Ma photo de Clint Eastwood
En attendant le prochain Festival de Cannes, je poursuis la série amorcée avec Kitano.
Hommage ici à l’élégant Clint Eastwood dont on peut en ce moment voir l’incontestable chef d’oeuvre, Million Dollar Baby.
Nous sommes en 2003. La conférence de presse de Mystic River s’achève. Tout va très vite. J’entrevois l’immense silhouette d’Eastwood. Débauche de flashes, semblant d’émeute. Eastwood passe devant moi, traverse les écrans de télévision de contrôle. Puissance d’apparition, comme dans ses films. Eastwood fidèle à son mythe.


Le 25/03/2005 à 13:42
En ce moment, les chaînes du câble diffusent avec bonheur plusieurs films de Mr. Clint. L’occasion de (re)voir “L’Epreuve de force”, avec la belle Sondra Locke et des répliques cultes comme :
“C’est ma moto, coco”
“Et ça c’est mon flingue, Toto”.
ou encore “Bronco Billy”, dont S. pourrait se fendre d’un petit commentaire.
j’adeure…
Le 25/03/2005 à 14:03
Tu n’y vas un peu fort pour ce qui est du chef-d’oeuvre ? Pas encore vu le film… mais sceptique !
Le 25/03/2005 à 15:22
Je pèse mes mots, cher Willy ! Hâte que tu me fasses part de tes impressions post projection !
Bronco Billy ? J’adore ! Le cirque “far west” ou l’histoire des Etats-Unis sous un châpiteau. Ou encore la mémorable attaque du train et toujours ce rapport à la temporalité : aujourd’hui, les trains vont trop vite et les cowboys n’existent plus !
Le 25/03/2005 à 16:57
“aujourd’hui les trains vont trop vite et les cowboys n’existent plus”. Vous faites dans l’aphorisme joliment antimoderne, Sandrine…Plus sérieusement (quoique), cette évidence nous est également annoncée par les derniers plans d’Il était une fois dans l’Ouest comme, avec tout le paradoxe dont il est capable, les premiers du Dead man de Jarmush.
Le 25/03/2005 à 17:33
d’eastwood à kitano, je rebrousse ton parcours sur contrechamp, te lis à rebours…
ta frustration, barrière de la langue avec kitano, me rappelle : j’avais vingt deux ans, festival de deauville, john malkovitch après “les liaisons dangereuses”… laurence et moi, nous lui avions laissé un mot, plié humblement, un rendez-vous donné au bar de l’hôtel, un jour de pluie… nous l’attendons, il descend soudain, la peur qu’il se dirige vers le bar -mais non : malkovitch pousse la porte, suivi d’un groom, un serviteur, un esclave? qui l’abrite, parapluie noir, nous suivons, à distance… je prends mon courage à deux mains, interpelle : excuse me sir, can we have a word with you?l’acteur se tourne vers moi, me foudroie et glacial : ok for one word, now you say it…
pétrifiés, nous le regardons, bouche ouverte; il tourne les talons, disparaît dans le hall de l’hôtel…
la barrière de la langue, intimidation, oui -pire encore : quand au delà de la langue, il y a un homme, cruel, sans pitié, tout simplement crevé, humain ;-)
avec ma sympathie,
lh.
Le 26/03/2005 à 13:08
Cette histoire est terrible, lo ! Même fatigué, quel énergumène ce Malkovich !
Le 28/03/2005 à 20:34
C’est amusant cette propention, même chez le(la) plus cinéphile à courir après l’IMAGE du réalisateur (de l’acteur, rayer les mentions inutiles), le phénomène du fan, de l’image pieuse me dépassera toujours, depuis longtemps oubliée, j’ai dû laisser mon adolescence dans un carton à la cave, avec des vieux vinyls et mes posters de Madonna et Billy Idol… :-)
Mais l’éducation religieuse me fait cruellement défaut, ceci explique peut être cela…
Je suis d’accord Willy, il faudrait vraiment se poser la question du chef d’œuvre, qu’on voit sortir du coin du bois chaque mercredi…
Se poser réellement la question de la persistance temporel d’un film.
Un film qui peut se voir et revoir, à différents âges, qui résiste à l’épreuve de la maturité du spectateur, ça serait pour moi une possible notion du chef d’œuvre. Mais il y a tant d’autres facteurs qui entrent en ligne de compte.
Je crois qu’on dépasse le cadre du blog qui cherche rarement la durée mais l’instantané de l’impression. Où seront toutes ces pages internet dans 20 ans, alors que les chefs d’œuvres se reposent allègrement à la Cinémathèque…
Le 28/03/2005 à 21:22
A la cinémathèque ne reposent pas seulement des chefs d’oeuvre, et tous n’y reposent pas, loin s’en faut. [Mon chef d’oeuvre absolu : Apocalypse now].
