de Cronenberg, avec le western qui fait retour. Bonne intuition en effet que le rapprochement de l’artère centrale du quartier résidentiel de DH avec la rue centrale du western. Vosu parlez, à juste titre, de re-territorialisation.

    JS,
    Pas entièrement convaincue. L’idéologie importe d’autant plus dans DH qu’elle écrit jusqu’au territoire, infuse la fiction. Je ne pense pas que ce soient des cas de conscience qui travaillent les personnages mais bien la manière dont ils sont travaillés par l’idéologie. C’est-à-dire, comment ils se situent en rupture avec celle-ci, selon différentes contingences. Je dirais même que parce qu’ils sont dépositaires de cette idéologie, ils basculent dans les travers réprouvés précisément par celle-ci. C’est toute la perversité de la série, son ressort dramatique.

  53. sk†ns dit :

    « Desperate blogers » !

  54. jean-sébastien dit :

    l’idéologie c’est toi qui la voit Sandrine (point de vue du spectateur), les personnages eux, je persiste, ont juste des problèmes de conscience (point de vue des personnages), ils n’ont pas de lecture “intelligente” de leur comportement, ne font pas les malins…c’est là où la série est forte justement…elle génère chez les personnages des problèmes de conscience en fonction de l’idéologie dans laquelle ils baignent, mais je ne crois pas que ce soit l’idéologie qui fasse problème dans la série : elle est posée, un point c’est tout, et les auteurs de la série regardent comment chacun réagit, en fonction de sa propre morale…en fait, plus que d’idéologie, je dirais qu’il s’agit avant tout de problèmes de morale, et c’est bien pourquoi la série n’est pas “politique”, au sens où elle oeuvrerait à la dénonciation de l’idéologie bourgeoise wasp; en ce sens, paradoxalement, je rejoins Esther, à ceci près que, contrairement à elle, cela ne me pose aucun problème (ce serait demander à la série ce qu’elle n’a pas envie d’être)…

  55. Guy-Philippe dit :

    Je préfère dans un tout autre genre la série Weeds qui est actuellement diffusée par Showtime au Etats Unis. D’ailleurs, je me demande si un jour elle sera diffusée en France.

  56. sandrine dit :

    Pouvez-vous m’en dire plus sur cette série ?

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