La mémoire dans la peau
Si “la peau est un langage”, comme l’affirme Roland Barthes, Prison Break rivalise d’éloquence. Dernière née des studios de la Fox (matrice de 24, déjà un vestige télévisuel), la série élabore, à partir de l’argument dermique, son dispositif complexe.
Michael Scofield (vous murmurerez ce nom nuitamment), ingénieur de formation, organise son incarcération dans un pénitencier où son frère va être exécuté pour le meurtre d’un parent de la vice-présidente des Etats-Unis. Sur sa peau tatouée, les plans de la prison, reproduits en vue d’une évasion réglée comme du papier à musique.
Du moins, le pense t-on, car le plan parfait, à l’aune des contingences humaines et environnementales, doit sans cesse être réévalué. C’est là, la force de cette série que de bouleverser inlassablement son programme. Chaque épisode abandonne les protagonistes dans une situation impossible, une béance scénaristique qu’il s’agit de colmater.
L’action s’en remet à cette gageure narrative : l’invention en direct d’un récit haletant qui doit trouver, au même titre que les prisonniers, les ressources et stratégies pour prendre la tangente. Différée, l’exécution du plan d’évasion compose avec des contraintes de réécriture permanente d’un scénario qu’incarne littéralement Scofield.
Série méta, Prison Break réunit toutes les instances de la production. A la fois scénariste et metteur en scène, le héros intègre, dans son script cutané ses co-détenus, à qui il assigne un rôle. Distribution aléatoire, laquelle précarise davantage l’audacieuse entreprise de fuite, inscrite dans une petite économie. C’est là qu’intervient la figure du producteur incarnée par le plus vieux détenu, D.B Cooper, un gangster old school, assurément la réminiscence de l’âge d’or des studios hollywoodiens. Braqueur légendaire, il fournit les moyens financiers de l’évasion. Prison Break serait alors l’équivalent, pour le cinéma, d’une production indépendante sophistiquée.
Autre intérêt (et non des moindres), le traitement original de l’espace, fondé sur une inversion. L’univers carcéral, réputé hermétique, devient un lieu de circulation, à mesure que Scofield en investit l’ossature, quand l’extérieur, peu à peu, se réduit. L’avocate zélée, les proches et familles de détenus voient leur espace s’amenuiser, contaminé par les mouvements invisibles à l’intérieur de la prison.
La saison 2 intervient après l’évasion du pénitencier de Fox River. Nouveau décor, le dehors, réseau dense de lignes, appelle un nécessaire décryptage, comme à l’intérieur de la prison. Traqués, les ex détenus restent sous surveillance et leur liberté, toute conditionnelle, commence avec la peau.
Photogramme : Wentworth Miller dans Prison Break, saison 1.
Barthes, Fragments d’un Discours amoureux.


Le 24/09/2006 à 11:28
bon ok, il est beau, il est tatoué tout ça… mais j’ai entendu dire que la série n’était pas si bonne que ça…
Le 24/09/2006 à 13:28
Ce n’est pas une grande série, mais le dispositif fonctionne à merveille et l’ensemble est haletant. Quant à Wentworth Miller… ne soyez pas jaloux, voyons ! C’est juste un petit béguin du moment.
Le 24/09/2006 à 14:50
dans le premier épisode de oz, tobias beecher, sourire aux lèvres, salue un prisonnier qui le rabroue durement
rip that smile off your face, you don’t smile here
lui dit-il froidement avant de regagner sa place dans la file du réfectoire
le sourire s’efface automatiquement, le code social fond, le nouvel univers mis en place, sauvage et impitoyable, aura raison de l’homme du dehors
prison break, à l’image de son titre, propose un séjour de vacances dans une prison banale, alors c’est vrai, sandrine, le tatouage est beau et le rendez-vous hebdomadaire est pris, mais à quelle fin?
j’attends ton texte
lh.
Le 24/09/2006 à 16:49
C’est un tatouage comme ça que je voulais. Vous croyez que ce sont des idées au gramme ?
Johnny, le dernier rebelle.
Le 24/09/2006 à 17:08
lo,
Tu connais mes lacunes concernant Oz dont je n’ai vu que des épisodes épars. Prison Break n’est ps investi par la même métaphysique (quoi que le mafieux Abruzzi a une révélation) et me parait nettement moins violent que Oz. De là à dire que c’est vain.. je peux en juger difficilement. Mais le dispositif de Prison Break me passionne. Ce scénario incarné, j’aime beaucoup.
C’est intéressant ce que tu dis sur le sourire. Celui de Wentworth Miller est très ambigu : à la fois souverain et ironique. Comme je suis une obsédée de contrôle, j’ai trouvé dans le personnage une figure élective. Et que le plan lui échappe constamment me met dans des états de stress pas possibles.
