Les yeux grand ouverts
Dans son dernier chef d’œuvre de noirceur, Spielberg raconte une histoire personnelle de l’œil, laquelle s’accomplit dans la béance. Qu’est-ce que La Guerre des Mondes ? Un œil crevé.
Véritable odyssée du regard, le film ne met pas en scène la faillite d’un père mais bien une hémorragie du “voir”. Pendants organiques à cette effusion, les Tripodes, cyclopes qui trouvent dans l’herbe rouge viscérale, leur nerf optique. Les machines incarnent la surpuissance du “voir”. Une fois éventrées, elles déversent leur humeur (la cuve de sang) dans une séquence finale qui évoque l’œil lacéré du Chien Andalou de Bunuel.
Premier coup porté à l’intégrité de l’organe oculaire, le trou dans la vitre, percée du canal, ouverture de la brèche salutaire et délétère par où s’engouffre le visible, et partant, la connaissance. Dans la mire, s’inscrit le père puis, plus tard sa fille, à travers un pare-brise. Rien ne peut dès lors enrayer l’endémie. C’est inéluctable : une fois que les personnages ouvrent les yeux, ils ne pourront plus jamais les fermer.
- Don’t he never sleep ? s’exclamait le garçonnet dans La Nuit du Chasseur, à propos de l’inhumain pasteur (vraie machine de mort lui aussi), lancé à ses trousses. Autrement dit, “ne ferme t-il jamais les yeux” ?
La monstruosité se matérialise à travers cette surexposition au et du réel. A cette différence que dans La Guerre des Mondes, le moindre cillement de l’œil s’avère crucial. Il y a donc déplacement d’un film à l’autre, du monstre à l’enfant. La jeune héroïne, chez Spielberg, devient ce monstre de clair-voyance.
“Garder les yeux grand ouverts”, telle est l’injonction. Tim Robbins, l’ancien ambulancier, rappelle que seuls les blessés qui restent les yeux ouverts jusqu’à l’hôpital ont une chance de s’en sortir. Avant de sombrer dans la folie.
Le monde aveugle, cavités d’où émergent les robots, révèle son insoutenable vérité, sa béance monstrueuse. L’horreur se dévoile par une autre métonymie : la croisée d’une fenêtre, celle-là même par laquelle le mal est entré, avec la balle de base ball. La vitre, et avant elle les écrans de télévision, derniers remparts de distanciation, ont volé en éclats depuis longtemps, selon la logique de l’œil crevé, évidé de sa substance. Impossible de se dérober au mal.
Loin d’être un énième récit de préservation du groupe, La Guerre des Mondes, au contraire, entérine l’idée que les enfants doivent faire par eux-mêmes leur propre expérience du mal. Le père aura beau boucher la vue de sa progéniture, la fillette dorénavant sait et voit avant tout le monde : les cadavres dérivant sur le lit du fleuve (scène primitive et envers mortifère de La Nuit du Chasseur) ou le tripode sur les hauteurs de la colline, quand un cortège de dos tournés l’ignore encore. Le fils s’affranchit, quant à lui, de la tutelle paternelle, pour éprouver seul son regard :
- Il faut que je voie ça !
En somme, c’est par l’occlusion que la vérité advient dans La Guerre des Mondes. Là où Spielberg réaffirme magistralement l’omnipotence du regard, un certain cinéma américain tend vers la cécité, un cloisonnement accru du visible.
Le film de Spielberg inspire de belles notes, à lire ici et là.



Le 13/07/2005 à 01:50
Quel courage !
Le 13/07/2005 à 07:39
C’est l’aube ! C’est l’aube !
Le 13/07/2005 à 08:39
Le soleil vient de se lever (mais il est encore caché)
Sur une belle journée (annonce la météo)
Et toujours pas de texte publié !!!
A ces lecteurs impatients qui se lève si tôt !!
Aucune indulgence…
Tout ça pour les beaux yeux d’un scientologue… :-)
Le 13/07/2005 à 09:03
Bien vu la photo de La Guerre des mondes… Dakota Fanning a de ces yeux !
Le 13/07/2005 à 10:02
L’ai vu… un seul moment intéressant, celui où un des protagonistes, devant l’arrivée des ET, s’exclame “mais ça vient d’où ? D’Europe ?”
