Lost, soap horrifique ?
Je découvre avec un temps de retard les derniers épisodes de Lost, saison 1. Et m’agrège à la polémique qui a germé ici sur les carences supposées de la série : déficit de scénario, dilution de l’action, cheminement aléatoire.
Je partageais ce point de vue (sans pour autant pouvoir «décrocher») jusqu’à ce que je comprenne dernièrement que «ce n’était tout simplement pas le problème».
Car la série existe à l’exact opposé de ce que définit Ricoeur (Temps et Récit) : «avancer au milieu de contingences et péripéties sous la conduite d’une attente qui trouve son accomplissement dans la conclusion».
Dans Lost, seule l’attente importe, au détriment d’une conclusion sans cesse différée. En cela, la série s’inscrit entre le soap et le produit sériel mainstream.
De constater au passage, l’apport de plus en plus marqué du soap à la télévision, lequel donne lieu à des formats hybrides (par exemple le docu soap comme The Restaurant, diffusé sur Canal Jimmy, histoire laborieuse de l’ouverture d’une cantine branchée à New York).
Lost emprunte aux codes du soap opera, lequel s’étend indéfiniment et joue sur la frustration de notre désir d’achèvement. Des intrigues parallèles réorganisent ce désir, le canalisent. La solution demeure partielle.
Mais en lieu et place des bavardages propres au soap (destinés à établir une proximité avec le spectateur), l’action, bien que ralentie, entravée ou suspendue, se déploie, de façon beaucoup moins contingente qu’il n’y paraît.
La vision des derniers épisodes, tout en raccords et échos, ne laisse aucun doute sur une structure narrative qui, si elle s’invente progressivement, le fait «en toute connaissance de cause». C’est là le pacte énonciatif de la série.


Le 31/08/2005 à 16:13
très beau site. félicitations!
Le 31/08/2005 à 21:05
Merci ! Je vous retourne le compliment. Il semblerait que nous ayons beaucoup d’affinités électives !
Le 1/09/2005 à 12:25
je préférais la première version du titre ;-)
lh.
Le 1/09/2005 à 13:31
Bah oui, tu as raison. Je vais rétablir la version initiale. Mais je n’y peux rien, Sébastien n’avait pas compris le jeu de mots et maintenant, c’est trop appuyé ! Pffff ! :-)
Le 2/09/2005 à 14:41
Bravo pour ce site, ses images, la qualité des écrits, la pertinance des analyses.
Lost? L’histoire d’un Purgatoire? sans autre Attente… forcément.
encore bravo.
M
Le 2/09/2005 à 18:45
Selon les rumeurs les plus officielles, la série atteindrait pas moins de huit saisons !
Tous les personnages ne sont pas encore apparus: certains, apperçus dans les flashes-back de l’aéroport, feront partie d’un second groupe de survivants, situé de l’autre côté de l’île : ceux qui étaient à l’arrière de l’avion. De là la fitcion non seulement relancée, mais également redoublée…
Le 3/09/2005 à 13:25
Maria,
Merci et bienvenue sur ce blog ! J’aime votre idée de Purgatoire. Dans les Limbes, le temps se distend. Et même, il n’a plus grande importance. Lost s’inscrit dans cette
temporalité floue.
Séb….euh…pardon, “Le spoiler fou”,
Vos informations glanées sur des forums de “nerd” (ou “les rumeurs les plus officielles” ? hi,hi,hi) sont très intéressantes. 8 saisons ?! Nous sommes définitivement dans le soap et sa temporalité distendue !
En dehors de cela, je trouve la promesse scénaristique excitante, ou l’incarnation des personnages de second plan. “Fiction redoublée”, en effet !
Le 21/09/2005 à 17:20
HUIT SAISONS ???? !!!
J’attendais avec impatience la prochaine, mais 8 ! Sur ce thème …
A la base, le message est : ce site est toujours aussi passionnant … Merci Sandrine
Le 12/05/2006 à 15:17
J’adore cette série, je trouve qu’il y a un sénario assez recherché, il y a de nombreuses approches sur la vie en communauté, avec l’acceptation des différences culturelle, ethnique, physique et religieuse. Génial avec une pointe de mystère et d’action, on est loin des sénario style alerte à malibu !
C’est comme ce blog il est super bien fait, et on a envie de s’exprimer librement. Félicitation à Sandrine, bonne continuation…
Le 21/05/2006 à 18:22
Si on depasse l’analyse purement formelle qui consiste a porter un jugement qualitatif sur la serie, et que l’on prend en compte l’addiction qu’elle suscite, proche en cela du phenomene “urgences” il y a quelques annees, on pourrait tenter un parallele avec un autre phenomene mediatique aux recettes de box-office surdimensionnees, a savoir “titanic”.
A mon sens, nous sommes (les humains) tous embarques sur un navire (la vie) qui va faire naufrage et nous sommes tous coinces dans un lieu (la terre) hostile avec aucune chance d’en rechapper (la mort).
Et nous sommes tous condamnes, a nous supporter les uns et les autres, et a accepter avec plus ou moins de grace cette fatale echeance, en essayant malgre tout de voler quelques instant de bonheur.