Not another teen movie


SPRING BROKE
Photographs and Preface by Nathaniel Welch
Introduction by Evan Wright
Essay by Steve Appleford

Il serait temps que j’avoue ici ma passion pour les teen movie, vous savez, ces films américains qui mettent en scène des adolescents.
Un genre cinématographique à part entière, décliné en une kyrielle de sous-catégories :
- “le film de campus” avec le motif incontournable du bal de fin d’année (”prom”), la sacro-sainte popularité, plus-value sociale (Elle est trop bien, Carrie), valeur absolue à l’américaine.
- le slasher, un exutoire, une sorte d’expiation par l’image où des jeunes gens se font immanquablement trucider, après s’être adonnés aux joies du sexe par un assassin masqué et sacrément perturbé (Vendredi 13)
- la comédie romantique (Never Been Kissed)
- le teen movie d’auteur (Breakfast Club, Virgin Suicides, Bully et tous les films de Larry Clark), chroniques adolescentes à valeur sociologique.
Cette classification non exhaustive et toute personnelle ne saurait rendre compte de la diversité du genre. Films “pop corn”, légers et parfois très salés (Sex Academy), ils se consomment pour la plupart à la faveur de la trêve cinématographique estivale.
Et de “trêve”, c’est ce dont il est précisément question dans cet excellent album de photos qu’est Spring Broke, jeu de mots avec “spring break”, qui désigne une semaine de vacances au printemps. Généralement, cette coupure est l’occasion de voir les instincts se débrider : sexe, drogue, alcool. Un film - Cancun qui se déroule pendant le fameux “spring break”- se colletait à ce vertigineux paradoxe : comment une société américaine puritaine et conservatrice, obsédée par le contrôle, autorise un tel déferlement de pulsions ? Malheureusement raté, en raison d’un faux dispositif documentaire, l’essai tournait court.
Avec Spring Broke et son “esthétique du débordement”, glamour et triviale dans un même mouvement, on tient un vrai témoignage photographique sur cette drôle de parenthèse qu’est le “spring break”, un temps et un espace affranchis de toute morale. Les corps, figés dans un glacis aussi flatteur qu’effrayant, semblent suspendus dans la propre conscience de leur déliquescence. Dans ces clichés, transparaît toute l’hypocrisie d’une société dont la jeunesse malsaine exprime sa profonde déshérence devant l’objectif .

40 réponses pour “Not another teen movie”

  1. sk†ns dit :

    Mais teen, c’est de 12 à 16 ans, non ? Là, ils ont 22 ans, les protagonistes…

    Je me demande quel devait être l’équivalebnt des teen movies au XVe s., époque où l’on devait être adulte à 15 ans…

  2. Le Doc dit :

    Non ! Teen, c’est de thirTEEn à nineTEEN !!! (TEEN-ager quoi !)

  3. sandrine dit :

    Le Doc connaît son sujet ! :-)
    Skot,
    Tu mets le doigt sur un fondamental : le refus de prise de responsabilité observé chez la jeunesse issue des sociétés industrialisées (Japon, Etats-Unis..), le rejet des valeurs traditionnelles (famille, autorité, pouvoir). L’équivalent des “teen” au 15è siècle ? La chanson de geste ?!

  4. sk†ns dit :

    Nous vivons dans une société sans autorité, le phénomène teen ne devrait donc pas prendre.

  5. Cyrille dit :

    J’adore les Teen movies. pareil. J’ai honte.
    ça a commencé par Porky’s et Kim Katrall hurlant comme Lassie dans les toits du gymnase… Et tous ceux que tu cites.
    Quant au XVème siècle, le cinéma n’existait pas (je sais c’est con mais il fallait quelqu’un pour lui dire…)

  6. Damien dit :

    En tout cas, “Romeo & Juliette” est une teen story.

  7. Tlön dit :

    la guerre des boutons une pré-teen storie?

  8. sk†ns dit :

    (Prophétie ?)

    Projection année 2020 : Teenmovies pour les 15-45 ans.

    J’abhorre les teen movies — je conçois cependant qu’on y trouve exceptionnellement quelque intérêt — et je trouve très suspect — sinon intolérable — ce même intérêt chez de grandes personnes.