>> la salle hurle de rire.
A part ça, RAS : enfilade de clichés narratifs et de non-événements.
Si, un seul : une petite fille qui me fait penser à celle de Jeux Interdits. Eclipse.
Le 13/07/2005 à 11:00
Toutes mes excuses au lecteur lève-tôt :j’ai présumé de ma disponibilité, en annonçant mon texte pour le point du jour. Je m’y colle au plus vite. Croix de bois, croix de fer !
En tout cas, je suis très satisfaite de trouver des détracteurs du film.
Willy, rien d’étonnant ! Writ (bienvenue), je vais m’employer à vous convaincre.
Vous pouvez d’ores et déjà aller lire la belle critique de Sébastien qui, outre trépigner d’impatience, est aussi en lien chez moi.
Enro (bienvenue chez les fous !) : vous avez tout compris. L’essentiel, c’est bien les yeux hallucinés de Dakota Fanning !
Le 13/07/2005 à 13:54
Y a-t-il un lien avec les regards des enfants dans le Village des damnés ? C’est ce qu’il semble sur la photo du moins, j’espère que je n’anticipe pas trop sur le texte…
Le 13/07/2005 à 14:00
Prenez votre temps, il y a pas mal à dire. Vu le film ce Week en en Hollande, j’y allais sans beaucoup d’enthousiasme, mais à l’exception de la fin, comme souvent chez Spielberg, j’ai été embarqué. J’ai hate de vous lire et je prépare quelque chose de mon côté.
A bientôt
Le 13/07/2005 à 14:16
Phil,
Non, tu n’anticipes pas du tout sur le texte à venir car je ne comptais pas évoquer Carpenter mais bien m’attacher uniquement à la mise en scène magistrale de Spielberg, autour de la thématique du regard. Mais je n’en dirai pas plus pour le moment. :-)
PS : as-tu reçu mon mail à propos du veejaying ?
Vincent,
Effectivement, il y a beaucoup à dire et je te remercie de ton soutien ! :-) J’ai le même ressenti que vous : des joies de la spectacularisation, du sentiment mitigé suscité par le happy end.
Texte ce soir donc car malheureusement écrire sur le cinéma n’est pas mon job à temps plein !
Le 13/07/2005 à 19:16
premier plan du film absolument pas crédible, tout comme la mot de la fin!!!
spielberg après Le Terminal plutôt sympathoche, nous offre un mauvais film ponctué d’une morale divine et providencielle, une oeuvre de propagande scientologique en somme…
Le 13/07/2005 à 20:11
Ce film est l’un des films les plus importants de ces dernières années.
Le 14/07/2005 à 00:48
n’importe quoi!!!
ps: c du 200ème degré où je ne m’y connais pas
Le 14/07/2005 à 00:55
First degree.
(Tirez your own conclusion.)
Le 14/07/2005 à 01:04
“premier plan du film absolument pas crédible, tout comme la mot de la fin!!!
spielberg après Le Terminal plutôt sympathoche, nous offre un mauvais film ponctué d’une morale divine et providencielle, une oeuvre de propagande scientologique en somme…”
la morale, c’est celle du livre, que vous n’avez manifestement pas lu… HG Wells l’a écrit au début du 20e siècle, et la scientologie n’existait alors pas…
Le 14/07/2005 à 01:24
Je crois que mon appréciation du film ne laisse aucun doute ! :-)
C’est étrange d’écrire un billet sur le décloisonnement du regard, et de constater qu’il n’y a pas qu’au cinéma qu’il y a des aveugles !
Je rejoins Tlön dans ses excès amoureux, en dépit de quelques réserves sur la fin. Mais j’attends les lumières de JS à ce sujet. L’occasion de ferrailler encore et toujours !
Le 14/07/2005 à 08:45
Décidément, ce film est effectivement une source d’inspiration intarissable… Tout cela est très juste, il s’agit d’une réelle preuve à charge contre les détracteurs du film, en particulier ceux qui snobent sa mise en scène. Merci
Le 14/07/2005 à 11:10
Juste pour signaler également l’intelligence de l’adaptation du roman de Wells (relu pour l’occasion) qui commence par le thème du regard et se clos par le même.
