L’art dégénéré : la dialectique du pur et de l’impur
Suis allée voir cette semaine l’exposition “le IIIè Reich et la musique” à la Villette (Cité de la Musique) ou “quand la musique témoigne des horreurs de son temps”. Belle scénographie, accrochage réussi mais exposition vraiment très (trop) dense. La musique permet de revisiter tout un pan de l’”art dégénéré”, c’est-à-dire non conforme aux canons esthétiques et moraux prônés par le régime hitlérien.
Célébration de l’héroïsme, de la patrie, du devoir familial ou encore de la vie rurale, l’art allemand, “validé” par le régime nazi a donné lieu, en 1937, à la Grosse Deutsche Kunstausstellung, exposition regroupant les artistes favorisés par le régime (Richard Wagner, Franz Stassen, Carl Orff, Richard Strauss, Herbert von Karajan, Zarah Leander etc…). En effaçant l’art d’un peuple, Hitler s’est attaqué à son âme et à sa mémoire.
Ceci m’a amenée à réfléchir plus largement sur les notions de patriotisme et de racisme, véritable dialectique du pur et de l’impur.
Bénédict Anderson, dans l’Imaginaire national, enrichit le point de vue, à son sens insuffisant, d’intellectuels “progressistes et cosmopolites” qui affirment que le nationalisme s’apparente à une pathologie, enracinée dans la haine et la peur de l’autre. Selon ces observations, le nationalisme serait lié étroitement au racisme. Or, pour Anderson, les nations suscitent l’amour. Pour preuve, les sacrifices effectués en leur nom. Et l’ensemble des produits culturels qui en découlent : poésie, fiction, musique, arts plastiques etc… La nation s’élabore fondamentalement dans le langage : homo sapiens est homo dicens.
Le sentiment national, selon Anderson, ne se nourrit pas de haine. Le racisme s’attache précisément à nier la forme nationale en réduisant l’individu à sa physionomie biologique. La forme nationale prend racine non seulement dans le langage, mais aussi dans l’histoire. Anderson illustre son propos en faisant référence à l’édit de San Martin, baptisant “péruviens”, les indiens de langue quechua. Aussi, la nation, selon lui, s’est bâtie dans le langage et non dans le sang. Anderson étudie le vocabulaire propre à la célébration de la nation et qui s’articule autour de deux idiomes. Le premier est celui de la parenté : alma mater, Vaterland, patria ..Le second, celui du foyer : Heimat…
Selon Anderson, les liens naturels qui attachent un individu à sa nation sont nimbés, de ce qu’il définit comme une “aura de désintéressement”.
Ainsi, mourir pour sa patrie est vécu comme quelque chose d’éminemment pur. Peut-on pour autant considérer que le racisme et l’antisémitisme sont des productions du nationalisme ?
Selon Anderson, non. En effet, le nationalisme, selon lui, procède de l’histoire, tandis que le racisme est hors de l’histoire. Le nationalisme s’inscrit dans un destin historique, tandis que le racisme renvoie à l’idée de contamination séculière.
Anderson évoque à ce titre le père du racisme moderne : Joseph Arthur, comte de Gobineau, diplomate et écrivain français du 19ème siècle, auteur de l’Essai sur les Inégalités des Races (1853-1855). Doctrines qui inspirèrent différents théoriciens du racisme.
En somme, le sentiment national et l’attachement à la mère Patrie reposent sur des “objets imaginés” qui s’actualisent dans cette expo troublante.





Le 26/10/2004 à 10:09
Le racisme, c’est mal.
Après, faut voir ce qui relève EFFECTIVEMENT du racisme. La xénophobie est-il du racisme ? Le bon sens près de chez vous est-il du racisme ?
Le racisme est-il un humanisme.