  9. .Moland.Fengkov. dit :

    En Thailande y aurait de beaux sujets de teen movies a faire… Tout ca pour faire un ptit coucou…

  10. sandrine dit :

    Attention, Skot joue son vieux con réac ! :-) J’aime la représentation de la jeunesse au cinéma, art adolescent s’il en est. Pour autant, je ne vois pas ce qu’il y a de suspect ou de malsain là-dedans. Mon intérêt n’a rien d’obscène, ni de régressif : il obéit à une vérité, celle du désir (empathie, plaisir de l’immédiateté etc..).
    A te lire, on dirait que je parle de pornographie. La pornographie a affaire avec le désir que projettent des adultes sur des jeunes gens (Cf Gombrowicz). Larry Clark le montre très bien dans Ken Park ça. Je te passe les DVD d’urgence. Et si l’on travaillait sur tes a priori cette année ?

    Fengkov,
    Tu parles de tourisme sexuel ou de Maladie Tropicale, l’un pouvant d’ailleurs engendrer l’autre ? Désolée…. Ca m’a échappé ! Bon séjour et reviens vite avec des photos !

    Tlön,
    La Guerre des Boutons m’a toujours terrifiée.

    Damien,
    Et Tristan et Isolde ?

    Cyrille,
    As-tu vu comme nous sommes seuls ? A cet instant, nous devenons les parias de la blogosphère avec nos intérêts déviants. J’assume et ne connait pas la honte.

  11. Tlön dit :

    le problème n’est bien entendu pas dans le fait qu’un film mette en scène des adolescents mais que le regard porté soit celui d’un adulte et que le film ne vise pas essentiellement un public de djeun.
    En ce sens je suis d’accord avec l’Obscur.

  12. sandrine dit :

    Tlön,
    Ce n’est pas ce que j’ai écrit, en faisant référence à Gombrowicz ? En même temps, cette posture est très discutable. Larry Clark porte un regarrd d’adulte désirant sur ces acteurs. C’est le problème de Kids. Mais en même temps, sa caméra reste toujours du côté des ados. Il filme le clivage, l’irréconciabilité de ces deux univers. C’est ce qui le rend passionnant.

  13. Cyrille dit :

    Moi je fais référence à ma jeunesse. j’ai découvert les films de teen quand j’étais teen (ha ha ha). Depuis je régresse en réécoutant en boucle Simple Minds et en citant par coeur les répliques de Anthony Mickael Hall dans Breakfast Club. Un adulte accroché à ses impressions, quand tout était simple, léger, sexuel et prometteur…

  14. jean-sébastien dit :

    houlà là, vous me semblez bien puritains d’un seul coup Skoty (ce qui ne m’étonne pas) et Tlön (ce qui me surprend plus déjà…)

    en quoi le regard désirant de Clarck sur ses ados est-il un problème Sandrine?

  15. willy dit :

    Je n’en ai jamais vu mais ça me fatigue par avance !

  16. willy dit :

    Ce que vous aimez ce sont des corps dans des vitrines. Très belles photos de JS sur le sujet il y a qques mois, au passage…

  17. Izo dit :

    Enfin, ils se lâchent jusqu’à entrer dans une belle compagnie qui les dévorera jusqu’à plus soif. Je parle du Japon… où les années d’université sont en gros le seul moment de liberté quasi totale. Baito (petit job), délire de consommation et je-m’en-foutisme surréaliste. Ca ne dure cependant que 4 ans puisque presque personne n’échoue avant la maîtrise.

    C’est une parenthèse où tout est permis mais de façon bien plus timorée qu’aux USA.

    Izo

  18. sk†ns dit :

    L’intelligence serait-elle un puritanisme ?
    Faut demander à Derrida et aux « Inrocks ».

  19. jean-sébastien dit :

    mon dieu, ne soit pas fat Skoty, il n’y a rien de pire que ceux qui auto-proclament leur intelligence…

  20. Tlön dit :

    Honnêtement je vois pas ce qui est puritaian dans ce que je dis.
    je dis seulement que je n’aime pas les films destinés à une tranche d’age. Que ce qui m’importe c’est le regard (Breson, Rohmer, Rosier, Lucas “American graffiti” etc…) ou un dispositif ( les collocs…)
    D’autre part je maintiens que larry Clark est un cinéaste complaisant, fonctionnant à l’épate et ken park une ignominie…mais je crois en avoir déja parlé avec vous

  21. sk†ns dit :

    Je ne pensais pas à moi !

