Les volutes partent en fumée.

Et moi, je pars déjà demain, les yeux pleins de regrets de ne pas avoir vu au moins vingt films par jour. Je vous ai livré une sélection choisie des oeuvres qui ont retenu mon attention, mais la programmation était de grande qualité dans son ensemble. Je reviendrai notamment sur la rétrospective John Sayles, une bénédiction au royaume des cinéphiles. J’ai pris cette photo dans le bien nommé café Eden où je buvais des machiato le matin. La Grèce est un paradis pour les fumeurs qui peuvent s’adonner à leur vice jusque dans les hôpitaux ! On me l’a dit. Je n’y suis pas allée. Mais dans les cinémas, c’est vrai aussi, aux abords des salles. Coffee and cigarettes, bonnes pellicules de cinéma, le paradis est ici !

Malaisie doucement.

A l’issue de la projection de Love Conquers all, la réalisatrice malaisienne Tan Chui Mui s’est livrée à un question/réponse avec le public grec, pour le moins interloqué par cette cinématographie exotique. A en croire les réactions dans la salle, du moins. Un spectateur s’étonnait de la lenteur du film (pourtant contemplatif à la marge), ce à quoi le jeune cinéaste a répondu qu’elle l’ avait vu à Tokyo sur grand écran et l’avait trouvé trop rapide à son goût (il ne dure que 90 minutes). Quant au choix que fait son héroïne, il se justifie selon elle à l’aune de la souffrance qu’imposerait le renoncement aux sentiments. La ravissante Tan Chui Mui fait preuve d’un talent certain et d’une maturité étonnante pour son jeune âge.

L’amour emporte tout (ou presque).

Love conquers all. Superbe titre pour un film cruel et magnifique, signé par Tan Chui Mui, une jeune réalisatrice malaisienne. Ah Ping quitte son village pour aller travailler à Kuala Lumpur, dans le restaurant de sa tante. Elle partage sa chambre avec sa petite cousine, une gamine précoce et bavarde. Ah Ping appelle sa famille et son petit ami tous les soirs, depuis la cabine publique de téléphone. Elle y rencontre John qui se met à la suivre partout. Le garçon voit en elle sa promise. Peu à peu, la fière Ah Ping succombe. Mais le piège se referme sur elle. John lui présente un soir son cousin. Il révèle à Ah Ping que le bellâtre séduit les filles pour les amener à se prostituer. Le scénario est parfaitement rodé. L’homme promet le mariage à ses petites amies puis disparaît. Mortes d’amour et d’inquiétude, les jeunes femmes paniquent. On leur explique alors que leur copain a de gros ennuis et que pour le sortir de ce mauvais pas, il faut de l’argent. Les crédules fiancées s’exécutent mais si elles n’ont pas assez de liquidités, elles doivent se prostituer pour rembourser la dette. Et quand leur fiancé est enfin de retour, elles continuent à vendre leur corps.
La rencontre avec le cousin maquereau intervient dans le premier tiers du film. Elle est programmatique. John, en effet, disparaît du jour au lendemain, après avoir demandé Ah Ping en mariage. Dès lors, on comprend qu’il est lui aussi dans la combine. Mais Ah Ping va aller jusqu’au bout. Par amour.
Love conquers all mêle les accents du mélo à la tragédie. L’héroïne n’a pas le choix, comme lui répète à l’envi son petit ami peu recommandable. Lors d’un trajet en voiture, il lui explique qu’elle peut toujours sauter mais que la chute sera très douloureuse. C’est la métaphore même de leur histoire. Ah Ping ne peut renoncer à cette idylle : l’issue lui serait fatale. Elle va donc s’abandonner totalement.
Le film distille une doucereuse cruauté que soutient une mise en scène délicate et sensible. De la chronique familiale inscrite dans la banalité du quotidien, on passe à une éducation sentimentale hors normes. La victime est consentante et prête à tous les sacrifices. N’est-ce pas l’amour au fond par lequel les êtres abdiquent toute résistance ? La question reste ouverte comme la fin du film où se logent à la fois une inquiétude et un espoir.  Love conquers all…et bien plus encore.