Le 26/10/2004 à 10:44
Je t’aurais pensé plus inspiré. :-)
Le père Anderson propose des choses parfois bien discutables. Mais récemment sur les blogs, j’ai eu l’occasion de lire quelque chose qui m’a heurtée violemment :de l’éradication des gens laids, boutonneux, gros comme principe (voire comme impératif catégorique) artistique. Ca a eu de curieuses résonnances avec cette expo du coup. Racisme + nationalisme ? Racisme + eugénisme de la pensée ? Moi, ça me fait froid dans le dos…
PS : je pense que le racisme, c’est bien “le bon sens près de chez vous” !
Le 26/10/2004 à 10:58
Le problème, c’est que toute forme de rejet devient du « racisme ».
Le rejet de la différence est-il du racisme ? Rejet de veut pas dire destruction, anéantissement, mais non-acceptation.
Par exemple, dire que l’excision est une pratique “barbare” est-ce du racisme ?
On pourrait dire que l’excision prend sens là où il est pratiqué et que, après tout, même si la mortalité est forte, c’est une habitude d’une autre culture et qu’à cet égard il faut la respecter. Tout serait relatif. Idem pour la polygamie.
S’indigner du fait qu’en France, certaines femmes ne veulent pas être suivies par des médecins hommes, est-ce du racisme ? On pourrait dire qu’après tout, c’est une habitude culturelle comme une autre et partant respectable — eh oui ! il FAUDRAIT respecter les différences ! Pourtant on s’indigne parce que précisément ce n’est pas dans nos habitudes, dans nos valeurs franco-christiano-républicaines.
Donc, je distinguerais “xénophobie” de “racisme”.
Certaines cultures sont haïssables, mais il ne faut pas le dire. Ou plutôt, on le dit si ça se passe loin des chez nous (fondamentalisme musulman, hindou, chrétien etc., Afghanistan Pakistan, Inde etc.).
Le 26/10/2004 à 11:35
L’exposition “le IIIè Reich et la musique” à la Cité de la Musique est effectivement particulièrement intéressante, Elle aborde un terrain peu ou mal connu du grand public, donne un éclairage sur les relations sulfureuses entre art et politique/art et propagande pendant la période nazie.
En la matière, le régime nazi va aller bien plus loins que tous les dirigeants politiques -mécènes légions dans l’Histoire de l’humanité (Auguste, Louis XIV, les Perses ou Napoléon Ier et III dans le désordre).
Chez les Nazis, l’art revêt le rôle désormais “classique” de l’art officiel : glorifier le régime, fêter ses dignitaires.
Il en a un autre : édifier le peuple, véhiculer les “valeurs” propres au régime, parler à l’inconscient collectif allemand.
Au passage, est à noter que la Contre Réforme de l’Eglise catholique avait déjà conféré à l’art cette fonction édifiante, pédagogique des foules. Le parallèle s’arrête toutefois là, les idées véhiculées étant en tout point différentes.
L’art officiel sous la période nazie va donc célébrer un certain nombre de fantasmes ou valeurs caractéristiques du régime :
- le vieux fonds mythologique germanique - que Wagner a merveilleusement exprimé -
Les oeuvres wagnériennes seront récupérées pour exprimer la grandeur de l’âme allemande et sa supériorité sur les autres peuples. La grandiloquence wagnérienne était du pain béni pour les Nazis.
- les gloires et célébrités allemandes (Kant, Goethe, Nietzsche, Wagner, Haendel…etc) au moyens de tableaux, affiches, bustes sculptés, festival dans la ville natale.
Au passage, on n’hésite pas s’il le faut à se réapproprier, à “re-germaniser” certaines gloires qui ont voyagé et vécu hors d’Alemagne. C’est le cas de Haendel qui s’était fait naturaliser Anglais. Certains ont moins de chance, ainsi le grand Mendelssohn de confession juive, se voit purement et simplement exclu du panthéon des artistes germaniques.
