Paranoid Gus
Rencontre avec Gus Van Sant, le samedi 13 octobre 2007, dans un hôtel du 6è arrondissement de Paris. En pleine promotion de Paranoid Park, le cinéaste pop indé nous a reçus à l’occasion d’un entretien filmé pour MK2.
Où il fut question de création sonore en adéquation le monde mental de ses personnages, d’Hitchcock ou encore de l’apparition du cinéaste dans son propre film. Car oui, il y fait un caméo discret. Saurez-vous retrouver à quel moment ?
J’en ai profité pour lui remettre la revue Eclipses, consacré à l’ensemble de sa passionnante filmographie. GVS va tourner début 2008 avec Sean Penn un film sur Harvey Milk, un politicien militant pour les droits des homosexuels et qui a été assassiné.


Le 19/10/2007 à 01:02
Oui !!! J’ai reçu le numéro 41 ce matin, et j’ai vue que vous écriviez dedans. Excellent. J’adore cette revue : je m’en sers beaucoup pour mon travail. Les articles sont toujours très “érudits” et en même temps très clairs et accessibles, c’est très bien. Ils ont fait un numéro Lynch vers 2002, mais il est épuisé. Je le cherche désespérement. Pourriez-vous me donner une piste pour l’acheter malgré tout ?
Bravo à vous pour ce blog.
Céline.
Le 19/10/2007 à 01:56
Céline,
Vous êtes donc abonnée ? Magnifique! Le numéro consacré à Lynch est effectivement épuisé. Mais aux dernières nouvelles, on l’aurait trouvé dans une brocante du côté de Bombay. Trève de plaisanterie, si vous en avez besoin pour vos travaux, je peux toujours vous prêter mon exemplaire car effectivement, ce numéro est introuvable. Il n’y a pas de réédition prévue à ce jour.
Le 19/10/2007 à 19:33
Je vends mon exemplaire collector pour la modique somme de 359,99 euros, taxe comprise.
Le 20/10/2007 à 18:29
Hello les cinéphiles,
Sachez qu’un exemplaire d’Eclipses 34 - David Lynch est en vente en ce moment sur PriceMinister pour la somme de 50 euros. Pour ceux qui le cherchent, c’est une aubaine (et bien moins cher que chez Moland Ebaykov !!!!)
Perso, m’en fiche : j’ai acheté ce numéro quand il a paru…
Le 21/10/2007 à 16:45
bon, ok, je veux bien descendre le prix à 300 euros…
Le 21/10/2007 à 22:42
“Gus Van Sant , cinéaste pop” ???? Mais avez-vous au moins écouté ses BO ??? On croit rêver !!!! Il n’y a pas moins “pop” (donc pas moins superficiel) que les goûts musicaux de Gus Van Sant, alors attention à vos “effets d’annonce” !
J’ai cru comprendre que vous écriviez pour des revues “sérieuses”, non ? (Eclipses par exemple ! Je vais acheter leur dernier numéro ; je connais très bien cette revue, qui est excellente. Je ne savais pas que vous y écriviez, et je suis ravi de l’apprendre, malgré tout).
Je suis désolé, j’apprécie beaucoup Gus Van Sant et vous apprécie par ailleurs, mais ne suis pas “pop” du tout, comme l’auteur de ELEPHANT, donc…
Sylvestre M.
Le 21/10/2007 à 23:45
Il n’y a pas que la musique qui puisse être qualifiée de “pop”…
Le 21/10/2007 à 23:53
Ah oui ? Et qu’est-ce qui pourait être qualifié de “pop” (si tant est que cela ait un sens…) dans le cinéma de Gus Van Sant ??? Je serais curieux de le savoir !
On n’est pas chez Tarantino quand même ?!!
Sylvestre M.
Le 22/10/2007 à 00:02
Sylvestre,
Pop, GVS l’est indéniablement, au sens de la “culture populaire” : la télévision (To Die for), le skate (Paranoid Park), les arts, le remake plastique de Psycho etc..
Je ne fais pas référence à la musique pop, ni directement aux BO quoique… Très hétérogènes, jouant sur le contrepoint, elles intègrent également des standards appartenant à ce courant musical. Mais là n’était pas mon propos
Culture pop, à travers les signes évidents de culture de masse, digérée, transcendée, presque lyrique. J’avais fait un petit rapprochement entre Warhol et GVS ici :
http://contrechamp.kaywa.com/p389.html
Et de reprendre la citation de Warhol à cette occasion :
“Le pop art (…), ça consiste à prendre ce qui est dehors et à le mettre dedans, ou à prendre le dedans et à le mettre dehors, à introduire les objets ordinaires chez les gens”.
GVS perpétue ce geste à l’évidence. Par exemple, sur ce truc “d’introduire des objets ordinaires chez les gens”, je vous renvoie au remake de Psycho et au baladeur de Julianne Moore, vissé en permanence sur ses oreilles.
