Ronald n’était pas un clown

Rendons ici un vibrant hommage à Ronald !
Non pas le travelo emperruqué, à la solde d’une grande chaîne de fast-food, mais bien Reagan, acteur de second plan devenu Président des Etats-Unis.
A la faveur des éloges funèbres qu’on peut entendre au journal de TF1, celui qui mena une politique sociale régressive et inique, incarne aujourd’hui le rêve américain et le monde libre, post guerre froide.
A mon tour de faire son panégyrique.
Qu’aurait été JR Ewing sans Reagan et surtout la production cinématographique de l’époque ? Peur de l’autre, glorification du héros guerrier : un cinéma raciste et puritain éclôt, à l’ombre duquel des films contestaires fleurissent.
Rambo, en 1981, marque la première vraie charge à l’encontre de l’administration Reagan. Je vous recommande la lecture, à ce sujet, de l’excellente note de Sébastien.
Mais, selon moi, c’est avec They Live (Invasion Los Angeles) de John Carpenter que ce cinéma pamphlétaire atteint son acmé. La dénonciation de la société consumériste, de l’Etat policier tourne au jeu de massacre. Glaçant et jubilatoire tout à la fois, le film donne la part belle à la marge, aux exlus du système.
They live n’a rien perdu de son pouvoir subversif et résonne avec acuité dans l’actualité des Etats-Unis.

6 réponses pour “Ronald n’était pas un clown”

  1. jean-sébastien dit :

    Ulberto Eco rapportait je ne sais plus où une chose qu’en Chine, à une certaine époque, on souhaitait à son pire ennemi : “puisse-tu vivre une époque intéressante”…(j’adore)
    They Live : l’un des must de la série B contextataire en effet, un must!

  2. Black Rose dit :

    Chère Sandrine,
    Je n’arrive pas à t’envoyer de courrier, cela me note erreur, c’était pour te dire que j’étais très contente de te rencontrer hiers soir, et très déçue de n’avoir pas pu assister au concert de Moland, au fait, quand tu as dit que tu est très naive, tu sais, par rapport au gens du théatre, et bien, je ne trouve pas, je pense au contraire, que tu es honnête, et cela est une qualité, passe un bon week end avec pleim d’amour
    Rose

  3. sandrine dit :

    Black Rose,
    Ce fut un plaisir de te rencontrer aussi hier. Décidément, après Tlon, je multiplie les rencontres avec les bloggers ce mois-ci !
    C’est toujours émouvant et excitant cette immédiateté physique avec une personne, lorsque, débarrassée de l’écran de l’ordinateur, la parole se libère.
    Bref, un joli moment. Rose a percé à jour ma vraie nature d’incorrigible sentimentale. :-)
    Je te remets ici mon email. Rentre l’adresse dans la barre URL et ça devrait être bon. A bientôt.

  4. sandrine dit :

    JS,
    La citation de Ecco est fort à propos en effet. Tu imagines : souhaiter à quelqu’un de vivre sa jeunesse sous Reagan ?!!
    Lorsque j’ai vu They Live la première fois, ça m’a fait l’effet d’une bombe ! Quand le héros se met à tirer sur tout ce qui bouge (et notamment les autorités), on sent que c’est un tel exutoire pour Carpenter !
    Plus proche de nous, le troublant Donnie Darko, drôle de film qui revient sur les années Reagan, en porte toute l’angoisse.

  5. oral-free dit :

    oral free

  6. galleries-free dit :

    free galleries

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