Pour les Nazis, le génie du peuple allemand est exclusif, tourné entièrement vers sa patrie, son Vaterland, il ne peut en aucun cas s’ouvrir sur le monde, se nourrir d’apports extérieurs.
- l’Allemagne “patrie des arts”
Ce sentiment est très lié à la célébration des gloires nationales mais va au delà : l’Allemagne serait le lieu d’élection sur terre des Arts et Lettres. L’expo présente des affiches véhiculant cette idée du style “Deutschland, Land der Musik”.
- le devoir familial et le bonheur de la vie rurale
Pour l’occasion, la Cité de la Musique présente des oeuvres complètement méconnues : des tableaux/images d’Epinal du bonheur des travailleuses dans les champs ou du bonheur familial dans un foyer rural le tout dans un style pictural qui laisse songeur et sans voix.
A côté de cette récupération artistique d’illustres artistes allemands défunts, de la promotion d’un art officiel au service du régime et dépourvu d’ambition esthétique, toute innovation artistique et esthétique ne pouvaient être qu’incomprise, rejetée et taxée “d’art dégénéré”.
Ce fut le cas de tous les artistes-peintres novateurs de la période (die Brücke avec Nolde, Kirchner, Schmidt-Rottluf, Grosz, Otto Dix, Kokoschka ou Kandinsky ) et des musiciens innovants (Berg, Schönberg, Webern).
L’exposition présentée à la Cité de la Musique revient de manière intelligente sur cette période de trouble artistique et politique.
Le 26/10/2004 à 11:42
Les nazis, il faut le dire, avaient de très bons architectes. À ce sujet, cf. Éric Michaud, «L’art de l’éternité» (Gallimard).
Pour ce qui est du protestantisme comme facteur favorisant (ou substrat privilégié) de la naissance et de l’essor du nazisme, voir Emmanuel Todd, «L’invention de l’Europe» (Seuil).
Amen.
Le 26/10/2004 à 12:04
Pour les bonnes consciences de cinéphiles, on se rapportera à ce sujet et avec profit à l’exemplaire «Y’a bon les blancs» de Marco Ferreri…
Le 26/10/2004 à 15:25
Ami(e)s,
Puisque l’heure est au temps des conseils, je ne peux que vous renvoyer à Léo Strauss - Droit naturel et Histoire - Champs-Flammarion….Défense et illustration de l’idée de droit naturel contre tout relativisme.
D’ailleurs comme le dit Strauss si seule la tolérance absolue est conforme a la raison, ceci nous amène a admettre un droit naturel ou rationel de toute préférence qui tolère les autres…
Trés fortement recommandé..
Le 26/10/2004 à 15:37
N’ont eau fache isthme.
Le 26/10/2004 à 19:09
“Le patriotisme, c’est l’amour des siens ; le nationalisme, c’est la haine des autres”
(François Mitterand, “Discours de Strasbourg” - son dernier, me semble-t-il)
Le 26/10/2004 à 19:50
C’est de Romain Gary la formule ci-dessus.
Mais Gobineau c’est pas si simple, je crois : en tout cas pas réductible à la lecture stupide que les nazis ont fait de lui (de même Nietzsche)…
Le 26/10/2004 à 20:05
Gobineau se réclamait d’ancêtres scandinaves, mais c’était un cosmopolite, pas du tout nationaliste, dénonciateur des guerres coloniales qui avait appris le persan et l’arabe, et considérait qu’il n’y avait pas de civiliation sans métissage… Je crois qu’on a pas mal déformé sa pensée.
Le 26/10/2004 à 20:34
Ce que ti dis est très sage, Damien, mais je rappelle que Gollnish parle très bien japonais. Je crois que cette façon aristocratique et érudite — pour ne pas dire “coloniale” — de priser les langues et les cutures n’interdit pas les plus viles théories…
Le 26/10/2004 à 21:42
J’ai du mal avec l’idée d’un racisme extérieur à l’Histoire. Racisme et Histoire partagent un même rapport à la géographie, autrement dit à la question de la frontière, laquelle se déplace simplement du corps à la nation.