  22. sandrine dit :

    Eh bien ! Je ne pensais pas créer de telles tensions à partir d’un billet sur un genre cinématographique, réputé (à raison, mais souvent à tort) léger !
    Tlön,
    Je ne connaissais pas tes positions sur Larry Clark et je comprends d’autant mieux ce que tu as écrit plus haut. Ca me permet de répondre au passage à JS. J’aime énormément l’oeuvre de Clark (d’ailleurs, une interview se prépare - scoop !). Pour autant, Kids me pose problème car le regard du cinéaste est empreint de désir (une bonne chose en soi que d’aimer ses acteurs) mais dont la nature ne laisse pas de doute : il s’agit de désir sexuel. C’est très gênant car ça s’appelle de la pédophilie. Dans ces autres films, en revanche, le regard est tout aussi désirant, mais davantage compassionnel, ce qui lui ôte tout caractère complaisant et malsain.
    Skot,
    Je nage en eaux troubles… Parles-tu du genre que tu abhorres, comme Willy à l’intégrité sans faille :-) ou de ceux qui regardent ce type de films ? Est-ce pour toi de la culture poubelle, débilitante, régressive ? Ou parles-tu d’un point de vue moral : ce qui goûtent ou font des teen movies sont d’affreux pervers ? Voilà, je tape des lignes et des lignes alors que ce serait plus simple de prendre un verre pour en discuter ! A bas les quiproquos !
    Willy,
    Tu parles de “corps dans des vitrines”, mais en quoi est-ce si problématique ? Que fais-tu du corps de Matt Dilon dans Rusty James, de celui de John Robinson dans Elephant ? Sont-ils si désincarnés ?
    Cyrille,
    Et si on fondait un “teenage fan club” ? MInce, ça existe déjà !
    Izo,
    Merci pour le commentaire. Je suis toujours avide d’élements sociologiques et culturels japonais, comme tu le sais !
    A tous,
    Vous allez en bouffer du teen movie puisque c’est comme ça ! J’entends faire la démonstration que des films comme Sex academy et The Faculty sont géniaux. Mais avant, quizz interdit !

  23. sk†ns dit :

    Mais si, c’est très bien les quiproquo, c’est très TEENAGE, d’ailleurs !!!!

    Tout ça pour te retrouver couverte de mecs dans une arrière salle de troquet enfumé…

  24. sandrine dit :

    Beurk !

  25. sandrine dit :

    ….les troquets enfumés, bien sûr ! :-)

  26. sandrine dit :

    Plus sérieusement : je crois aux vertus de la discussion entre gens de bonne compagnie. Le blog n’est et ne doit être qu’un espace intermédiaire qui ne doit pas nous faire oublier l’altérité !

  27. sandrine dit :

    Et je n’y peux rien s’il y a si peu de filles cinéphiles !

  28. versac dit :

    J’aime personnellement beaucoup Larry Clark, je pense pour des raisons proches de Sandrine, mais le désir m’avait moins frappé dans Kids que dans certaines scènes de “another day in paradise”.

    Je serais assez d’accord avec Tlön pour “je n’aime pas les films destinés à une tranche d’age. Que ce qui m’importe c’est le regard”. I agree, et c’est ce que je valorise chez Clark : ce regard fasciné, amoureux, empathique tout en étant désabusé sur la jeunesse. Je ne sesn pas une épate gratuite du tout chez larry Clark.
    Sandrine : une interview de Clark ! My god ! Que devient le bonhomme ? Depuis Ken Park, je n’ai plus entendu parler de lui, non sans avoir cherché. est-ce que la boucle est bouclée avec ce dernier film (les ados seuls qui errent sans espoir-kids, qui s’entretuent - bully, puis qui rendent leurs parents responsables et trouvent la rédemption en s’unissant contre leurs parents -ken park ?) ou bien a-t-il encore une vision joyeuse de l’adolescence à nous livrer ?

    Sinon, je ne suis pas tellement amateur des autres teen-movies ala American Pie. Ca me fait braire, ces productions ciblées, humour standardisé, déroulement sans enjeu, bal, baise, bière. Juste de la farce lourde en général.

    Les photos de Welch me font un peu penser à du Terry Richardson en plus juste et moins gratuit.

  29. Damien dit :

    Je n’ai pas vu les films de Larry Clark, et les teen movies ne m’ont jamais tellement intéressé ( à quelques exceptions près : “Fame”, “American Graffiti”, quelques bons films d’horreur…) mais je trouve regrettable de situer le débat sur le terrain de la morale.
    “Lolita” (je parle du roman de Nabokov) est un chef d’oeuvre, alors que “Rose bonbon” est une vraie merde sans intérêt. Qustion littéraire et non morale.

