La fille à la valise

Quitter Paris, le froid, les grèves. Faire escale à Rome mais de la ville éternelle, battue par la pluie, ne voir que son aéroport. Prendre un avion pour la Grèce, s’endormir avant le décollage, ouvrir un œil plus tard et se retrouver entre ciel et terre. Capituler, se rendormir. Ce n’est plus un voyage, mais presque la “science des rêves”. Pour un peu, on se sentirait comme le William Blake de Dead Man, à aligner les fondus au noir, à osciller entre conscience et déphasage. Heureux sursaut : je me réveille pour de bon à l’approche de Thessalonique. La ville se découpe sur fond de mer turquoise. A l’arrivée, troquer l’écharpe contre les lunettes de soleil est une nécessité. Contre toute attente, il fait 18 degrés. Je ne suis jamais venue en Grèce mais ai décidé de vivre littéralement les « voyages en cinéphilie » promis dans l’intitulé de ce blog. Ce n’est qu’un début, comme vous le verrez bientôt…
Il y a quelques semaines le Festival de Thessalonique m’a invitée pour sa 48è édition. Première fois que je participe en tant que blogueuse à un festival de cinéma. La manifestation ouvre enfin la voie de la reconnaissance des blogs en tant que médias. D’ailleurs, une table ronde est consacrée au thème pendant la manifestation. Me voici donc pour 5 jours, logée à proximité du port qui héberge les bureaux du festival et quelques projections. Eva, mon ange gardien me récupère un peu déboussolée à l’aéroport. Je suis bien arrivée mais ma valise non. J’écris ces lignes dans ma chambre d’hôtel, vêtue d’un t-shirt Nokia du meilleur effet que j’ai trouvé dans le sac du festivalier. C’est parti pour être mon seul change pendant une semaine. Ma valise a été perdue qui aurait néanmoins transité par Milan, aux dernières nouvelles.
Sans appareil photo, ni dictaphone et autres périphériques, il va être compliqué de bloguer. Mais il reste toujours les films, ceux qui vous enveloppent comme des vêtements chauds et font de vous des citoyens du monde. D’eux, je parlerai au fil des jours, avec mes valises…sous les yeux.

3 réponses pour “La fille à la valise”

  1. Frederic dit :

    Je me suis permis d’envoyer trois Tchétchènes régler son compte au bagagiste de l’aéroport…

    Bons films, bon Nokia…

  2. Richard dit :

    Je sais depuis une mésaventure semblable à l’autre bout du monde (6 jours sans sac) qu’il faut garder avec soi les appareils, leurs chargeurs et les branchements… J’aurais dû te le dire avant, zut. Cela dit, l’essentiel est dans tes yeux : bons films !

  3. sandrine dit :

    Frédéric,
    Les tchétchènes contre la mafia italienne ? Voilà de quoi créér un incident diplomatique. Quoi qu’il advienne, ne voyagez jamais avec Alitalia. Il paraît que ce genre de choses est fréquent avec leur compagnie.
    Richard,
    Ca aurait pu être pire à vrai dire. J’ai mon ordinateur avec moi et la batterie. Je me sens moins isolée. Où était ce voyage à l’autre bout du monde ? Et oui, les films sont bons, même très bons. J’en ai vu déjà pas mal en une journée et demi de présence.

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