Et pour ce qui est de “prendre le dedans pour mettre au dehors”, Last Days, le mythe Cobain “minéralisé”. Cobain justement, icône grunge populaire.
J’espère que vous saisirez mieux ainsi mon propos.
Sinon, j’étais membre du comité de rédaction de la revue Eclipses pendant plusieurs années (au moins 7 ans). Le dernier numéro auquel j’avais participé était la monographie consacrée à Lynch en 2002. Après 5 ans d’absence, je suis revenue faire un clin d’oeil amical à mes méritants camarades.
Vous me direz ce que vous pensez de ce numéro ?
Le 30/10/2007 à 14:46
Merci Bastien ! ça y est, je l’ai reçu, grâce à votre info !!! Et il est aussi beau que passionnant ! Rien que la couverture, ça donne envie de s’y jeter.
Amitiés à tous, et merci encore.
Céline.
Le 31/10/2007 à 03:34
Céline,
Vous avez payé 50 euros la revue Eclipses ?? Mais vous la vouliez donc vraiment ! Je vous faisais des photocopies, moi. Non, je plaisante. C’est un très très beau numéro et un bon investissement. J’ai appris qu’elle se revendait même plus cher.
Sinon, il y avait un jeu concours : dans quelle séquence apparait GVS dans Paranoid Park ?
Ceux qui ont lu la revue n’ont pas le droit de répondre. Je fais confiance à vos talents d’observation à tous pendant le film.
En interview, Van Sant m’a dit en toute coquetterie que c’était une “erreur”, qu’il ne devait pas se trouver en théorie dans le champ.
Quand vous aurez vu où et comment, on en reparlera. Je suis très sceptique…
Le 31/10/2007 à 14:36
J’ai cru l’apercevoir dans la peau de l’oncle dans une des scènes augurales. Vérification faite, c’est Christopher Doyle qui est crédité de ce rôle au générique ! Ai-je halluciné ?
Le 31/10/2007 à 19:59
comment on peut s’abonner à ce magazine et le recevoir, j’habite dans le nord (Valenciennes) ?
Le 3/11/2007 à 13:05
Ignatussette (ca vient de Ignatius Reilly ?),
Non, vous n’avez pas halluciné. L’oncle Tommy est bien joué par Chris Doyle. On le voit à 2 reprises dans le film.
Mais GVS n’apparait pas à ce moment là. Cherchez encore….
Cookie,
Vous pouvez commander la revue directement sur le site de celle-ci. Il y a un lien actif sur la note. Merci pour vos différents commentaires sur des notes plus anciennes !
Le 11/11/2007 à 22:20
Bon, je relance le jeu avec une autre question : de quel film sont tirés les dialogues cités par le petit frère d’Alex ? (ce message a toutes les chances de rester lettre morte dans les méandres du blog)
Le 11/11/2007 à 22:27
Ah mais moi-même je ne sais pas ça. Et le temps que Silencio consente à donner la réponse, GVS aura fini son nouveau film.
Ceci dit, je trouve cette scène très belle et très juste. Le petit frère est très émouvant, avec ses difficultés d’élocution. Il me fait penser au personnage de Joaquin Phoenix dans Prête à Tout qui est dans le non verbal.
Y’a tout un truc très intéressant sur le langage chez Van Sant.
Sinon, j’ai eu idée de regards croisés entre Paranoid Park et un film dont il a été question très récemment sur ce blog : The Yards.
Par chance, serait-ce le film que nous cherchons, Silencio ?
Merci de ne pas faire durer trop longtemps le suspense. A la longue, c’est lassant. Je vais d’ailleurs je pense devoir donner la réponse à mon propre quizz !
Le 11/11/2007 à 23:03
Ne pas faire durer trop longtemps le suspense ? C’est l’hôpital qui se moque de la charité ! (cf. la peau de Viggo) Bref, il s’agit de Napoleon Dynamite, qui s’avère être un teen movie (voilà comment couper l’herbe sous le pied de GVS). Quant au “non verbal”, il se trouve que mon plan préféré dans Paranoid Park est celui où Alex rompt avec sa petite amie Jennifer, rendue muette par la musique de Nino Rota : se jouent là quantité d’expressions renvoyant au jeu outré du cinéma…muet (ou plutôt “sourd”, comme rectifié par Desnos), l’allégresse fellinienne connotant le burlesque. Par ailleurs les rails m’ont aussi fait penser à The Yards, mais c’est sans doute parce que je ne chante plus que Heart of Glass depuis quelques semaines.
Le 12/11/2007 à 12:15
Si toutefois tu cherchais à “légitimer” ton recoupement, et au cas où tu n’y aurais pas déjà songé, Harris Savides pourrait faire le lien, à un degré de séparation près, Van Sant ayant retrouvé Chris Doyle cette fois-ci (faudra-t-il écrire une histoire des directeurs de la photographie ?).