  30. sandrine dit :

    Damien,
    Entièrement d’accord avec toi ! Et ça va d’ailleurs être le sujet de mon prochain billet : pourquoi l’image a toujours du rendre des comptes à la morale.
    En plus, tu mets le doigt dessus en parlant de littérature… To be continued.
    Versac,
    Merci, je ne connaissais pas Richardson. C’est très trash en effet ! Pour Clark, l’interview n’est pas encore faite. Mais sache qu’il se débat toujours avec Ken Park, interdit aux Etats-Unis, quoique apparemment, il y aurait eu une première à N.Y. Si tu veux des infos, va carrément sur le site de Clark : http://www.larryclarkofficialwebsite.com
    Sinon, je tiens Teenage Caveman, son tout premier et étrange film à ta disposition, si tu ne l’as pas vu.

  31. jean-sébastien dit :

    Sandrine : pas d’accord du tout avec toi sur la supposée pédoiphilie de Clark…où commence la pédophilie d’ailleurs? doit-on la situer à l’âge légal? et puis les ados de Kids, s’ils ne sont pas des adultes, sont assez décomplexés et avertis il me semble…vraiment cette vision moralisatrice m’étonne de toi Sandrine…

    je suis assez d’accord avec Damien, là dessus…

    Tlön : crois-tu que les Colocataires ne soient pas destinés, conçus et même un peu formatés pour un certain type de public? On peut regretter que des films/émissions soient conçues exclusivement pour une tranche d’âge (mais alors, en vertu de cette logique, pourquoi ne pas reprocher à Bresson de faire du cinéma “intellectuel”, pas du tout grand public?), mais surtout tu sais comme moi que le résultat final dépasse (parfois) les stratégies de départ pour atteindre à l’art ou à autre chose de proche…

  32. sandrine dit :

    JS,
    Avoue que dans Kids Clark désire physiquements ses jeunes acteurs. Et puis Tiffany Limos est devenue la compagne du réalisateur depuis Teenage Caveman. Ils ont près de 40 ans d’écart ! Nulle vision moralisatrice : ce sont des faits, des visibilités. Moi, ça ne me dérange pas plus que cela puisque Clark fait oeuvre de fiction, que son regard devient par la suite compassionnel et empathique. Drôle de procès que tu me fais là. :-) C’est curieux ce blog : d’un côté, on me taxe de légèreté (m’encanailler avec des hommes dans des bars enfumés) et de l’autre de rigidité morale ! Qui suis-je ? :-)

  33. Tlön dit :

    le débat est un peu abscons… bon mais JS:
    Bien sur que tout oeuvre d’art a un destinataire, mais je repête que ce qui m’interesse c’est quand elle transcende cette fonction. Les teen movies peuvent avoir un intérêt sociologique mais ça ne me suffit pas.
    je vais encore me faire traiter d’esthèthe décadent!

  34. versac dit :

    C’est bien noté pour teenage caveman, qui est le seul Clark que je n’ai pas vu, mais n’est pas à ma connaissance son tout premier film, mais un téléfilm réalisé pour HBO (il y a trois ou quatre ans, faudrait voir sur IMDB). Je prends volontiers le Dividi lors de notre prochaine rencontre…

    Je rejoins Tlön : étrange débat, on ne sait plus de quoi on parle. J’ai du mal à classer clark dans les teen movies. Qu’est-ce qu’un teen movie ? Un film sur ou pour les ados ? Bon j’arrete, il faut que j’aille déjeuner.

  35. sandrine dit :

    J’ai la VHS de Teenage Caveman, pas le DVD ! C’était passé sur le câble. Tu as raison, il s’agit d’un téléfilm pour HBO. Je ne sais pas où j’avais la tête quand j’ai écrit cette énormité !
    Le débat ? Euh… on en est où ? Très simplement, un teen movie met en scène des ados. That’s all, folks !

  36. Folie Privée dit :

    :))

  37. Munna Tyagi dit :

    Adulte Movies

  38. simo dit :

    je regard un film siltepli

  39. Bar dit :

    le cinéma reste pur fiction rare sont lé film ki refléte le vraie le ciné c l ouverture d ésprit 2 l homme face a sa faiblesse 2vant la réalité ce n est pa de la poésie avec 2 belle metaphore ki exprime la réalité par des image

  40. Carly dit :

    j’aime particulierement les films porno mais je ne peux les conseiller a personne.chaque homme a sa deduction de la chose sexuelle.le porno est plus interessant lorsqu’il ramene a nous des sensations fortes surtout a des moments d’ennuis.la pornographie est ce qu’elle est aimer les photos,videos porno n’implique pas forcement que l’on soit acteur de porno.de toutes les façons tout homme exerçant l’activité sexuelle est <<porno-amateur>>seulement qu’il le fait de manière a ne pas etre diffuser.vive le porno!

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