Sur le cul
Electra Glide in Blue (James William Guercio, 1973) relate l’histoire tragique et banale d’un flic à moto qui a mal aux fesses. Et qui caresse un rêve : sillonner les highways de l’Ouest américain, le séant vissé confortablement dans une voiture d’inspecteur. Un fait divers crapuleux lui donne les moyens de son ambition.
Promu, Jack Wintergreen, le nabot sur viril, connaît les honneurs avant d’être rétrogradé- ironie du sort- pour une histoire de fesses !
Robert Blake, l’énigmatique homme en noir de Lost Highway, prête sa silhouette trapue au héros pathétique de ce monument de la contre-culture américaine.
Western à moto désenchanté, ancré dans une Amérique hippie, ce film déceptif fait des représentants de la Loi les laissés pour compte du rêve américain.
Court sur pattes, Wintergreen n’est pas taillé pour lui. Le personnage parvient avec peine à se hisser à la hauteur du cadre, et a fortiori du décor mythologique auquel, bloc d’horizontalité, il se frotte comme à ses chimères.
Electra Glide in Blue joue constamment de ses effets d’échelle par où la petitesse morale, physique se heurte à la démesure des décors d’une Amérique primitive, souveraine, dont sont indignes les corps.
Et le héros de finir comme il a toujours vécu : sur le cul.




Le 21/04/2006 à 14:11
Qu’est-ce donc? Le prochain moyen métrage d’un jeune dandy de la Lettre du cinema ? Le film d’HPG ?
Le 21/04/2006 à 21:47
Que nenni, cher ami. Il s’agit d’un monument de la contre-culture américaine…
Le 22/04/2006 à 00:54
Un monument de la contre culture ? Ah, je sais : Chips !!!
Le 22/04/2006 à 12:22
Ah, “Electra Glide in Blue”! A tomber par terre, en effet…
Le 22/04/2006 à 13:02
HPG si j’ai bien compris ce serait plutôt “dans” que “sur”.
Le 23/04/2006 à 13:24
Oh !
Le 26/04/2006 à 21:01
Bel enchaînement de photogrammes !
J’adooore ce film…
Le 27/04/2006 à 02:28
JG,
Trois moments clés du film à mon sens et le parcours en raccourci et en images d’un personnage à qui la verticalité est interdite : cette position le placerait au même plan que les éléments naturels. En somme, l’installerait dans un rapport d’équivalence mythologique (l’Amérique de la frontière). Tout le film pointe cet échec ! C’est le sens du 2è photogramme que j’ai choisi.
Le héros n’échappe pas à sa condition (”un bloc d’horizontalité”). A la fin, le bolide s’échappe, poursuit sa trajectoire quand celle du héros s’achève prosaïquement sur cette route sans fin (3è photogramme).
Electra (…) compte parmi mes films préférés.
Le 27/04/2006 à 08:23
Et puis c’est Monument Valley, derrière. Tout un programme. Il faut que je voie ce film.
Le 27/04/2006 à 10:46
Vincent,
Oui, décor mythique ! (Cf Zabriskie Point d’Antonioni dans la même veine).
C’est non sans mal que j’ai réussi à trouver le film en DVD, en VO sous-titrée français. J’ai du écumer les sites internet d’échanges et de ventes aux particuliers. Au final, une magnifique copie neuve sur Priceminister.
Je pense qu’on ne peut décemment pas parler de contre-culture américaine au cinéma sans avoir vu ce chef d’oeuvre mélancolique et ironique.
Le 27/04/2006 à 16:15
Sans aller jusque là, je tiens ce film pour un splendide morceau de seventies douces-amères. J’ai tendance à l’associer systématiquement - et pour ds raisons évidentes, j’imagine - à un autre grand road-movie contreculturel 70s qui m’est cher et a reparu récemment sur les écrans : “Point Limite Zéro” de Sarafian. J’aurais d’ailleurs grand mal à déterminer lequel me plaît le plus si la question se posait.
Le 18/01/2007 à 05:12
…Quand il est sorti en belgique (1974) en français, j’ai tout de suite été le voir au Métropole, je crois…une réference, vraiment inoubliable…d’ailleurs le l’ai revu dernièrement avec nostalgie !