Prix du scénario - Volver
Pénélope Cruz irradie, Almodovar fait la gueule.
Eternel amoureux des femmes, Pedro Almodovar renoue avec ses thèmes de prédilection dans Volver, un objet mineur, à la lisière du fantastique.
A l’image, trois générations d’actrices se donnent la réplique. Un gynécée réjouissant, aux allures de célébration féministe. Carmen Maura et Pénélope Cruz signent ici des retrouvailles cinématographiques attachantes avec le réalisateur espagnol qui les avait respectivement employer dans Pepi (..) et Tout sur ma Mère. Ca tombe plutôt bien, le film est placé sous le signe du retour. ” Volver ” signifie ” revenir “, à l’instar d’une mère défunte qui réapparaît subitement dans l’existence chaotique de ses deux filles.
Pour peu, Volver serait un film de fantômes s’il ne bifurquait vers le drame intimiste. Almodovar revient hanter de son ombre la région de la Mancha. Retour aux origines pour un film en miroir qui fonctionne à différents niveaux narratifs. Tout d’abord, l’hommage : Pénélope Cruz irradie, sensuelle et incarnée, dans un film à sa gloire. Almodovar fait d’elle une nouvelle Sophia Loren, mâtinée avec un soupçon d’Anna Magnani, pour le côté fleur du peuple sophistiquée. Mère courage, l’héroïne s’invente une existence conforme à sa personnalité de battante, quels que soient les chemins immoraux qu’elle doit emprunter.
Volver est, par ailleurs et surtout, un film sur la filiation. La filmographie de l’auteur abonde de relations mère/fille conflictuelles. Là encore, il s’agit de pardon et de réconciliation avec les origines. Enfin, Volver fonctionne comme un auto-portait en transparence, la densité de La Mauvaise Education en moins. Volver n’a pas l’envergure des productions passées de l’auteur.
Pas très enlevé, le film frappe par une écriture assez paresseuse et une mise en scène sans surprise. Le secret, qui avait donné son titre à l’un des plus beaux films d’Almodovar, se dévoile et se donne, limpide.


Le 30/05/2006 à 01:20
Je rêve en lisant dans Libération qu’Almodovar, très vexé (c’était palpable durant la cérémonie) ne remttra plus jamais les pieds à Cannes. Mais pour qui se prend-il ? Combien de fois Loach a-t-il du venir avant de remporter la récompense suprême ? Et HHH, il a souvent été récompensé ? Almodovar, ce cinéaste folklorique (qui joue dans la même catégorie que Jeunet et Kusturica, en plus “subtil” peut-être), vient avec un film indigent, paresseux et rempli, comme d’habitude, de clichés sur l’Espagne (quand comprendra-t-on que le grand cinéaste espagnol c’est Erice et pas Almodovar ?), et il voudrait la palme ! Scénario et prix d’interprétation (pour Cruz, cette sous Sarah Michelle Gellar au physique de coiffeuse, et ses copines), c’est déjà cher payé.
Le 30/05/2006 à 22:50
D’accord avec toi sur tous ces points. Ces deux prix semblent même avoir été accordés sous la pression du réalisateur !
Je trouve complètement idiot que le pris d’interprétation féminine ait été donné à toutes les actrices de Volver, ce qui revient à placer au même plan la grande Carmen Maura et une jeune actrice débutante !
Le 31/05/2006 à 18:47
Wow. Volver est un Almodovar trèèès moyen, mais c’est tout de même un peu violent, non ?
Le 20/09/2006 à 19:06
Pas du tout d’accord, retirez vos préjugés, et retirez tout ça… Volver est un très bon film, et pas seulement un bon moment passé dans un fauteuil de cinéma. Alors c’est sûr, c’est du Pedro Almodovar, et on pourrait lui reprocher de ne pas être adaptable, et de se cantonner à un style. Mais pas dire que le film ne mérite pas sa palme de meilleur scénario, et encore moins que Penelope ne joue pas à merveille dans ce film. Dire cela, c’est être jaloux, aveugle, ou de mauvaise foix ( voire les trois en même temps)
Le 20/09/2006 à 22:58
Je ne retirerai rien. Revoyez Matador par exemple et revenez me voir en affirmant que Volver n’est pas faiblard. Par ailleurs, il me semble que je souligne assez les qualités de ce film de fonctionnaires du cinéma, de ceux qu’on muséifie de leur vivant ! Où sont passés le souffle et le soufre ?