Le 14/07/2005 à 12:05
S. me rappelait, en sortant de la première vision du film (la seconde pour elle), que les plus belles adapatations sont les plus infidèles : c’est quand même fort : le personnage de Cruise n’existe pas dans le bouquin original ! De même, celui que jour Tim Robbins est carrément un mix de 3 personnages du roman de Wells : son nom, Ogilvy, est celui d’un scientifique, si je me souviens bien, qui meurt dès les premières pages du récit. Son discours sur la résistance, c’est celui de l’artilleur, et enfin, sa folie est empruntée à celle du vicaire. J’adeure !
Le 14/07/2005 à 12:18
Ce qui est également terrifiant (qulqu’un en parle sur l’un des posts référencés ici et là), c’est cet irrépressible besoin de regarder, quand bien même le danger est évident. Là où d’autres s’amusaraient à faire courir la foule dès le premier bout de tripode sorti de terre, spielberg temporise, s’attarde sur une fuite de quelques pas, de quelques mètres, le temps de réajuster son camescope, ou son appareil numérique, avatars modernes du regard. L’homme alors rédui à l’état de lapin devant des phares ou des papillons devant une ampoule qui ne tardera pas à les griller. Bzzzttt ! l’homme au camescope…
Le 14/07/2005 à 13:24
Sur la fin du film : j’ai eu la même intuition que Zohiloff mais il l’exprime mieux que moi. C’est le final de la Prisonnière du Désert de Ford ! C’est “je te ramène ta fille”. C’est la cadrage de la porte et du porche. Finalement, je vais finir par l’apprécier, cett fin.
Sur la scientologie : ça me semble franchement hors sujet.
Le 14/07/2005 à 16:29
.Moland, n’ayant pas encore vu le film (dans 2 semaines seulement), je ne veux pas trop lire les textes pour ne pas déflorer le plaisir de la découverte, mais par rapport à ce que tu évoques au niveaux des choix de personnages, n’est-ce pas plutôt dû au talent du ou des scénaristes (je ne sais rien sur le film), car l’écriture est primordiale, surtout dans le cas d’une adaptation ?
Cette remarque ne dénie en rien le possible talent de Spielberg, notamment sur le jeu du regard que semble évoquer S., mais mérite une réelle interrogation.
Le 15/07/2005 à 02:00
brillante analyse Sandrine, vraiment…(les yeux, le regard, ça travaille Spielberg depuis quelques temps : je me souviens de cette image inoubliable dans “Minority Report” de Tom Cruise poursuivant ses propres yeux qui dévalent une pente…Minority report, autre film où la question du regard tient un importante capitale…)
Le 15/07/2005 à 22:33
Je ne vois toujours pas pourquoi je me servirais de mes yeux pour regarder ailleurs ce que j’ai envie de voir ici.
Le 15/07/2005 à 23:25
- First service…
- Out !
- Second service…
- Out !
- Double faute.
Le 16/07/2005 à 14:39
(En direct de mon lieu de villégiature, 15 mn de connexion m’a dit la dame de l’office du tourisme) : je ne comprends pas le sens des deux derniers commentaires.
Can Niala et Scanner be more explicit ou ai-je déjà le cerveau ramolli par 3 journées de plage intensives ?
Love.
S.
Le 16/07/2005 à 16:30
Y’en a qui y voient plutôt une hsitorie du métal : http://www.benzinemag.net/cinema/guerre_des_mondes.htm
Le 16/07/2005 à 16:31
histoire, pardon…
Le 16/07/2005 à 17:45
Nothing to worry about…
Seulement le « service des yeux » that made me react, foolish pour foolish, tac au tac. The machine has quelquefois his own irrational behavior, savez. I must have had un coup (et not du plomb) dans l’aile.
Enjoy farniente mam’zelle. I’ll stay quiet.
Le 17/07/2005 à 02:04
Et moi qui suis en train de regarder “la nuit des morts vivants” de Romero …
Le 17/07/2005 à 21:26
Mlle Folie a de saines fréquentations cinéphiles ! :-)
Le 18/07/2005 à 15:05
la morale, c’est celle du livre, que vous n’avez manifestement pas lu… HG Wells l’a écrit au début du 20e siècle, et la scientologie n’existait alors pas…
réponse:
peut -etre que la scientologie n’existait pas du temps de welles, evidemment que dis-je!
peut-être que je n’ai pas lu le bouqui, c’est d’ailleurs vrai: je n’ai pas lu “la guerre des mondes”.
maintenant qu’est-ce qui m’empêche, comme simple spectateur, de pouvoir critiqué ce film de Spielberg.