Le film est sélectionné au prochain festival de Belfort. A voir absolument.

 

Fabriquer le monstre.

Faire un film, c’est prendre le risque de donner vie à un monstre. Il peut vous tuer, si vous ne le faites pas avant lui. C’est en substance la conversation que le cinéaste Nouri Bouzid a avec Lotfi Ebdelli, son jeune acteur qui interprète le rôle de Bahta, un break dancer tunisien rattrapé par l’intégrisme. Making Of est une vraie réussite, avec ses mises en abîmes vertigineuses et ses ruptures de tons étonnantes. Le film commence sur le mode tendre de la chronique (des adolescents zonent, dansent et s’aiment) pour finir en brûlot politique. Mais de manière surprenante, il est entrecoupé de séquences de making of où l’acteur principal se heurte à son démiurge, arrête les prises pour exprimer sa colère et ses interrogations. Lotfi Ebdelli a l’impétuosité de son personnage. Il interpelle l’équipe, somme le réalisateur de s’expliquer sur sa position sur l’Islam. « Je ne suis pas contre l’Islam mais contre la terreur » lui rétorque Nouri Bouzid qui implore sa confiance. Il faut dire que le sujet est explosif et les angoisses de l’acteur légitimes.
Le monstre est donc à la fois l’oeuvre et le personnage de Bahta, à l’évolution funeste. Tout à l’insolence de sa jeunesse, le garçon va subir un lavage de cerveau par des fondamentalistes. Les hommes profitent, en 2003, de la guerre en Irak pour crier à l’humiliation du peuple musulman et appeler à la révolte. Ils recrutent Bahta, qui fait le désespoir de ses parents. Le danseur hâbleur fait place à une brute nourrie à la haine de la femme et de l’Occident. Il rêve dorénavant de mourir en martyr. C’est à une initiation en négatif à laquelle on assiste. Double figure du mentor : il y a à l’écran le guide intégriste qui forme Bahta et le cinéaste qui modèle son acteur hors caméra. Deux mouvements concurrents et concomitants qui entraîne un conflit naturel chez l’acteur. Evidemment, tout cela finit très mal. Mais Bouzid a su maintenir le cap et ne pas trahir la confiance de son acteur: il dénonce l’horreur, sans délaisser le récit.

 

Dans les limbes.

Détour par l’Iran, une des étapes de mon voyage en images. Des soldats iraniens partent au combat, à l’issue de leur entraînement militaire. Les voici dans le désert, blanchi par le froid et la glace. Stupeur : les militaires n’ont, pour la plupart, jamais vu la neige. Face à la dureté des éléments, trois d’entre eux désertent. Privés de repères, ils entament un voyage harassant, aux confins de l’absurde. Sur leur route, ils croisent une femme enceinte, abandonnée au milieu de nulle part par un passeur peu scrupuleux. Ils la recueillent.
A décrire ainsi l’intrigue, et pour qui a fréquenté un peu le cinéma iranien, on s’attend à un traitement très réaliste. Il n’en est rien. Le réalisateur Naghi Nemati livre dans An Seh (Those Three) un conte métaphysique, entre Le Désert des Tartares de Buzzati et Gerry de Gus Van Sant. Perdus dans des étendues virginales, les soldats vont au devant de leur destinée. Nemati fait de l‘espace indéfini, où les certitudes vacillent, une métaphore de la guerre. Où l’indifférencié va de paire avec la cécité et l’incompréhension de soldats envoyés à une fin certaine. Les plans vides alternent qu’habitent seulement les silhouettes sombres et très graphiques de héros, en pleine déréliction. Seul repère tangible, un arbre se découpe dans l’immensité neigeuse. Croyant avancer, les soldats y reviennent obstinément.
Nemati compose ses cadres avec application, jouant sur le décadrages et les différentes valeurs de plan. Par moments, la texture des images se rapproche du dessin. Avec une économie d’effets et de moyens, Nemati livre un film étonnant, proche de l’expérience plastique, aux antipodes des habituelles productions iraniennes.