Si la “nation” se construit sur de la culture, il faut interroger le revers de cette culture, sa violence en propre, elle qui ne peut, pour se construire, qu’exclure (dans un premier temps, fondateur) ce qui n’est pas elle. Une manière de s’inscrire en faux, de se singulariser. Lorsque cet imaginaire collectif, ce fond culturel à vocation identitaire est menaçé, il devient sa propre arme contre ce qui le menace (on appelle ça, précisément, “l’amour de la patrie”, amour exclusif s’il en est). Le métissage, pour être un bienfait reconnu au développement des cultures, autrement dit pour les préserver de leur violence première en leur associant de l’altérité, n’intervient de fait que de manière trans-nationale, soit universelle. C’est l’universel et non la nation qui produit la pacification des cultures. La nation se réfère constament à ce qui la fonde, lui a donné originellement son identité. Elle implique la fatalité réactionnaire du “retour à la lettre” (textes religieux, constitutions), qui est son seul repère. Alors, en restant au seul niveau national, le remède peut se trouver dans le mal (lorsque la culture arrive à se dissocier de son prédicat religieux, pour accèder à un ferment résolument démocratique). Justement, la démocratie se définit précisément par l’introduction de l’universel dans le national (déclaration “universelle” des droits de “l’Homme”).
Les arguments d’Anderson sont symptomatiques d’un pensée de droite à vocation bien-pensante, désireuse de se défaire des accusations (de racisme en l’occurence) que l’on pourrait lui porter. Une habile rhétorique qui ne sert qu’à dissimuler son seul sujet : la préférence nationale…
Le 26/10/2004 à 22:09
Quand on est raciste mais pas patriote et encore moins nationaliste ?
Le 27/10/2004 à 21:50
Bonsoir,
Je souhaiterais voir l’image la plus à gauche (”mutter und kind”) en plus grand format et sur papier si possible. Pouvez-vous m’indiquer où vous l’avez trouvée ? est-ce dans le catalogue de l’exposition ?
J’en profite pour vous dire que je vous lis depuis quelques mois avec beaucoup d’intérêt.
Merci.
Le 27/10/2004 à 23:52
Bonsoir Béatrice,
Vous soulignez un manque important : je n’ai pas cité mes sources iconographiques !
Vous pouvez retrouver ces oeuvres sur le très bon site de art/mémoires :
http://www.art-memoires.com/lmter/l4345/43artdegenere.htm
Bienvenue sur ce blog et à bientôt.
Le 28/10/2004 à 00:14
Sébastien,
Il est vrai qu’à la lecture des développements que j’ai sélectionnés ici, la position d’Anderson peut apparaitre ambigue, mais il n’en est rien. Anderson est influencé par les penseurs marxistes dont Walter Benjamin auquel il fait largement référence.
L’argumentation de B. Anderson est convaincante et son étude du racisme colonial fort intéressante. Néanmoins, plusieurs éléments demeurent discutables.
Ainsi, il affirme que le nationalisme est une émanation des classes dirigeantes, ce qui mérite d’être nuancé. Le nationalisme peut trouver une origine biologique. Deux grandes théories s’affrontent dans l’étude du nationalisme.
·La première envisage le nationalisme comme la cause d’une modernisation économique et technique.
·La seconde considère la nation comme une donnée.
Les réflexions de Benedict Anderson le situe clairement dans le premier paradigme.
Son essai sur l’origine et l’essor du nationalisme le rattache à l’école du “Nation Building”, représentée notamment par Karl Deutsch postulant que la nation se forme en fonction de son degré de cohésion d’une société, mesurable à partir du niveau de développement des réseaux de communication.