La guerre des mondes est antérieur à l’eglise de scientologie, donc, qu’est-qui m’empêche de penser qu’elle est l’une des ouevres ayant pu inspirer son fondateur?
qu’est-ce qui m’empêche de penser que Spielberg, sous la pression plus ou moins perceptible de son producteur “Cruise” a offert un film de propagande scientologique…
malgré les qualités incontestables de mise en scène, Spielberg s’est peut-être planté!
a vérifier…
Le 19/07/2005 à 00:06
Sandrine, votre note est cent fois, mille fois plus belle et intéressante que le film. Il ne la mérite pas, mais en revanche vous avez du mérite d’avoir créé ce réseau de pensées et d’images… Vous ne parlez pas tant de ce qui est dans le film, que dans la caméra de vos yeux.
Oui, bien sûr, on peut arguer, avec justesse du reste, qu’un film ou une image est ce qui est vu, est le regard déjà ; mais justement, parfois aussi le regardant prend le pas sur le regardé, le dépasse, existe en dehors de lui.
C’est votre regard qui présente un intérêt dans cette “affaire” : pas l’objet regardé. Si vous étiez cinéaste, vous feriez une Guerre des Mondes que j’aimerais voir. Vous avez déjà entamé celle que Spielberg n’a pas faite, mais que peut-être déjà vous désiriez et dont vous aviez le bâti dans le fond de l’oeil.
(Tlon, vous êtes un subtil ironicien, j’en profite pour vous dire merci pour votre adorable lettre à W.)
Le 19/07/2005 à 11:03
myasz,
J’entends bien votre propos, mais rien ne l’étaye. Faîtes-moi la preuve que Wzr of The Worlds est un film de propagande, au service de la scientologie, en vous fondant sur la mise en scène, l’argument narratif. J’ai vu le film plusieurs fois et cet aspect là ne m’a décidément pas frappée.
De triste mémoire, il existe bien un film “scientologue” : Battlefield Earth avec John Travolta, d’après Hubbard (le fondateur de cette secte) et signé par un obscur réalisateur.
Writ,
Rouge de confusion je suis ! En même temps, vous signalez implicitement une faillite : je n’ai pas réussi à faire la preuve de la force de la mise en scène de Spielberg, si ce texte semble être une extrapolation toute droit sortie de la camera obscura de mon esprit. Las ! Je me réjouis du compliment. :-)
Le 19/07/2005 à 13:05
Pas une faillite… Cette force que vous démontrez bien réellement n’est, du moins d’après ce que j’ai ressenti, pas dans le film mais dans votre construction, qui elle -même n’est pas déconnectée du film, mais fonctionne en parallèle, comme une histoire réécrite si vous voulez, sans contradiction avec sa source d’inspiration mais de façon néanmoins autonome. Le film en est le prétexte et le pré-texte.
D’un autre côté, il est assez difficile de trancher entre ce qui est “dedans” et ce qui est “dehors” : si vous avez eu ce regard sur la mise en scène, ce n’est pas pure invention, ça ne tombe pas du ciel et n’a rien d’une pièce rapportée. Cela me fait un peu penser à ces discussions entre ceux qui tiennent que les impressionistes peignaient ce qu’ils voyaient, et ceux qui disent que le ciel n’est pas rose. Votre vision a un côté impressioniste. Elle dépasse. Elle est une image à elle toute seule.
Là où je suis plutôt d’accord avec vous, c’est sur l’absence de rapports entre le film et la scientologie. Ce n’est pas parce que l’actualité de l’acteur principal est liée à la sciento qu’il faut la voir dans le film. La scientologie n’est qu’une pièce rapportée ici.