 

Par monts et par vaux, Valmont.

John Malkovich a reçu hier soir le Golden Alexander Award pour l’ensemble de sa carrière, dans le cadre d’une séance spéciale où était projeté Being John Malkovich. “Alliance de sensiblité et d’intelligence”, ainsi a-t-il été présenté par Konstantinos Kontovrakis qui a ouvert la cérémonie. Despina Mouzaki, le président du festival de Thessalonique, a défini l’acteur comme “une figure mythique, un homme à la fois simple et mystérieux”.
Simple, Malkovich l’était. Sobre même, à l’image de son discours de remerciement où il se disait reconnaissant des opportunités offertes par son métier de travailler aux quatre coins de la planète. Il a aussi adressé sa plus profonde gratitude à la compagnie British Airlines qui a perdu sa valise, contrecarrant ainsi sa propension à la coquetterie.

Crédits : John Malkovich pendant la masterclass qu’il a donnée le 18 novembre à Thessalonique. (Photo : Rassias Studio).

Et là-bas, quelle heure est-il ?

Tout le cinéma du monde. Dans une même journée, j’arpente les cinématographies de l’Est, du Sud et du Nord. D’une salle l’autre, un film marocain, polonais, malaisien. Véritable voyage en cinéphilie, ce festival de Thessalonique confronte les regards sans les opposer. Le monde et ses chaos se répercutent et s’entrechoquent dans toutes les langues. Un horizon commun : le Moyen-Orient, à feu et à sang. Le conflit irakien imprègne les bandes, abordé frontalement ou en filigrane. Pour le reste, les thèmes sont universels. L’amour et la rage, la mémoire et la déshérence. Pléthore de destins individuels se bousculent à l’écran qui me nourrissent comme les rencontres que je fais ici. C’est l’occasion de demander à une programmatrice de festival norvégien, un réalisateur danois ou à un critique tchèque comment se porte le cinéma dans leurs pays. Confirmation de l’explosion du cinéma des pays de l’Est. Mais dans quelles conditions ? Nae Caranfil, que j’ai interviewé, m’a apporté de précieux éclairages. Je vais publier cet entretien rapidement. Il y a en chaque cinéphile un voyageur en puissance. Et chez vous, quelle heure est-il ?

Photos : la “croisette” de Thessalonique; l’intérieur du “palais des festivals” situé dans les baraques du port, une vraie ruche où la musique joue très fort; un bar où l’on passe du très bon son et où l’on boit des verres en bonne compagnie.

 

Salade grecque

Le festival de Thessalonique sait recevoir. Lily Papagianni, qui travaille au bureau de la presse étrangère avec Alexis Grivas, réserve d’emblée un accueil personnalisé et chaleureux aux journalistes. La topographie des lieux m’échappe au début mais on me guide patiemment (j’ai fait latin au collège ; mal m’en a pris). Les projections ont lieu sur le port et en centre ville. Le programme est chargé (plus de 200 films) qui oblige à jongler entre la compétition internationale, les rétrospectives John Sayles (auteur américain passionnant, dont l’œuvre est méconnue en France), William Klein, Lee Chang Dong et une section dédiée au cinéma des Balkans. Des hommages émaillent les festivités : John Malkovich mais encore… Jack Lang. Une curiosité à laquelle on n’a pas jugé bon de se rendre pour se ruer dans les salles et avaler 8 heures de projection hier. Un roboratif festin. La sélection est à l’image des salades grecques qu’on vous sert ici, fraîche et pleine de croquant.

