Lune - De 2001 à Mission to Mars
De gauche à droite, Mission to Mars (2000) de Brian de Palma et 2001, L’Odyssée de L’Espace (1968) de Stanley Kubrick.
Le lien défait. Chez Kubrick, un corps, enveloppé par un silence opaque, chute dans l’espace. Alors que les bras mécaniques d’une navette le secourt, HAL impose à son pilote un terrible renoncement : l’abandon de ce corps au néant. Dans M2M, il manque quelques centimètres au filin pour sauver l’homme. A l’autre bout, sa femme le regarde mourir. Deux séparations qui trouvent leur expression dans un empêchement tragique.
La copule est la réification d’une image féminine. Cordon ombilical qui relie l’homme à un absolu féminin (”le vaisseau mère”, chez Kubrick, et par jeu d’échos, le foetus sur lequel se referme le film), à un idéal perdu (l’épouse morte avant l’expédition dans M2M ou la quête éperdue d’une image manquante).
Ces deux oeuvres mélancoliques revisitent l’histoire de l’humanité, à travers le motif du lien, transition bouleversante entre les vivants et les morts.



Le 12/12/2004 à 14:06
deux grands films…
Le 12/12/2004 à 20:11
Pour l’anecdote, un jour, sortie d’anesthésie d’une extrème violence : toutes les images qui me sont apparues et restées étaient signées Kubrick ! Une réelle hallucination.
Mission to mars m’a semblé un cran bien en-dessous. A +
Le 13/12/2004 à 00:56
Mission to mars : d’accord avec vous c’est un grand film, la scène commentée par Sandrine est bouleversante, mais! mais la thèse quelque peu scientologue de la fin (”nous venons tous de Mars” asséné par une martienne digne de Mars Attacks! a fait un brin ricaner jaune votre serviteur), et lorsque Samuel Blumenfeld dans son excellent bouquin d’entretiens avec le maître demande à ce dernier si cette fin n’était justement pas inspirée des théorie d’Hubbard, de Palma s’en sort pas une petite parade plutôt déconcertante…
Le 13/12/2004 à 12:27
Cyrille, Benj,
D’accord avec vos préventions sur M2M. La fin est carrément ratée, mièvre. La rencontre avec l’extraterrestre est ridicule. Ce qui me tient quand même de bout en bout en bout dans ce film, c’est qu’il est marqué par la perte. A ce type, il lui manque une image : celle de sa défunte femme et qu’il retrouve dans l’espace. A part ça, je ne connais pas les rapports de De Palma avec la scientologie et serais curieuse d’en savoir plus.
Le 13/12/2004 à 16:31
Ce motif - l’astronaute qui se sépare du vaisseau - me fait penser à ce passage de “On a marché sur la Lune” (Hergé, 1954) où le capitaine Haddock, qui s’est enivré en cachette, quitte la fusée sur un coup de tête pour retourner sur Terre par ses propres moyens…
Le 14/12/2004 à 00:23
Serais-tu en train de travailler sur le thème du désert, des terres arides et nues ? Il me plaît de mettre en relation les images de tes trois derniers posts. Mais tout cela est sans doute volontaire et tu nous prépares une conclusion tout en finesse…
Le 14/12/2004 à 00:37
Bien sûr ! Ces 3 billets sont à mettre en relation. “Volcans, déserts, lune” ou la thématisation visuelle d’une forme de sacré ou de métaphysique. Je me disais que la conclusion logique serait “et Dieu dans tout ça ?”.
Est-ce l’approche de noël qui me rend si mystique ? Peut-être bien. En tout cas, il y a toujours des films que je revois dans cette période. 2001 en fait partie.
Le 14/12/2004 à 11:19
La gestuelle du vaisseau-robot est marrante, à droite : attitude humaine, on ne sait pas s’il y a rejet ou tentative de récupération. Pas de cordon, en tous cas.
Le 14/12/2004 à 12:22
La pauvreté et l’immensité des “déserts”, l’univers renvoie l’être humain à son statut minuscule.
Le 14/12/2004 à 14:20
sandrine je suis tout à fait d’accord pour Mission To Mars… Tout film de de Palma est de toute façon à regarder comme un trompe l’oeil, autrement, c’est peut être pour cela que ses blockbusters sont, le plus souvent, ses films les plus passionants, car les plus cachés.
Quant à la remarque sur Haddock, c’est très très bien vu.
Le 14/12/2004 à 15:34
moi j’aime bien l’extraterrestre à la fin de M2M, son côté naïf et laid…(mais bon la séquence la plus extraordinaire c’est évidemment celle de la photo…tout simplement énorme)
Le 14/12/2004 à 17:22
Skoteinos,
Pour te resituer le contexte, la navette enserre de ses bras l’astronaute, sauvé dans un in extremis par Dave, le héros. Tout, dans la position du corps, figure d’ailleurs une sorte de pieta moderne. Les engins spatiaux sont eux aussi une réification du féminin. Ici, les bras mécaniques abandonnent l’homme au néant, Hal ayant bloqué la porte d’entrée du vaisseau mère.
Willy,
Tu as tout compris….
JS,
Dégénéré ! :-) Je plaisante bien sûr et comprend ta position. Mais là, franchement, la séquence dont on parle est proprement irregardable.
Le 14/12/2004 à 17:36
Hal.est.un.enculé !
Le 14/12/2004 à 17:54
Euh…eh bien… en tout cas Kubrick réussit à faire peur avec un voyant lumineux rouge ! Une vraie prouesse.
Dans la version française, Hal devient Karl. Quelle ineptie !
Le 14/12/2004 à 19:36
bien entendu tout le monde sait ce que HAL signifie…!?
Le 14/12/2004 à 20:36
Heuristic and ALgorithmic computer. Modèle “9000″ en véo.
Le 14/12/2004 à 21:30
:-)))…
Le 14/12/2004 à 21:38
et HAL.AL, c’est un robot à faire des saucisses ?
Le 14/12/2004 à 22:42
HAL c’est également IBM : I étant la lettre qui vient après H dans l’alphabet, et de même avec les autres lettres…
skot : tu aurais pu rajouter tes quatre mots sur le post que j’avais consacré à 2001…
Le 14/12/2004 à 23:01
enfin la bonne réponse (c’est une réponse de geek que j’attendais, merci Moland! :-)
Le 14/12/2004 à 23:53
Non mais !
Le 15/12/2004 à 11:15
IBM : c’est casher ?
Le 16/12/2004 à 00:04
je me rappelle du beau titre du beau texte de Stéphane Delorme dans les Cahiers à propos de M2M : “Mission to venus”…
Le 16/12/2004 à 00:05
Son texte est très bon en effet. Je l’ai relu avant d’écrire ma notule qui s’en inspire. Un hommage au talent.
Le 16/12/2004 à 00:13
D’ailleurs, j’ai relu aussi l’entretien avec De Palma qui tenait vraiment à distinguer son film de celui de Kubrick. Pourtant, le “lien” est évident.