Le 19/07/2005 à 13:26
Certes pas une faillite. C’est votre enthousiame qui m’a amené à repenser le film (en attendant une seconde vision). Et je pense, pour moi, que tout est dans le film et dans la mise en scène. Vous êtes inspirée parce que le film inspire. Simplement, il n’est pas évident pour certains d’aborder voire d’accepter franchement Spielberg en tant que metteur en scène, parce qu’il fait des films qui ont aussi de gros enjeux commerciaux. des films destinés à un large public. C’est le même reproche qui était fait en leur temps à des gens comme Hitchcock, Hawks et même Ford. Il est fréquent, chez Spielberg, que sont art ne se révèle qu’à la seconde vision, quand s’estompe le spectacle, la surprise, l’émotion brute. c’est aussi à ce moment que je l’apprécie le plus.
Sur ces rapports à la scientologie, qui m’agacent un peu, il faut rappeler que Cruise est un acteur et rien de plus (c’est déjà pas mal). Un grand réalisateur est parfaitement capable d’obtenir ce qu’il veut de quelqu’un qui ne partage pas ses idées. tant que ce ne sont pas des idées de mise en scène. Et comme cela a été souligné, à aucun moment le personnage de Cruise ne se lance dans des déclarations qui pourraient passer, même de loin, pour de la propagande. Cruise sait s’effacer pour incarner, comme chez Kubrick, et cela nous suffit.
Le 20/07/2005 à 03:03
Cruise est également producteur et bien que n’étant pas un expert en scientologie, je sais que le livre de Welles a contribué pour une part non négligeable à l’élaboration de ses thèses… qui s’échappent dans le film plus encore que dans Minority Report (K. dick= membre scientologue).
propagande est peut etre un bien grand mot pour un si “moyen” film…
ps: néammoins Spielberg est quand même un maître et là aussi ça s’échappe dans sa “Guerre des Mondes”.
Le 24/07/2005 à 22:07
J’aime beaucoup ces gens qui assènent des âneries avec beaucoup d’aplomb, sans le plus petit début d’argumentaire…
Petit rappel : http://fr.wikipedia.org/wiki/Philip_K._Dick
Si Philip K Dick a effectivement plus ou moins frayé avec la Scientologie vers la fin de sa vie, il aurait tout aussi pu être membre de la Secte des Adorateurs de l’Oignon Sacré, dans l’état psychique où il était à l’époque. Ca m’étonnerait beaucoup que Minority Report, écrit en 1956, ait une quelconque filiation avec la Scientologie… Ah si il y a un rapport (minoritaire, mouarf), on y parle de pouvoirs supranormaux…
Quant à la Guerre des Mondes de H.G Wells la trame en est tellement simple (des extra-terrestres débarquent et exterminent les humains, trame exactement reprise dans le film) qu’on se demande vraiment ce qu’on peut en tirer comme “thèse”. Ah si, c’est vrai, il y a encore un rapport, on y parle d’extra-terrestres pas gentils, comme dans “Terre, Champ de bataille”.
Bref, si tout oeuvre qui parle d’Extraterrestres et/ou de pouvoirs supranormaux est d’inspiration “Scientologue” (avec l’effet “a posteriori”, c’est très fort !), je crois que vous pouvez vous abstenir de fréquenter 90% de la Science-fiction, ou même de toute la litterature de l’Imaginaire.
Enfin, puisque vous avez l’air de causer sans savoir, quelques petits liens pédagogiques :
http://www.clambake.org/
http://www.prevensectes.com/miller.htm
Il faudrait aussi un lien du genre “la SF pour les nuls”, mais j’ai bien peur qu’il s’agisse là d’une culture à acquérir…
En partant de ce genre de réaction, je pense qu’on devrait facilement trouver l’influence de la Scientologie dans “Pulp Fiction” ou bien dans “La fièvre du samedi soir”, à cause de Travolta. C’est marrant comme ce dernier échappe assez facilement à l’étiquette “Scientologue” qu’on colle systématiquement à Cruise, sans doute parceque Travolta, moins lisse que Cruise, a moins de succès et plus de navets à son actifs (dont effectivement l’inénarrable adaptation Hubbardienne “Battlefield Earth”, un désastre du plus haut comique).
