La beauté de l’ange déchu.

Crédits: Gabe Nevins dans Paranoid Park de Gus Van Sant et un autoportrait de Raphaël, peintre de la Renaissance italienne.

15 réponses pour “La beauté de l’ange déchu.”

  1. Frederic dit :

    incroyable parenté ! mais les lignes de fuite divergent… je ne sais plus où regarder…

  2. flo dit :

    L’affiche du film appuie d’ailleurs ce parallèle en évoquant très directement un portrait de la Renaissance…

  3. Blaise dit :

    ce rapprochement est extraordinaire

    PS: coucou ! (oui, c’est mon commentaire semestriel)

  4. versac dit :

    Amzing !!! On en veut d’autres ? Quelle est k’histoire de ce rapprochement ? Hasard ? Discussion ?

  5. Joachim dit :

    Dire qu’il a fallu attendre quatre siècles pour que revienne le même port du couvre-chef !

  6. Joachim dit :

    Et même cinq siècles puisque le portrait date de 1506.

  7. thierry dit :

    Le rapprochement est un poil tiré par les cheveux qu’ils ont d’ailleurs tous deux assez longs.
    On en retiendra surtout que rien n’est plus passé de mode que la mode elle-même.

  8. sandrine dit :

    Frédéric,
    Le strabisme a ses vertus. Non ?
    Flo,
    Si l’on parle de l’affiche française, la référence me paraît du coup moins évidente. Parlez-vous bien du poster où le jeune héros est vêtu d’un sweat à capuche ? Mais on reste effectivement dans le registre du portrait où le sujet a tout d’un séraphin.
    Blaise,
    Un commentaire de ta part, fut-il semestriel, me comblera toujours !
    Versac,
    L’histoire de ce rapprochement ? Ah, voilà une très bonne question qui appellerait des développements sur la rubrique “regards croisés” même.
    Mais pour te répondre plus spécifiquement sur Gus Van Sant, te dire que la première image que j’ai vue de Paranoid Park était un plan arrêté sur le visage du jeune acteur. Je venais de pénétrer dans le studio à Boulogne où Gus Van Sant était en plein mixage. J’ai été frappée par la beauté classique de l’acteur qui irradiait sur un écran géant. J’ai pensé en moi-même “c’est un ange”. J’ai fait l’interview du réalisateur mais rien de notre entretien n’a porté là-dessus. Puis, j’ai retrouvé l’équipe à Cannes, ai rencontré les acteurs, des adolescents américains typiques. Rien n’a été dit de plus à ce sujet. C’est en écrivant récemment un article fleuve sur le film que je me suis contrainte à revenir à mes impressions premières de spectatrice. Gus Van Sant a etudié la peinture avant d’opter en définitive pour le cinéma. J’avais vu quelques années auparavant une expo Raphael à Lille et le physique de l’acteur me faisait penser aux portraits du peintre. D’où ce rapprochement qui semble étayé depuis par des propos de l’auteur.
    Mais plus généralement, les regards croisés naissent d’une intuition ou du hasard encore. J’ai une mémoire visuelle assez développée. Je tombe la plulpart du temps sur des images qui m’inspirent d’autres univers et me donnent envie de les confronter. Le cinéma est un art qui se nourrit de toutes ces références.
    Ceci répond aussi à Thierry. Que les rapprochements paraissent hasardeux ne me dérangent guère car ce sont avant tout des hypothèses.
    Joachim,
    Tu crois que ça marcherait pour 50 Cents ?

  9. Thierry dit :

    A la fin de l’envoi… elle touche !
    Bien joué, Sandrine, je te tire mon couvre-chef. C’est sans doute mon propre manque qui m’étreignait. Je n’ai aucune mémoire visuelle, par contre, l’affective bouillonne. Mauvais pour mon métier de critique, mais tellement bon pour mon plaisir d’amoureux du cinéma : voir, revoir et revoir encore les mêmes films et s’en imprégner jusqu’à l’âme.
    Heureusement, il y a des personnes comme toi, Sandrine, qui me permettent de fixer cela quelque part dans l “‘intellect” afin d’en goûter mieux encore les sensations.
    Quand peut-on voir ton “article-fleuve” sur le film ? Encore combien de fois dormir ?

    Thierry

  10. sandrine dit :

    Cher Thierry,
    Que l’affectif bouillonne est une bonne chose je pense dans l’exercice critique, non ? Avez-vous vu le film ?
    Le texte en question sera à lire dans la revue Eclipses, à paraître à la rentrée 2007. La revue consacre une monographie à Gus Van Sant. A cette occasion, elle aborde l’intégralité de son oeuvre.
    On peut se procurer la publication dans toutes les FNAC de Paris et sa région, les librairies spécialisées (Jeu de Paume, Gibert, Le Lucernaire, MK2 Bibliothèque etc…). Le film sort le 25 octobre 2007 sur les écrans.

  11. Thierry dit :

    Eh bien, non, je ne l’ai pas encore vu, grrrr !
    Mais ça ne saurait tarder.
    Bonne soirée, très chère !

  12. jll dit :

    Rapprochement visuel incontestable. C’est le titre qui me parait sans doute un peu étrange. A 23 ans, Raphaël n’a rien ici d’un ange déchu et ne le sera jamais. Il meurt le jour de son anniversaire le 6 avril, un vendredi saint, à l’âge de 37 ans d’un excès d’amour diront certains, des suites de la malaria pensent les autres. Sa dépouille est exposée au Vatican, sous la Transfiguration, avant d’être transportée au Panthéon.

    Ceci dit, je n’ai pas encore vu Paranoïd Park (je compte sur Deauville pour le voir) hélas, ni lu ton article dans Eclipses, revue de cinéma dont je ne manque aucun numéro. Bravo pour ton ciné-club et dans l’attente de ton compte-rendu de Locarno.

  13. sandrine dit :

    jll,
    Désolée, le compte-rendu de Locarno s’est fait attendre et reste très partiel (pour ne pas dire partial). Cette histoire “d’ange déchu” concerne bien sûr le personnage d’Alex dans Paranoid Park mais pas le peintre dont j’ignorais la biographie jusqu’à il y a peu. D’ailleurs, merci pour ces repères qui sont fort intéressants. Je ne peux pas entrer dans de longs développements car j’ai promis d’en réserver l’exclusivité à la revue Eclipses (comme tu le sais, le rédac chef ne plaisante pas avec ces choses là ). Mais simplement te dire que Paranoid Park est le récit d’une innocence perdue et d’une chute. J’espère que tu pourras voir le film à Deauville. J’ai entendu dire qu’il y aurait une intégrale Van Sant mais à ce jour, je ne sais pas si l’info est confirmée.

  14. sk†ns dit :

    Maîtresse, merci pour la précision : « peintre de la Renaissance italienne.»

  15. Monsieur Prudhomme dit :

    Sandrine,
    innocence perdue certes, mais chute me semble contestable. Ou alors il faut l’entendre au sens ou Alex est déchu du paradis de l’enfance. Sinon il me semble qu’il s’agit plutôt d’une élévation : Alex devient adulte à travers les épreuves qu’il traverse. Il fait l’expérience de la responsabilité et de la solitude, quitte la jolie fille superficielle et commence à s’intéresser à une autre moins gracieuse, mais mature et perspicace.

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