Johnny,
On pourrait vous tatouer Mein Kampf sur le cul que vous seriez convaincu de lire les évangiles.
Le 24/09/2006 à 17:18
Puisu’au moment où j’ai laissé un commentaire, votre article n’était pas encore publié, je vais devoir ravaler ma jalousie, et me jeter sur cette série, ce que vous en dites me donne envie…
la saison 2 existe déjà ?
Le 24/09/2006 à 18:05
Oui, elle est en cours de diffusion en ce moment aux Etats-Unis. Les 5 premiers épisodes sont d’ores et déjà disponibles où vous savez…
Le 24/09/2006 à 18:21
je vais déjà regarder la saison 1 et si ça me plait, vous me prêterez la deux ?
Le 24/09/2006 à 18:24
La saison 1 passe actuellement sur M6, le jeudi soir mais la VF est décourageante, ainsi que les coupures pub. Pour la saison 2, that’s a deal !
Le 24/09/2006 à 21:35
Pendant qu’on y est, je me permets de signaler le pilote d’une nouvelle série intitulée The Nine (là où vous savez - 1er épisode dans les jours qui viennent) qui me semble particulièrement réussie dans le genre meta (9 personnages en quête d’auteur+ un Lost urbain et policier) ainsi que le premier épisode de Six Degrees (également là où vous savez) la dernière production du wonder boy JJ.
Le 24/09/2006 à 22:41
Indispensable Tlön,
Je n’aurai pas assez de l’automne, ni de l’hiver pour épuiser toutes ces promesses sérielles. Merci !
Le 25/09/2006 à 00:14
billet posté à 3h47… nous nous sommes ratés de très peu…
Le 25/09/2006 à 00:24
Je sortais d’un rêve étrange et pénétrant qui mettait en scène l’acteur tatoué ci-dessus. Impossible de fermer l’oeil ensuite…
Le 25/09/2006 à 14:34
Salut voulez vous faire un échange de liens ?
Le 25/09/2006 à 14:37
Marché conclu !
Le 25/09/2006 à 19:12
Chère Sandrine, cher Tlön,
Je sais que nous savons tous que vous savez qu’ils savent ce que vous savez du lieu qu’il faut savoir. Mais, de grâce, faites comme si personne n’était au courant !
Le 26/09/2006 à 14:39
ah ah ah ah
Le 26/09/2006 à 18:25
On dirait du Guido Buzzelli…
Le 26/09/2006 à 19:07
on dirait du Torticolli…
Le 26/09/2006 à 19:56
Du Torticolli, oui, mais période bleue !
Le 26/09/2006 à 21:16
Tlön,
Etant aussi nulle dans le maniement de Photoshop qu’en matière de BD, il m’a fallu faire un détour par Gueugueule pour savoir qui était Guido Buzzelli. Hé bien j’avoue que je ne vois pas, dans ce photomontage grossier, un quelconque lien avec l’univers du dessinateur. M’éclairerais-tu, ô Lumière ?
(PS : j’aimerais bien que l’intéressé se manifeste car j’assume de moins en moins cette fantaisie, inspirée par l’hypoglycémie).
Le 26/09/2006 à 22:00
Sacrilège ! Le frère de Scofield a été condamné à mort pour le meurtre du frère du vice-président et non pas de ce dernier ! C’est pourtant simple, le frère de est accusé d’avoir tué le second frère de.
Sandrine, vous pourriez suivre quand même.
Le 26/09/2006 à 22:03
Omar,
Vous auriez du préciser : le frère de LA vice-présidentE ! Vous pourriez suivre vous aussi ! Oh la la ! Je rectifie.
Le 26/09/2006 à 22:11
C’est cornélien toutes ces histoires de frères ! Ca fait des répétitions. Vosu apprécierez la pirouette, cher Omar !
Le 27/09/2006 à 07:17
Je le dis Haute et Effort : Prison Break est une grande série!!!
Le 27/09/2006 à 09:45
L’univers de Buzzelli etait rempli d’être hybride (homme à tête de chien, animaux composites… )et de personnages distordus. Le photomontage, le corps tatoué, la position improbable de la tête m’ont fait fait penser à ce dessinateur italien dont les récits, vraiment très dérageants, paraissaient dans Charlie-Mensuel. (il est vrai que les photos sur Google ne sont pas très représentatives)
Le 27/09/2006 à 14:25
Plutôt qu’à Buzzelli, cet éphèbe me ferait plutôt penser aux néo-corps de Liberatore, autre dessinateur italien assez précurseur.
Le 27/09/2006 à 14:45
Je me délecte…Vos mots, l’intelligence qui suinte, vos analyses éclairantes, Sandrine, quelle racine de gingembre pour l’esprit. Qu’importe que vous soyez femelle, tiens. Je vous aime. (en sus, vous aimez ce que j’aime, ce qui me fonde à apprécier d’autant plus mes jeudis soir).