En ce qui concerne la propension (avec un s, pas un t) à chercher l’image, elle ne relève pas essentiellement du fanatisme d’où vient le mot fan, mais de l’admiration pour un artiste dont l’oeuvre a su, sait, et saura encore certainement, à l’avenir, éveiller des émotions et des réflexions fortes.
Je suis d’accord, ceci dit, sur la prudence nécessaire avant d’employer à l’envi le terme “chef d’oeuvre”, puisqu’une oeuvre pouvant jouir de ce qualificatif doit effectivement, au préalable, parmi d’autres épreuves, remporter celle de l’usure du temps.
Pour finir, il est dommage que vous ayiez enterré votre adolescence. On peut être mature sans renier sa part de jeunesse, avec toutes les erreurs et la candeur qui vont avec.
Le 28/03/2005 à 22:18
Ce n’est pas tant l’idée de fan qui me gène, chacun ses lubies, mais c’est l’idée même d’image de la personne admirée. En quoi l’image de Clint, pour reprendre le cas de Sandrine, lui apporte-t-elle quelque chose par rapport à son chef d’œuvre… C’est cet attachement à l’image, plutôt qu’à l’être ou la pensée qui me dérange… Je ne juge pas, mais je me suis toujours demandé ce qui pouvait pousser les gens à se bousculer (voir pire, vous avez vu cela comme moi à Cannes) pour avoir un cliché flou ou une signature.
Qu’est-ce que cela apporte à la vie de chacun. On sait combien de personnes ont été déçues de rencontrer et de parler avec un artiste admiré (pour preuve l’expérience de lo). Je pense qu’il faut se contenter du message vehiculé à travers les œuvres… Il y a tant de gens si peu fréquentable (j’en fais d’ailleurs parti).
Quand à mon adolescence, elle toujours là, mais j’ai balayé certaines scories qui me semblaient futiles à l’usure du temps, on ne peut pas s’empêcher de mûrir à l’épreuve des coups de la vie…
Pour la Cinémathèque, je serais très étonné qu’Apocalypse Now ne dorme pas sur les rayonnages. Mais c’était plus une boutade car j’ai assez peur de ce que l’infecte Berri veut en faire. Et donc je doute de l’allégresse du repos des copies de films (aimés ou pas, chef d’œuvres ou navets, tout est bon dans le cochon comme on dit).
Désolé pour l’orthographe, il manque à ces blogs une aide à la correction, j’essaierais d’être plus vigilant à l’avenir…
Le 30/03/2005 à 00:11
Marrant cette vénération pour Eastwood aujourd’hui, lui qui fut voué aux gémonies…
Le duo Eastwood-Siegel a brûler pour cause d’Inspecteur Harry. Manque de bol, les mêmes, à la même époque, ont commis un pur chef d’oeuvre (si si, chef d’oeuvre) qui demeure ignoré et inconnu (méconnu?) - il me semble qu’il est passé sur l’une ou l’autre des chaînes du cable cette semaine.
J’ai nommé Les proies, film américain d’un rare cynisme et qui transgresse pas mal.
Le 30/03/2005 à 11:03
Oh la la ! Le temps d’un week end et l’orage gronde. :-)
Cher Phil,
En chaque cinéphile se loge un collectionneur, pour ne pas dire un fétichiste ! Immortaliser un acteur ou un réalisateur révéré - participe de cette démarche. Je te renvoie aussi au livre de Morin et à la fascination exercée par les stars sur le public, qui va jusqu’à inventer pour elles une forme de liturgie. Je participe pleinement à ce “star system” et le revendique.
Il me paraît impropre de ramener ça, en ce qui me concerne, à l’adolescence et au fanatisme, même si, contrairement à toi, je n’ai pas remisé mes albums de Madonna !
Ma démarche procède bien d’un choix, d’une décision. Des cartons de photos, j’en ai plein en 7 années de Festival de Cannes ! Pourquoi exhumer telle photo plutôt qu’une autre ? Parce que celle-ci fait sens, au regard de l’oeuvre ou de la filmographie de la personnalité photographiée !
Si tu as pris le soin de lire les deux notes relatives à Kitano et Eastwood, tu auras noté qu’elles s’inscrivent dans un “instant mémoire” bien précis.