Prix Un certain Regard au dernier festival de Cannes, California Dreamin’ de Cristian Nemescu relate le passage d’un train, dans un village roumain oublié du monde, où règne une corruption ordinaire. Nous sommes en 1999. Des marines de l’OTAN, chargés d’acheminer du matériel militaire en Yougoslavie, voient leur voyage chamboulé. Leur venue inopinée attise les rêves d’une vie meilleure. Miracle américain. Le maire trouve l’occasion inespérée de sortir son village de l’anonymat. Ni une, ni deux, le train est stoppé, sous prétexte d’obscures formalités administratives. En ébullition, le village organise au pied levé des festivités dont les militaires sont les invités d’honneur… à leur corps défendant. Sur le ton de la chronique douce amère, Nemescu brasse les genres avec talent. On n’est pas loin par endroits de 2000 Maniacs de Gordon Lewis où des rednecks “zombifiés” célébraient de manière très gore la guerre de Sécession. A peine se fait-on cette réflexion que nous sommes à présent dans le registre de la comédie sentimentale. Les filles du village se font belles, s’enhardissent, invitent les militaires à danser. Des intrigues amoureuses se nouent, avec leur lot de déchirements qui prépare un final sombre et apocalyptique. Car tandis que le train s’ébranle enfin, les habitants s’entretuent. Des violences, les militaires ne verront rien d’autres que des explosions au loin qu’ils prennent pour un feu d’artifice, tiré en leur honneur. Métaphore de la cécité internationale. La diatribe politique cinglante laisse pantois. Le réalisateur Cristian Nemescu est mort à l’âge de 27 ans, au printemps dernier, dans un accident de voiture. Il était sans aucun doute le plus grand cinéaste du jeune cinéma roumain.

C’est par le truchement d’un autre cinéaste roumain, Radu Mihaileanu, que nous avions été sensibilisés à la condition des Ethiopiens d’Israël dans Va, Vis et Deviens. Vasermil de Mushon Salmona part de là pour aborder la question de la cohabitation des communautés sur le sol d’Israël. Un beau film bourré d’énergie mais profondément pessimiste. Trois adolescents, respectivement russe, éthiopien et israélien flirtent avec la petite délinquance. Entre défonce, menus larcins et climats familiaux instables, ils trouvent dans le football un échappatoire. Un entraîneur les recrute pour jouer dans l’équipe locale. Ils doivent faire fi de leurs différences culturelles. Mais leur environnement violent ne leur laisse aucune chance. Filmant caméra à l’épaule, au plus près des visages expressifs de ses jeunes interprètes, Mushon Salmona prend à bras le corps le refoulé raciste d’une société éclatée. Dans la jeunesse et le sport gisent l’espoir. Tropisme qu’accueille avec scepticisme le cinéaste. La rue et la famille imposent leur dure loi par où le choix est impossible. Vasermil, du nom d’un stade de foot, devient la tragique métaphore de jeunes vies brisées.

J’ai toujours aimé les cinéastes qui filment la nuque des femmes. Dans Elli Makra – 42277 Wuppertal, Athonasios Karanikolos ne s’en prive pas. Il emboîte régulièrement le pas de son héroïne, une grecque qui vit en Allemagne, entre nostalgie et désillusion. Après un mariage raté, Elli a quitté le domicile conjugal puis son travail. Elle vit chez sa sœur et sa nièce, en attendant de réunir l’argent nécessaire à son retour en Grèce. Mais les événements vont peut-être l’en dissuader. On tombe d’emblée sous le charme de l’actrice Anna Lalasidou (tout un programme). Pourtant aux antipodes du glamour dans le rôle de cette exilée, elle concentre toute la lumière. Affranchie et déterminée, le fou rire la guette souvent dans les situations les plus tragiques. Il est communicatif comme la belle énergie qui circule entre les trois générations d’actrices à l’écran. Le cinéaste évite la pose misérabiliste pour livrer un film où les femmes se solidarisent face à l’adversité. Qu’elle soit le fait des hommes ou de la société. Le film se referme sur une scène émouvante où Elli danse le sirtaki, en hommage à ses racines. Comme dans le Kechiche (La Graine et le Mulet), force est de constater que les femmes mènent littéralement la danse au cinéma cette année.