Le 27/09/2006 à 15:24
Pas mal le tatouage. En fait, c’est même très … affolant! Je comprends votre rêve, Sandrine. Miller pas mal dans The Human Stain de Benton où il joue le jeune Coleman Silk (joué par Anthony Hopkins). Quant à la série télé, rien à dire, je ne regarde pas.
Le 27/09/2006 à 19:01
Je pense que tu as manqué un épisode ( non que ** ne soit pas un éphèbe !) celui du photomontage.
Le 29/09/2006 à 07:52
Après pareille mise en bouche, j’ai regardé et apprécié la série (prise en route, mais puisque j’en connaissais les prémices…)
Pourtant, au réveil, point de rêve étrange ni pénétrant… aurais-je manqué quelques plans subliminaux … ?
Le 29/09/2006 à 21:48
Ce qui me gène dans cette série, c’est qu’elle repose avant tout sur le scénario, et que certains points au mieux prévisibles (la découverte accidentelle du trou derrière le lavabo par T. Bag, pendant la mutinerie), au pire pompés (le piège que tend Scofield au maffieux qu’il envoie au Canada repose sur les mêmes ficelles que celles utilisées par J. Demme dans le silence de agneaux, quand on croit que le FBI a trouvé la planque de buffalo Bill, alors qu’ils prennent d’assaut une maison vide et que c’est Starling qui sonne innocemment à la porte du grand méchant loup). Quant à l’idée du tatouage, je me demande si les créateurs de la série n’auraient pas visionné les premiers épisodes de la série animée nippone “Cobra”, où les protagonistes partent en chasse de l’Arme absolue, dont l’emplacement se trouve indiqué sur le tatouage dessiné sur le dos de trois soeurs qu’il convient de superposer pour découvrir la carte au trésor…
Le 30/09/2006 à 11:17
Tlön,
Depuis, j’ai efectivement trouvé des reproductions plus probantes qui corroborent ton propos.
Anakin,
Pour quelqu’un qui “vit fatigué”, quelle énergie !
SoE,
Alors nous voilà dans un cas de figure inédit où deux blogueuses, pétries d’une admiration mutuelle, tombèrent amoureuses en direct !
Kate,
Je me souviens en effet de Miller dans ce film où je l’avais découvert et d’ailleurs, j’avais été gênée par son physique et ce sourire à la fois ironique et assuré, perpétuellement vissé sur son visage. Ce n’est pas comme cela que j’imaginais le personnage de Roth. Quelle catastrophe cette adaptation !
Frédéric,
A l’évidence, tu n’as pas fait la connaissance du Dr Sara Tancredi et ses gants de latex…
Moland,
Le scénario est, au contraire, la grande force de la série qui mise absolument tout sur l’écriture. Maintenant, tu relèves des citations et clins d’oeil tout à fait pertinents mais je ne vois pas en quoi ils nuisent à l’ensemble qui reste haletant et bien ficelé. Tu peux avoir l’illusion d’anticiper le récit mais ça ne tiendra pas bien longtemps. Chaque épisode est comme une équation qu’il s’agit de résoudre…
Le 3/10/2006 à 01:29
bon ok, la fin de la saison 1 est emballante et la saison 2 fonctionne à merveille. Conquis…
Ne faites pas de mal au doc !
Le 26/06/2007 à 23:37
Jet’aime
Le 15/08/2007 à 20:00
On pt dire que les sries de prison break son rusites se qui est de Wentworth miller lui il tt simplement mignion trs beau il de us beau yeux il la mme couleur que les mien continuer com ca surtout Wentworth miller
Le 15/08/2007 à 20:09
Wentworth miller tu est l’homme de ma vie tu est tp beau eu tu manequin
Le 15/08/2007 à 20:13
Slt je trouve que la srie est tres bizarre!
Le 15/08/2007 à 20:23
La sri n’est ps bizare com tu eu elle est trop cool eu trop gnial mes quand je sarha embrases michael scofield l’tait jaloux eu puis elle pas belle eu sucr il carton trop dans la srie et je dijongter lui est trop bizarre sa oui mais encor une dois continuer vous tes trop cools bizzou
Le 15/08/2007 à 22:27
Je crac compltement pots mme s’il 34 ans mais avec sa celle tte d’amie ont disais to garon de 22ou 24 ans ms il est totalement beau l’ai envir de je prendre dans mes bras en plus jamais le lacher eu lui donner des”embrasser” lol mes je l’aime trop beau coi
Le 15/08/2007 à 22:36
Wentworth miller je t’aime je suis amoureuse de toi tu est beau mais la srie elle est trop l’aide eu rp trop con com ri on pouvais s’chaper d’une prison