L’impossibilité du “il”

Alors que dans Desperate Housewives , la faillite du masculin est de plus en plus patente (entérinée par un générique où, dans une traditionnelle représentation de l’Eden, une pomme écrase Adam), l’incipit du dernier Houellebecq me frappe par sa manière de condensation de la série et de la problématique du foyer :

« Il y avait sans doute une forme de bonheur domotique lié au fonctionnement commun, que nous ne parvenons plus à comprendre ; il y avait sans doute le plaisir de constituer un organisme fonctionnel, adéquat, conçu pour accomplir une série de tâches - et ces tâches, se répétant, constituaient la série discrète des jours. Tout cela a disparu, et la série des tâches. ». (La Possibilité d’une Ile, Fayard, 2005).

J’aime assez cette idée de boucle itérative, répétition des tâches et des jours, régulation de la vie domestique, monde clos, comme celui de la télévision.
Et par extrapolation, les jours comme les images, se répétant au sein de cet espace fermé. Ce sentiment confus que ces images répétées rendent compte curieusement de notre besoin du monde.

Tableau : Adam et Eve, Cranach.

8 réponses pour “L’impossibilité du “il””

  1. Phil dit :

    Je n’ai pas lu le Houellebecq, mais je trouve paradoxal ton commentaire, si je l’ai bien compris, avoir besoin du monde par le truchement de l’écran cathodique.
    Je persiste sans doute, mais ne vaut-il pas mieux se mêler au monde (c’est-à-dire sortir) que d’en avoir envie via la télévision ?
    Je ne comprend pas ce besoin d’un intermédiaire. Il faudrait le média pour avoir envie de. C’est la raison pour laquelle la publicité (la forme la plus basique de ce raisonnement) m’a toujours révulsée et me provoque toujours la réaction inverse : acheter plutôt le produit équivalent qui ne fait pas de publicité.

  2. sandrine dit :

    Mon commentaire était délibérément paradoxal ! :-)
    Je reprendrais ce que tu dis, en le retournant. Ce n’est pas la télévision qui me fait aimer le monde, mais pour autant, j’ai le sentiment, qu’elle me le donne.
    Ce flux d’images témoigne de mon besoin d’être au monde.
    Je veux dire par là qu’on est plus aujourd’hui, et relativement à ce medium, dans un rapport de subordination et de passivité, mais bien dans une relation égalitaire. Allumer la télévision ne revient plus à opter pour le repli, puisque ce qui nous est donné à voir, c’est le monde.
    Je pense essentiellement aux séries ici. C’est pourquoi, j’enchaîne ce billet avec ce qui suit plus haut.
    Et puis, je crois que ce n’est pas extrapoler que de mettre au même plan les activités domestiques et les images télévisuelles, liées dans la même temporalité, comme “régulation des jours”.
    Pour ce qui est de la pub, je partage. Mais ce n’était pas l’objet.

  3. myasz dit :

    L’Irlande, le pays où les écrivains paient le moins d’impôts.
    Nice, innit?

  4. lo dit :

    l’impossibilité du je
    -ou comment un commentaire disparaît sur la note suivante
    en bref un test ici
    vire, sandrine ;-)

  5. lo dit :

    petite chance…?
    nouveau commentaire a disparu, sur la même note, la suivante, tandis qu’ici ça fonctionne
    ha, mystères de l’informatique
    vire 2, sandrine

  6. .Moland.Fengkov. dit :

    Kaywa multiplie les bugs en ce moment…

  7. sandrine dit :

    Je ne sais que te dire,lo et déplore ces nombreux bug moi-même. Voilà une semaine que le moindre mouvement sur ce blog met en péril l’ensemble des commentaires qui disparaissent parfois pour réappéaraître soudainement. Idem pour les notes. Je n’ai pas pu répondre à Olivier ci-dessus pour les mêmes raisons que toi. J’ai pourtant alerté Roger, l’administrateur de kaywa sur le problème. Ceci explique aussi le quizz interdit encore différé. Imagine, si tous les commentaires s’évanouissent encore mystérieusement !

  8. lo dit :

    lynchéen…
    lh.

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