En tout cas, ces réflexions remportent l’adhésion sur bien des aspects, tant la théorie d’Anderson sur l’origine et l’essor du nationalisme est cohérente. Les problèmes qu’il soulève sont d’autant plus vrais dans les pays du tiers-monde où le nationalisme est un apport des colonisateurs. La tragédie du Rwanda illustre les conséquences tragiques de ce passé colonialiste.
Le 28/10/2004 à 00:26
Castor Junior,
Heureuse de votre éclairage sur l’exposition et de votre regard aussi.
Damien,
Une fois n’est pas coutume, je vais dans le sens de Skoteinos…
Le 28/10/2004 à 01:04
Il est vrai que je ne me base en rien sur les écrits d’Anderson (que je ne connais pas) et ne pourrais en juger pleinement. Mais ce que je dis, je le maintiens en partie, par rapport à ce que tu écris. Sur la question du nationalisme, on trouve de fait une convergence entre marxisme et pensée de droite. Quant à l’ambiguïté d’Anderson sur la question du racisme, il se peut que je me trompe effectivement. Mais lorsque tu dis qu’il ne voit qu’”amour” dans la nation, on a vite fait de s’interroger. Que je sache, l’amour conduit toujours à une préférence. Et de la préférence nationale, il me semble que le pas est vite franchi vers un ostracisme politique qui, s’il ne peut se confondre avec le racisme, en indique toutefois le chemin : souvent pavé de “bonnes intentions”, que j’ai cru déceler ici…
Merci pour ces précisions.
Le 28/10/2004 à 16:24
Désolé Skoteinos, mais sur le protestantisme comme facteur favorisant le nazisme, je dirais que ca vaut pas grand chose. Faudrait pas oublier que l’Allemagne est (était) largement partagée entre portestants et catholiques. Et il existe d’autres éléments à prendre en compte (cf le dernier livre de Burrin, qui explore le sujet - mais c’est pas sa meilleure production).
Et juste pour rajouter une couche, faudrait pas confondre racisme et racialisme. Pour l’un, c’est la croyance en l’inégalité des races, pour l’autre c’est la croyance en l’existence des races, chacune ayant des “cractères” propres. Grosse production liéttraire et “scientifique” au début du 20e (cf par exemple Les merveilles des races humaines, Hachette, sans date - circa 1920)
Le 29/10/2004 à 13:21
Tous des maacaques ! Les races humaines sont merveilleuses et nous sommes leurs prophètes.
Le 29/10/2004 à 19:38
Pour terminer sur Gobineau : je ne nie pas son racisme (c’est quand même lui qui a ramené cette histoire de race aryenne, à cause de quoi la Perse s’appelle aujourd’hui Iran), mais au moins s’intéressait-il aux autres “races”. Il y a des discours bien plus violents dans le colonialisme de Jules Ferry.
Sur l’esthétique nazie :
- la collection de l’exposition “Entartete Kunst” (art dégénéré) était un excellent choix de tableaux.
- L’esthétique nazie s’est réfugiée dans le sport filmé, codifié par Leni Rifenstal pour un titre qui est aujourd’hui au top des ventes de calendriers : “Les Dieux du Stade”.
Le 5/11/2004 à 23:02
eh les lyceens!! ouhouh! fo art 2 dblatr votr foss kulture souzune kouverture 2 bon samaritin. apren tous a grandir pour essay 2 voir loin…
Le 6/11/2004 à 12:57
désolée, moi je ne parle pas SMS. File dans ta chambre.
