Le bruit qui semble les fasciner
Nous comprîmes l’emprisonnement que c’est d’être une fille qui vous oblige à réfléchir et à rêver et finit par vous apprendre à marier les couleurs.
Nous apprîmes que les filles sont des femmes déguisées, qu’elles comprennent l’amour et même la mort et que notre tâche est de faire le bruit qui semble les fasciner.Nous apprîmes qu’elles savent tout de nous alors qu’elles nous demeurent insaisissables.
Extrait d’un monologue de Virgin Suicides.


Le 5/08/2006 à 17:07
C’est beau.
Le 5/08/2006 à 17:48
Et quel bel usage du passé simple !
Le 5/08/2006 à 20:20
Très belle capture Sandrine !
Le 5/08/2006 à 22:56
Allez hop ! je vais revoir Virgin Suicides, car à la première vision, j’avais trouvé ça un peu vain. Le monologue que vous citez me fait penser que j’ai du me tromper… D’un autre côté, ses films suivants venaient confirmer ma première impression.
C’est doux, acidulé comme un roudoudou, et ça laisse un gout chimique dans la bouche…
Je peux me tromper…
Le 6/08/2006 à 00:47
Oui, ce monologue est très beau.
“les filles sont des femmes déguisées” je crois que c’est vraiment la meilleure formulation du thème décliné par Sofia Coppola dans sa “trilogie”…
Le 6/08/2006 à 01:29
Je me donnai grand mal à faire cette capture qui ravît vos yeux, Carlito et appréciai qu’Eliot ne dédaignât point, à l’instar de certains plumitifs bien identifiés sur la place parisienne, l’emploi du passé simple.
Sweetback,
Vous êtes maintenant en lien chez moi. Je suis désolée mais vous l’avez bien cherché ! Revoyez le film, le meilleur de la trilogie, à l’aune aussi du billet précédent et de l’analyse in extenso que j’avais pu en faire à l’époque (j’ai remis un lien). Il y a là-dedans une violence qui vous sidérera.
Acidulé, en effet.
David,
Merci pour le lien sur votre texte. Marie-Antoinette me paraît nettement en-deçà de Virgin Suicides. Il faut savoir que ce thème récurrent de l’enfermement occupait Sofia Coppola bien avant qu’elle ne devienne cinéaste. Elle avait signé pour son père le scénario du sketch qu’il a réalisé dans le cadre du film New York Stories (une gamine s’ennuie dans un appartement).
Le 6/08/2006 à 01:48
J’oubliai : la capture intervient au moment où les jeunes garçons lisent le journal intime de Cécilia…
Le 6/08/2006 à 11:00
Merci Sandrine pour mon lien chez vous…
Je vous rends la pareille. Ma politique étant de linker tou(te)s ce(lles)ux qui déposent un commentaire chez moi.
Cela dit, je ne vois pas en quoi “je l’ai bien mérité”. Je ne savais pas que cela se méritait justement. Pas encore revu Virgin Suicides, un fois que ce sera fait, je vous tiendrai au courant, en espérant qu’effectivement, j’y trouve plus d’intérêt quèà ma première vision.
Le 6/08/2006 à 11:17
Vous aurez mal lu… Il n’est pas question de mérite ! :-)
Le 6/08/2006 à 15:39
Après la nouvelle vision du film de Sofia Coppola (et la lecture de votre passionnant texte) je reviens quelque peu sur ma première impression tout en retrouvant malgré tout ce qui me dérangeait déjà profondemment.
Je sais qu’on dira que mon reproche manque d’honnêteté, mais à mon sens le film est trop “parfait”. Je m’explique. Toutes les intentions (que vous relevez d’ailleurs dans votre analyse) m’apparaissent parfaitement mises en scène. Tout y est parfaitement clair, précisément dit, presque trop explicité grace à une direction artistique hors pair, à une photo sublime, bref nous sommes là confronté à du cinéma dans ce qu’il à de meilleur. Mais, je trouve l’ensemble trop théorique, trop froid, donc finalement dénué de toute sensibilité, c’est ce qui fait je crois toute la différence entre un bon film et une véritable oeuvre. Ce déficit d’émotion tend à me placer comme extérieur au film, simple spectateur là où je voudrais en être un des acteurs. Certainement que l’intelligence et le clinquant exposés accentuent ce sentiment. C’est d’ailleurs le reproche que je ferai aux films suivants de la réalisatrice. Deux séquences trouvent malgré tout grace à mes yeux, sans doute parce que ces séquence font appel à plus de “circulation”. Celle des disques qui dialoguent par téléphone (et là justement le split-screen, vient - presque encore une fois - trop surligner, cette circulation), car il se joue ici, justement un échange, une communication, dans le film qui m’en semble toujours privé. Et, la séquence finale du suicide collectif, où, comme vous l’avez justement remarqué, les moyens utilisés pour ces suicides sont tous plus ou moins liés à une idée d’asphyxie et d’étouffement. La sobriété utilisée dans cette séquence est touchante. La “joliesse” du film s’échappe ici pour laisser véritablement la place à la mort.
Voilà à peu près ce que je voulais vous en dire…
Le 6/08/2006 à 15:44
Je suis assez d’accord pour dire que Virgin Suicide dépasse (de loin ?) Marie-Antoinette. Il y a quelque chose d’important dans le regard, le point de vue : jeunes filles / jeunes garçons, qu’on retrouve dans last in translation avec les deux personnages principaux, mais qui disparaît dans MA focalisé sur la jeune fille…
Mais sans abuser de politique des auteurs, la réunion des trois films, la déclinaison du thème me parait vraiment intéressante. Je n’ai pas vu New York Stories, je vais essayer de trouver ça.
Le 6/08/2006 à 16:54
“She was the still point of the turning world”
Le 6/08/2006 à 17:46
Je n’ai pas encore vu M-Antoinette, mais j’ai pas l’impression d’avoir manqué grand chose
Le 11/08/2006 à 20:21
j’ai adoré ce film, original
je me rappelle plus de ce monologue, mais c’est beau
Le 28/01/2008 à 16:57
Il faut lire le livre. Personnellement, le film ne m’a touché qu’à partir du moment où j’ai lu le livre original … Je les trouve complémentaires.