Pour en revenir au film lui-même, il est vraiment l’oeuvre de Spielberg d’un bout à l’autre (sauf la fin, qui m’a l’air d’être dictée par la dictature commerciale du Happy-end, le critique du Monde parle même de “faux-raccord”), traversé par les monstres symboliques qui hantent la conscience collective des américains et de bien des occidentaux. J’ai aussi remarqué quelques scènes ou détails qui m’ont l’air d’être tout sauf gratuits, assez pour en faire un texte. Un jour peut-être…
En tout cas, bravo à Sandrine, cela fait plaisir de voir que des gens sont capables de voir un peu plus loin que le bout de leur nez sur ce film, plus loin que la facile association d’idée blockbuster-de-
Spielberg-avec-Tom-le-Scientologue, à laquelle se limite certains, avant même d’avoir vu le film, d’ailleurs.
Le 25/07/2005 à 08:35
Mais bon sang, vous allez arrêter de dire que c’est un happy end : je vous rappelle la morale du film : attendre que les méchants meurent d’eux-même, ou si vous préférez : attendons que Monsieur Ben Laden choppe un vilain cancer de la prostate pour qu’on soit débarasser du terrorisme.
C’est lamentable de laisser passer cela. Et ça annule tout possible approbation du film…
C’est ça voir plus loin que le bout de son nez !!
N’en déplaise à tous les encenseurs du film !!
Et j’ai du mal à croire que Spielberg se soit laissé dicter cette fin par je ne sais quelle puissance occulte d’Hollywood, il est assez puissant lui-même, son film est produit par son propre studio donc arrêtez de croire qu’il est un petit agneau innocent dans une prairie truffée de loups sanginaires…
Le 25/07/2005 à 11:20
Phil,
Ton propos est pour le moins incohérent. Tu amalgames des choses qui n’ont rien à voir entre elles !
De plus, par “happy end”, on entend les retrouvailles familiales et non la dégénérescence des extra terrestres. Qu’y-a-t-il de révoltant dans le fait que les bestioles soient anéanties par des bactéries ? Tu regrettes que le cinéaste n’ait pas filmé une insurrection ? En somme, qu’on ne t’ait pas asséné un énième blockbuster manichéen ? Quelle morale guerrière que la tienne !
De plus, le thème de l’engagement est traité en filigrane par Spielberg, à travers le fils : face à l’ennemi, faut-il fuir ou s’engager ?
Je t’invite à relire l’excellente note de JS (en lien sur ce blog) sur le faux happy end.
Et puis, tant qu’à faire et je rejoins TheSnaiper, relis de la SF : rien que de très classique ici !
Je ne comprends pas que ce film t’échappe à ce point et qu’avec l’arrogance qui te caractérise, tu t’en prennes si violemment à ceux qui ont su voir et apprécier ce film pour ce qu’il est : une vraie oeuvre de cinéma, à la mise en scène magistrale.
Je n’ai guère extrapolé sur la Guerre des Mondes : tous les éléments que je décris sont présents. Il ne s’agit même pas de “voir plus loin que le bout de son nez”, mais juste d’identifier et d’assembler, dans l’exercice critique, des éléments purements cinématographiques.
Et c’est sur cette seule base là que l’on peut formuler un argumentaire digne de ce nom.
Ce que tu écris à droite à gauche, ou sur ton blog, me paraît catastrophique car ton propos n’est soutenu par aucune justification par l’image. On est dans le simple ressenti, la critique d’humeur, façon “café du commerce”.
Tu n’as pris en compte aucune des analyses ici et là, pour t’en nourrir et les contrer intelligemment.
On est à chaque fois dans la “réaction”, voire l’attaque personnelle, quand seuls les arguments cinématographiques doivent primer.
Ce n’est pas en disant que Spielberg ne fait rien de telle ou telle scène qu’avancera la pensée critique. Etaye ton propos, que diable ! Et cesse de donner des leçons à tout va : c’est insupportable. Ici, les lecteurs avaient pour habitude d’échanger, dans le respect mutuel.
TheSnaiper,
Intéressants les liens ! Batterfield Earth ? J’ai tenu 20 mn. Inepte et d’une laideur consommée ! Merci pour votre intervention qui remet une bonne fois pour toutes (je l’espère !!) les pendules à l’heure.
Le 25/07/2005 à 16:01
Pour ne pas imposer à vos lecteurs ma vision, je vous ai répondu sur mon blog (les esprits chagrins qui y verrai un moyen de drainer du flux, je les laisse à leurs supputations…)
Cependant, je tiens ici à m’excuser auprès de ceux que j’aurais agressés par la violence de ma réaction, ce n’était nullement mon intention.