Le 7/01/2005 à 15:51
petit papa noel je t’adore
figaro
Le 31/08/2005 à 16:04
excellente expo à Berlin en ce moment sur “die Brücke “, l’art dégénéré des nazis…
Le 6/01/2006 à 20:27
Bonjour,
j’arrive par hasard sur ces pages. Etant quelque peu un spécialiste de la question, en tant que théoricien et praticien (tout de même…), je vous informe de ma biographie (la première du genre) parue sur Arno Breker : “Breker”, aux éditions Pardès, en 2002. Elle surmonte bien des manichéismes. Je note quelques propos intéressants et motivés. La thèse d’Eric Michaud est riche mais insuffisante, car encore entâchée d’a priori et d’axiomes contestables… Faut-il rappeler que l’art, depuis la préhistoire, n’a que peu à voir avec la “démocatie”, puisqu’il a bien souvent consacré l’idéalisme… De même la philosophie ou la poésie. Et qui croira qu’aujourd’hui n’existent pas des artistes privilégiés, qui en excluent, de fait et par principe les condamnant souvent à la misère (et non au rattrapage de nations complaisantes), de nombreux, souvent bien plus géniaux ou talentueux qu’eux-mêmes. Pour qui oeuvrent-ils donc ? Et pour quoi? Bien des questions sans réponses… Aurions nous atteint le stade de la Parousie : où la vérité s’épanouit enfin en toute splendeur…? Où les commissaires politiques du jours, et leurs valets, ne sont animés que de bonnes intentions…? Le progrès enfin réalisé a-t-il enfin le prétendu “sens de l’histoire”…?
Qui le croira…? Cordialement.
Et meilleurs voeux à tous !
gerardleroyartiste@yahoo.fr
Le 6/01/2006 à 21:03
Rebonsoir, Je renouvelle donc mes voeux.
A la lecture sont apparues quelques fautes.
Précis, je les corrige donc : la “démocatie” se décline mieux en “démocratie”, quoique, à l’usage, elle puisse se révéler plus proche d’une “démo-crassie”, ou (ce que n’aurait sûrement pas contesté Platon) d’une “démago-cratie”. “la politique du jour”, par lapsus sans doute rendue au pluriel (peut-être un souvenir des mauvais jours qu’affrontent aujourd’hui les gens, et particulièrement les artistes, authentiquement courageux…) que d’aucuns nomment la “modernité”, si elle a su établir un marché (capitaliste) de l’art international, n’a aucune valeur universelle, et ne peut se prévaloir d’aucune vérité - même historiciste - principielle ou objective, puisqu’elle est née du relativisme. Les “Dadas”, leurs mentors, leurs suiveurs ou leurs béats, voire leurs marchands, auraient-ils oublié que l’initial de leurs propos, sinon leur unique alibi, consistait à nier toute valeur. Nihilistes à l’origine par volonté autant que par concept, au nom de quel alibi désormais prétendraient-ils ne pouvoir être détrônés, mis à bas des musées dont ils souhaitaient précisément la destruction. Je n’ai , pour ma part, aucune action (au sens boursier) à faire valoir à leur crédit. Et pour paraphraser un peu : “les arguments de certains sont symptomatiques d’une pensée de gauche à vocation bien-pensante, désireuse de se défaire des accusations (de capitalisme en l’occurence) que l’on pourrait lui porter. Une habile rhétorique qui ne sert qu’à dissimuler son seul sujet : la préférence internationale…”
Enfin, j’avais ôté le définitif accomplissement de l’histoire, tant il me paraissait improbable, comme le progrès d’ailleurs…”
Disponible à tout échange, car ouvert à tous, et grand amateur de dialectique, je vous salue bonnes gens.
gerardleroyartiste0yahoo.fr
Le 6/01/2006 à 21:17
Une dernière faute. Décidémment incorrigible… Mon adresse est gerardleroyartiste@yahoo.fr. J’avais frappé un 0 au lieu d’un arobase pour séparer les termes de l’adresse. Encore un symptôme : si l’on en croit internet, ce terme, prononcé AT, est le “nom français du signe @, ou “a commercial”, utilisé comme séparateur dans les adresses électroniques”. être ou ne pas être commercial, telle est la question… pour un artiste.
Je n’ai jamais caché mon courage, ou protégé mes intérêts, derrière un pseudo. Aussi, n’hésitez pas à correspondre.
Cordialement
gerardleroyartiste@yahoo.fr