Sean Penn est un acteur inégal, oscillant entre émotion et caricature. Cabot ou génie ? De rôle en rôle, il faut toujours reconsidérer la réponse. Mais en tant que réalisateur, le doute n’est pas permis. Son talent éclate dans The Indian Runner et se confirme avec Crossing Guard. Mais dès The Pledge, son troisième long métrage, le réalisateur semble déjà accuser le coup, niveau mise en scène. Il n’empêche, Penn est un grand cinéaste de l’humain, qui filme et regarde ses figures avec empathie. Il aime les personnages brisés, les laissés pour compte de l’americana. Pas étonnant qu’il ait choisi d’adapter le roman de Jim Krakauer, Into the Wild pour sa quatrième réalisation. Un étudiant, fraîchement diplômé, décide de renoncer à la vie que ses parents aisés et conformistes ont tracé pour lui. Le voici lancé sur les routes, armé d’un sac à dos, décidé à renoncer à la civilisation. Au fil des rencontres, sa quête se radicalise. Il part à la conquête des grands espaces de l’Alaska. Deux ans durant, il s’absorbe dans la lecture et écrit son journal. L’écriture importe à Penn qui cite Thoreau (Walden) et Jack London, tout en essayant maladroitement de la mettre en scène. Mais comme il n’a pas beaucoup d’idées (ce qui se confirme malheureusement à l’issue des 2h30 de projection ), il prend le parti pris d’incruster numériquement des extraits du journal. Effet cosmétique malheureux. Plus problématique, les plans sont dénués de dimension physique. La sensualité a déserté une nature qui devrait être spectaculaire. Ici, elle n’est que spéculaire. Sean Penn axe son film sur les rencontres avec des marginaux et des solitaires. Ca se veut humaniste, c’est souvent prêchi prêcha. Le cinéma américain effectue actuellement un retour à la nature, rempart contre la société de consommation. Mais on préfère à Into the Wild, la beauté et la modestie d’un Old Joy (Kelly Reinhardt) où l’émotion vibre au diapason de la nature.

La fille à la valise

Quitter Paris, le froid, les grèves. Faire escale à Rome mais de la ville éternelle, battue par la pluie, ne voir que son aéroport. Prendre un avion pour la Grèce, s’endormir avant le décollage, ouvrir un œil plus tard et se retrouver entre ciel et terre. Capituler, se rendormir. Ce n’est plus un voyage, mais presque la “science des rêves”. Pour un peu, on se sentirait comme le William Blake de Dead Man, à aligner les fondus au noir, à osciller entre conscience et déphasage. Heureux sursaut : je me réveille pour de bon à l’approche de Thessalonique. La ville se découpe sur fond de mer turquoise. A l’arrivée, troquer l’écharpe contre les lunettes de soleil est une nécessité. Contre toute attente, il fait 18 degrés. Je ne suis jamais venue en Grèce mais ai décidé de vivre littéralement les « voyages en cinéphilie » promis dans l’intitulé de ce blog. Ce n’est qu’un début, comme vous le verrez bientôt…
Il y a quelques semaines le Festival de Thessalonique m’a invitée pour sa 48è édition. Première fois que je participe en tant que blogueuse à un festival de cinéma. La manifestation ouvre enfin la voie de la reconnaissance des blogs en tant que médias. D’ailleurs, une table ronde est consacrée au thème pendant la manifestation. Me voici donc pour 5 jours, logée à proximité du port qui héberge les bureaux du festival et quelques projections. Eva, mon ange gardien me récupère un peu déboussolée à l’aéroport. Je suis bien arrivée mais ma valise non. J’écris ces lignes dans ma chambre d’hôtel, vêtue d’un t-shirt Nokia du meilleur effet que j’ai trouvé dans le sac du festivalier. C’est parti pour être mon seul change pendant une semaine. Ma valise a été perdue qui aurait néanmoins transité par Milan, aux dernières nouvelles.
Sans appareil photo, ni dictaphone et autres périphériques, il va être compliqué de bloguer. Mais il reste toujours les films, ceux qui vous enveloppent comme des vêtements chauds et font de vous des citoyens du monde. D’eux, je parlerai au fil des jours, avec mes valises…sous les yeux.

Hantée.