Mais je m’emporte…

Mais je m’emporte, et je ne laisse pas les choses venir d’elles-mêmes, toutes ces choses si visibles, je dois les laisser parler à ma place, non pas à ma place, je suis là aussi, mais ensemble, que les images et moi on parle ensemble, voilà ce que je dois faire.”.
Tanguy Viel, Cinéma.

Ou l’histoire d’un monomaniaque, obsédé par le film de Mankiewicz , Le limier, oeuvre qui écrit son rapport à l’autre et au monde. Ce court extrait donne la mesure, à mon sens, de ce que doit être la posture critique…

12 réponses pour “Mais je m’emporte…”

  1. Vincent dit :

    Très jolie définition, à méditer. Où peut-on trouver ce bouquin ?

  2. sandrine dit :

    Dans toutes les bonnes librairies, Vincent. Il s’agit d’un livre récent dont la matière romanesque puise entièrement dans le film de Mankiewicz. Un vrai truc d’obsessionnel, à côté duquel je ne pouvais bien évidemment pas passer. C’est intelligent et très drôle. Pour le héros, il y a ceux qui saisissent immédiatement l’intérêt du film et les autres hérétiques.
    Je n’aime pas spécifiquement ce film de Mankiewicz mais les fulgurances analytiques du héros sont passionnantes et définissent une posture critique, à la fois pointue et originale.

  3. Damien dit :

    C’est aussi une bonne définition du blog…

  4. myasz dit :

    Le blockbuster de la rentrée ce passe en Louisiane.
    James Cameron n’est pas dans les parages…

  5. sandrine dit :

    myasz,
    Ca vous dérangerait d’écrire des commentaires en lien direct avec mes billets ? Voilà plusieurs fois que je vous y reprends ! :-)
    Sur le sujet, lire la note de JS, “qui me dira la catastrophe ?”.
    Cameron n’est peut-être pas dans les parages, mais le réel fait retour avec encore plus d’acuité, grâce à la fiction ( laquelle façonne un imaginaire collectif). Face aux scènes d’émeutes et de désolation, on s’exclame : qui d’un Romero, qui d’un Carpenter !

    Damien (Château de sable),
    Au vu de ton dernier billet, collage subtil autour de la catastrophe en Louisiane, la citation de Viel sied bien au blog, en effet.
    Mais je l’envisage également du point de vue de l’altérité. C’est-à-dire qu’on peut aisément remplacer le mot “image” par “monde”.
    Check it out :
    “”Mais je m’emporte, et je ne laisse pas les choses venir d’elles-mêmes, toutes ces choses si visibles, je dois les laisser parler à ma place, non pas à ma place, je suis là aussi, mais ensemble, que le MONDE et moi on parle ensemble, voilà ce que je dois faire.”.
    Le cinéma, le monde et l’altérité, dans un même mouvement…

  6. sk†ns dit :

    Le cinéma est-il un instrument du fascisme ?

  7. Damien dit :

    “le meilleur instrument de propagande” disait Goebbels…

  8. sandrine dit :

    Genau ! Skot is back….

  9. Damien dit :

    Ooups ! Pris d’un doute je viens de vérifier : ce n’est pas Goebbels, mais Trotsky qui a dit en 1923 :” le cinéma est un instrument qui s’impose de lui-même, le meilleur instrument de propagande.” Rien à voir donc avec le fascisme, ce brave Léon étant bien connu pour sa générosité, sa modération et son pacifisme.

  10. sk†ns dit :

    Oui, mais au moins, Trotsky n’était pas antisémite.
    (in memoriam Pierre Broué)

  11. Vincent dit :

    Ni Goebbels, ni Trotsky n’ont eu beaucoup de chances avec le cinéma. Lang a claqué la porte au nez du premier et le second a finit assassiné par Alain Delon.
    Ca leur apprendra à dire n’importe quoi.

  12. myasz dit :

    Le hor sujet ne dérange pas du moment qu’il ne va pas l’encontre du consensus redactionnel… hihi

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