Le geste de Kitano (relever le col de sa chemise), son hiératisme et l’incommunicabilité que j’ai pu expérimenter sont des thèmes ou motifs récurrents dans ses films. Ici, l’apparition d’Eastwood, sa “traversée des écrans” puis sa disparition quelques secondes plus tard renvoie à tous les “revenants” qu’il a pu incarner.
Enfin, je ne vois pas pourquoi mettre sur le même plan la permanence d’un film de patrimoine avec la fugacité d’un blog. Ce n’est pas la même chose. Ce qui fait la beauté du blog, c’est justement son caractère éphémère, le fait que ce soit une matière constamment mouvante. Je ne suis pas obsédée par la trace écrite. En revanche, en ce qui concerne l’image, c’est autre chose ! :-)
Magificent 7,
Eastwood est sans doute plus fréquentable qu’à l’époque où ses films étaient jugés, à tort ou à raison, idéolgiquement douteux. Son républicanisme est largement plus modéré aujour’dhui. J’aime vraiment toutes les périodes de sa carrière, du baroquisme le plus affirmé (pour ne pas parler de laideur !) au classicisme d’aujourd’hui. D’accord avec toi sur Les Proies. Je t’invite à aller lire la filmo commentée de Eastwood par Sébastien.
Le 30/03/2005 à 14:16
Eh oui collectionner les films :
- Quoi t’as pas vu le film d’untel, il faut absolument que tu le vois !!! Sinon tu ne fais pas partie de la secte (finalement il y a beaucoup de religieux dans ce blog…)
Je crois qu’on collectionne tous, des papillons, des amours, des petits soldats, des ennuis, des boîtes de camembert…
Fetiche, mon beau fétiche, dis moi qui suis-je ?
Pour sûr, il vaut mieux une photo floue de Clint qu’un portrait de Christian Clavier.
Bon il vaut mieux clore le débat, c’est sans fin car je m’interroge depuis longtemps sur ce sujet. C’est sans doute le problème de ceux pour qui rien n’est sacré, comme moi.
Morin, c’est celui qui était coincé entre le Barthes de Signes et celui de la Chambre claire à la fac ?
7 ans déjà…
Que j’ai eu cette illumination un dimanche ensoleillé au mileu du palais des festivals…
Oh mais je m’égare, encore un détour de la pensée et des souvenirs.
Mes albums de Madonna ils sont entre les albums de Ma 6-T va craker et ceux de Madredeus en bonne place dans le salon… C’était juste une image comme disait l’helvète professionnel de la profession.
C’est amusant de faire un blog, des critiques, des articles (ah cette belle Eclipse…) et de ne pas être travaillé par la trace écrite…
Une matière constament mouvante, je ne sais pas pourquoi ça m’évoque instantanement Cronenberg, et plus précisément Vidéodrome (encore de de la collectionnite aigüe et de l’ellistisme beta, de ma part je précise)
Pour remettre un peu d’humour et d’adolescence potache dans cet orage, je vous renvois à la dernière page du Charlie Hebdo de cete semaine (je peux vous envoyer le dessin si vous le souhaitez) qui fait allusion au dernier Eastwood…
Le 30/03/2005 à 14:31
J’abohrre le clanisme par dessus-tout et si ce blog donne l’impression d’être réservé à une petite communauté alors j’ai failli à ma mission. L’idée, pour moi, est de faire partager EN DIRECT mes marrottes, passions, amours et détestations, touchant de près ou de loin à l’image, la cinéphilie s’écrivant avant tout par le regard.
Souvent, je découvre en même temps que le lecteur et ça, j’aime bien. Je ne cache jamais que je n’ai pas vu tel ou tel film car ça me priverait de la possibilité de me le faire prêter ou d’en entendre parler. Trop curieuse !
Mais vous arrivez sur ce blog depuis peu. Peut-être que vous comprendrez ce qui m’anime au fil du temps.
On s’est peut-être croisés à Cannes, qui sait ?
Je veux bien que vous m’envoyiez le dessin en question. Mon mail est précisé à cette fin.
Le 30/03/2005 à 17:00
Petite erreur de ma part :
Morin, c’était celui qui était entre le Barthes de Mythologies et celui de Système de la mode à la fac…
Le 20/04/2006 à 15:01
Ca manque de mises à jour et de nouvelles fraîches ici… mais bon… depuis Million Dollar Baby, il s’en est passé des choses !!! Pour être au courant, visitez le site consacré à Clint :
http://eastwoodclint.free.fr
le seul mis à jour régulièrement (au moins une fois par semaine !!)
Le 22/12/2006 à 13:27
Phil, desolé mais moi jprefere avoir une photo de flou de christian clavier, pluto ke de ton cher clint ou de lire tes conneries!!