Odieux Manderlay
Un film dégueulasse que ce Manderlay, suite de Dogville, dédié à l’esclavage et s’inscrivant dans une trilogie consacrée à l’Amérique.
Je dis tout de suite que j’ai quitté la salle au bout d’une heure de projection, l’insulte au bord des lèvres. Qu’on en juge : nous sommes en 1933 et l’escalvage a été aboli depuis 70 ans. Mais un village vit toujours sous le joug d’une vieille blanche qui a édicté des règles de vie, consignées dans un livre. Bonne fille, Grace prend les choses en main et décide de libérer ces noirs, de leur donner les moyens de s’en sortir. Du néo-colonialisme en somme.
Mais, ô le beau twist : on apprend au final que ce sont ces méchants noirs qui ont écrit le fameux ouvrage. Grace se fait malmener comme il se doit (somiser par un noir !) et se retrouve prisonnière du village, éternelle victime, toujours prête à rempiler !
Infâme cinéma dépourvu de toute dimension politique à l’instar de Trier qui ne voit décidément pas plus loin que le bout de son nez. Et de déclarer qu’il ne croit pas aux séries où il y a un président noir. N’empêche, 24h Chrono réussit là où son cinéma échoue, en conciliant l’intime et le politique. Un marchand de tapis !
De haut en bas : Lars Von Trier, Willem Dafoe, Isaach de Bankolé, Danny Glover.





Le 16/05/2005 à 17:43
Est-ce la première fois que Lars trouve le chemin de Cannes - ou est-ce que je me trompe?
Le 16/05/2005 à 17:49
Pas du tout : c’est un habitué ! Il a même remporté la Palme d’Or avec Dancer in the Dark. Son Breaking the Waves avait obtenu également un prix. Je ne comprends pas qu’on sélectionne ça en compétition officielle : c’est de l’arnaque pure et simple !
Le 16/05/2005 à 18:01
Combien de temps va-t’il falloir avant que l’inconcevable baudruche Von Trier se dégonfle ? J’ai encore en mémoire les félicitations que Breaking the waves pour les uns, le Dogme pour d’autres (et ce n’était d’ailleurs pas les mêmes, au contraire) avaient entraînées. j’aime décidément bien ce blog cannois !
Le 16/05/2005 à 18:10
Je dirais plutôt qu’il gonfle (au deux sens du terme) le Lars, il essaye de concurrencer la baudruche Besson ??
Après le studio Lars, à quand le parc d’attraction Von Trier !!
Mais c’est pas sûr que la grenouille explose à vouloir avaler le boeuf…
Mais Roger n’a pas tout à fait tort, ça ne fait pas si longtemps qu’il se déplace corporellement à Cannes.
A-t-il garé son camping car à Antibes…
Le 16/05/2005 à 18:21
Just one question, Ludovic : que nous vaut, on your blog, ce poème inédit (avril 2005 !) de Michel Marmin (post called « Noce Blanche ») ? Euh, hmm… Is it one of your friends, ou juste une curiosité (qui a mal tourné, à la différence de LVTrier who always crapota dans le même sens crapoteux, from the beginning ; NB : « Europa » et « Les Idiots », and « Dogville » therefore, eurent the honors of l’Officielle too, et the man finally came IN PERSON - et en camping-car I guess - l’an dernier pour « Dogville »).
Le 16/05/2005 à 18:30
Hi mam’zelle, as I can understand your handwriting, disons, condensée : Grace se fait donc somatiser par un Noir ? Oh my god !
Le 16/05/2005 à 18:31
Je n’ai pas bien saisi Scanner ce que ce poème avait de “crapoteux”, sans doute est-ce le nom de l’auteur, effectivement “affilié” à la Nouvelle Droite, qui t’étonne ou te gêne. Il s’agit en effet de l’un de mes amis, qui est également le co-scénariste du très bel Ainsi soit-il de Gérard Blain.
