L’ange noir

The Heart is deceitful above all Things d’Asia Argento reste pour moi le vrai choc de la Quinzaine des Réalisateurs, reprise cette semaine au Forum des Images.
Adapté du livre éponyme de l’auteur culte JT Leroy, icône branchée androgyne, scénariste de Elephant de Gus Van Sant, le film est une plongée vertigineuse dans une Amérique poisseuse, coincée entre déchéance et fondamentalisme religieux.
Ballotté de ville en ville par une mère toxicomane et prostituée, Jérémie, un gosse de 12 ans, quitte brutalement l’enfance pour explorer les Enfers. Il y fait l’apprentissage douloureux de la vérité.
Ce récit d’initiation est autobiographique. JT Leroy, 22 ans, a tiré de son blog deux romans cultes, dont Sarah, disponible en France.
Travesti et prostitué, “reine des aires d’autoroute”, le romancier a marché sur les traces d’une mère idolâtrée.
On peut lire son journal, découvrir ses coups de coeur littéraires, vestimentaires et musicaux sur son site.
Quant à Asia Argento, elle signe un second long métrage où la prise de risque est maximale. En équilibre précaire, le récit ne bascule cependant pas.
Nulle complaisance malsaine, bien au contraire. La réalisatrice sauve son entreprise et ses personnages (pourtant très “chargés”) par un regard empli de compassion.
Tendu de bout en bout par une énergie du désespoir, le film ne manque pas d’imperfections. Et c’est bien ce qui le rend attachant !
Etonnant de voir aussi comme ce film dialogue intimement avec Tarnation de Johnattan Caouette, journal filmé d’un jeune homme à la beauté fulgurante, qui s’est construit par et contre la figure maternelle.
A noter que Tarnation est produit par Gus Van Sant, dont l’ombre bienveillante entoure des cinéastes et auteurs décidément talentueux.

8 réponses pour “L’ange noir”

  1. jean-s∓#233;bastien dit :

    ce que j’aime aussi dans ce film c’est qu’il est véritablement punk (sur la question d’une mère et de son enfant on est bien loin du pauvre Assayas!), même si je suis plus réservé que toi sur certaines scènes et passages de ce film néanmoins passionnant…

  2. sandrine dit :

    Ah, ça, pour le coup, c’est un vrai film punk ! D’ailleurs, les Sex Pistols sont convoqués largement.
    Je n’oppose pas ce film à celui d’Assayas car ce dernier se situe dans une autre veine plus nostalgique et romantique. C’est une autre approche !

  3. sandrine dit :

    J’ajoute que je voue un amour immodéré pour Asia Argento depuis Troma.Sa première apparition pour moi a été un éblouissement. D’ailleurs Tlon, dans son billet du jour, parle très joliment de ces rencontres marquantes au cinéma.
    A l’occasion, JS, j’aimerais bien avoir ton point de vue sur Tarnation. J’ai trouvé la forme parfaois très rebutante. Et puis, il y a une scène que je trouve indécente : celle où Caouette filme sa mère en plein délire (avec la citrouille). Au lieu de couper, il laisse tourner la caméra. D’un point de vue moral, ça me paraît indéfendable…

  4. .Moland.Fengkov. dit :

    Ce qui me fascine, chez AA, c’est sa façon de se donner des coups à la gueule. Elle parvient à être belle dans toute sa laideur.

  5. sandrine dit :

    Asia n’est pas laide, malheureux !
    Dans Libé, ils ont été encore plus méchants. Ils ont écrit : “Asia Argento dans un grand numéro Courtney Love” !

  6. jean-s∓#233;bastien dit :

    ben quoi, elle est géniale Courtney Love!

  7. .Moland.Fengkov. dit :

    Bah oui, je suis d’accord avec Jean-s8_’(-”é&~*$¤£!§@bastien

    ;)

  8. hentai-adult dit :

    hentai adult

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