Le 25/07/2005 à 16:09
Disons que tu as été assez véhément, pas forcément ici d’ailleurs ! Et merci de me tutoyer : pour info, nous nous connaissons dans la vraie vie et depuis près de 10 ans maintenant (surmené, peut-être ?). :-)
Le 26/07/2005 à 23:48
Moi non plus, je n’ai pas bien compris la violence hors de propos de la réaction de Phil, d’autant plus que comme le précisait Sandrine, nous parlions bien ici de la fin “regroupement familiale du film, non de la “fin” des aliens.
D’autant plus que cette mort des extra-terrestres, c’est bien celle qui est décrite dans le Livre de Wells, et personnellement, j’aurais été chagriné que celle du film de Spielberg soit différente :-) Donc, à moins de prétendre que HG Wells, visionnaire hors-pair, avait prévu Ben Laden, je ne suis pas sûr qu’on puisse en interpreter grand’chose ;-)
“attendre que les méchants meurent d’eux-même, ou si vous préférez : attendons que Monsieur Ben Laden choppe un vilain cancer de la prostate…”
Perso, j’aurais une préférence pour une cirrhose du foie et/ou une MST quelconque, ça serait drôle…
“C’est lamentable de laisser passer cela. Et ça annule tout possible approbation du film…
C’est ça voir plus loin que le bout de son nez !!”
Quand bien même, si c’était effectivment “la morale” du film, j’y adhère plutôt, je trouve plutot ça sympathique et courageux, dans un pays mené pour le moment par des “warmongers”…
Ca me fait penser irresistiblement à ce proverbe chinois qui dit en substance : “Si tu brules de te venger, assies-toi plutot au bord de la rivière, et attends de voir passer le corps de ton ennemi…”
Ca m’est arrivé quelques fois, et j’avoue que c’est autrement plus “gratifiant” que n’importe quelle vengeance élaborée, toujours au goût amer.
“Et j’ai du mal à croire que Spielberg se soit laissé dicter cette fin par je ne sais quelle puissance occulte d’Hollywood, il est assez puissant lui-même, son film est produit par son propre studio donc arrêtez de croire qu’il est un petit agneau innocent dans une prairie truffée de loups sanginaires…”
Bah non, personne n’a dit une chose pareille, et certainement pas moi, je sais evidemment que Spielberg est maintenant suffisement puissant et fortuné pour faire ce qu’il veut dans ses films, et je ne pensais evidemment pas d’affreux-vilains producteurs dictant la fin du film à Steven… La dictature commerciale
que j’évoquais, c’est tout simplement celle du public et du nombre d’entrées, particulièrement du nombre d’entrées aux USA. Le public (moi y compris, j’avoue ;-)) n’apprécie pas forcément les films qui finissent mal, particulièrement quand ils sont, comme celui-ci, extrêment sombres.
Spielberg est assez puissant pour se permettre de faire des films “d’auteur”, mais comme il est justement homme d’affaire avisé, il garde quand même un oeil sur le porte-monnaie ;-)
Le 10/10/2005 à 23:35
je veue des yeux belle
Le 20/11/2005 à 20:00
Je suis toujours aussi peu emballé par les films de Spielberg. Et puis le thême du regard il le traine depuis ses débuts (toujours ces mêmes plans, ces mêmes idées…). Il n’y a pas beaucoup d’avancé… Réalisateur fainéant plus que réa qui arrive à se renouveller tout en restant intime à son obsession. Pour moi aussi beauf que Lucas.
Le 13/08/2007 à 22:49
Pour moi, il s’agit du meilleur Spielberg. Une mise en scène hallucinante, des images qui restent gravées. Le paysage à l’infini rouge sang. Un film d’horreur apocalyptique où Spielberg ouvre tantôt grand les yeux et les oreilles du spectateur et de ses personnages, et tantôt les ferme et les bouche. Les bruits comme les silences y sont assourdissants, la vision comme la non vision (les flots de lumière aveuglants) participent à la terreur engendrée par le film.
Avec Massacre à la tronçonneuse, l’un des plus grands films d’horreur.