Le 16/05/2005 à 19:12
Non, I didn’t mean que le poème fût crapoteux (il est juste assez moyen) – it’s just LVTrier qui depuis le début a suivi (toujours) le même sens crapoteux until today : that was my point. Quant à Marmin, let’s call a cat a cat, il est d’extrême-droite. « Ainsi soit-il » c’est pas mal, but un peu figé au bord de la tombe. Mais I would like to see « Pierre et Djemila » one day. Bref, like son pote Michel Mourlet, les great cinéphiles ont parfois de strange idéaux. Very strange.
Nevertheless, Mac Mahon for ever !
Le 16/05/2005 à 19:24
C’est dommage effectivement que tu n’es pas vu Pierre & Djemila (certainement pas d’extrême-droite), il y avait une retrospective Blain l’année dernière au Champolion, à Paris (seulement), pour la province c’est plus difficile, le distributeur (qui est un ami) n’arrive pas à placer ces films, les exploitants ne veulent que les films d’actualité, il est de plus en plus difficile de proposer des retrospectives, en dehors de classiques archi connus (et souvent diffusé sur les télévisions, d’ailleurs il n’arrive pas non plus à les vendre aux télévisions).
Pour en revenir à Pierre & Djemila, c’est un beau film sur la tolérance, mais comme toujours chez Blain, c’est sombre, pour ne pas dire plombé, pas très optimiste, un peu daté (1986), surtout par les décors, mais le propos est encore très présent, puisqu’il évoque déjà les possibles ravages de l’intégrisme et des mosqués dans les immeubles. Vraiment si tu peux le voir n’hésite pas.
Le 17/05/2005 à 14:57
Ca presque envie de le voir, tellement ça a l’air pas bien !! :)
(comment tu fais pour parler du twist final si tu as quitté la salle au bout d’une heure, hein, hein ??)
Le 17/05/2005 à 15:01
Oserais-je pousser la malhonnêtét jusuq’à dire que je l’avais vu venir ? Eh, bien pas loin ! On m’a raconté ce retournement absurde et ça a achevé de m’effondrer comme la rumeur persistante selon laquelle Kusturica souriait, ravi, à l’issue de la projection ! Les critiques sont assez favorables. Contrairement à Grace, je ne me suis pas faite enculer par Trier cette fois ci. J’emploie ce mot volontairement cru pour que les choses soient bien claires pour Scanner ! :-)
Le 17/05/2005 à 15:37
Mam’zelle, crude and clear – à un point près : c’est que vous ne vous soyez pas FAIT enculer par Trier (qui m’importe)… Il est des règles chez les frenchies where males and females have the right au même traitement, voyez.
‘Afternoon gentle(wo)men of the press.
Le 29/07/2005 à 10:05
C’est étrange, Mourlet et Marmin sont, en effet, tous deux réputés d’extrême droite, mais, quand je les lis, je suis surtout frappé par le tonifiant parfum de liberté qui se dégage de leur prose.
J’ajoute que depuis un quart de siècle que je suis leur lecteur, je n’ai jamais trouvé sous leur plume ne serait-ce qu’une allusion raciste ou antisémite.
Mais, bien sûr, ils ne sont pas marxistes, et c’est justement cela qu’on leur reproche. Le totalitarisme qui sévit dans les milieux culturels affuble de l’infâmante étiquette de “fascistes” tous ceux qui osent penser en dehors des sentiers battus.
Moi, c’est la critique freudo-marxiste qui me jette dans un univers irrespirable, un monde concentrationnaire où règne la police de la pensée, où toute parole qui s’écarte de la norme est disqualifiée et doit être étouffée.
Et ce sont au contraire des francs-tireurs comme Mourlet ou Marmin qui m’évoquent la dissidence, la rebellion, la liberté.
Sur ce thème je conseille la lecture d’un texte d’un autre esprit libre, Christian Lançon, intitulé “De l’inversion des valeurs”. Il est publié sur différents sites et on peut facilement le trouver par Google.
Claude Agève