Surviennent mes soupirs
L’épreuve du père Justin Crowe, interprété par le charismatique Clancy Brown, n’est-elle pas une relecture originale du Livre de Job, homme intègre éprouvé par Dieu ? L’exploration des quarante chapitres qui composent ce Livre étaye cette thèse en de nombreux points.
Le père Justin Crowe, homme de Dieu assailli par des visions effrayantes, tente de remplir au mieux sa mission divine. Dès les premiers épisodes, les pires cauchemars l’assiègent, tout comme Job :
Job, 7, 13-15 : « Quand je dis : mon lit me consolera, ma couche calmera ma plainte, alors Tu me terrifies par des songes, Tu m’épouvantes par des visions. ».
Le père Crowe bâtit un orphelinat, incendié par des promoteurs peu scrupuleux. L’épisode 4 s’achève sur l’image glaçante des corps calcinés des enfants.
Là encore, on trouve des réminiscences du Livre de Job :
1, 16 : « Il parlait encore quand un autre survint qui disait : ”Un feu de Dieu est tombé du ciel, brûlant moutons et serviteurs. Il les a consumés, et seul j’en ai réchappé pour te l’annoncer.”
Outre le feu, un vent incessant balaye les étendues désertiques traversées par la caravane de forains qui s’ébranle comme une procession religieuse.
Depuis l’arrivée de Ben Hawkins, l’itinéraire a été modifié par la mystérieuse Direction. D’apparence contingent, il conduit la troupe dans la ville maudite de Babylone (épisodes 5 et 6), détruite par la fureur divine en une heure. Il est fait mention de ces caravanes dans le Livre de Job :
6, 18-19 : « Les caravanes se détournent de leur chemin, s’enfoncent dans le désert et périssent. »
Dans le saisissant épisode 4, une soudaine tempête se lève, qui ravage tout sur son passage et condamne les personnages à affronter leurs démons. Ce cyclone voit la remontée du refoulé, tout comme dans le sublime film muet de Victor Sjöstrom, Le Vent (1928), auquel on pense immanquablement. Lorsque le malheur s’abat sur Job, c’est encore par le vent qu’il se manifeste :
1, 18-19 : « Tes fils et tes filles étaient en train de manger et de boire du vin chez leur frère aîné, lorsqu’un grand vent venu d’au-delà du désert a frappé les quatre coins de la maison. Elle est tombée sur les jeunes gens. Ils sont morts. Seul j’en ai réchappé pour te l’annoncer.”
Abandonné par son Dieu, le père Justin Crowe se lance à pied sur les routes d’un pays dévasté par la crise économique. Job lui se met à maudire le nom de Dieu, se lamente et tente de comprendre quelle a été sa faute.
Doté de pouvoirs surnaturels, le père Crowe va-t-il passer de la lumière à l’ombre ? Ben Hawkins, son double, va-t-il le confondre ?
Il est écrit, toujours dans le Livre de Job, que (Dieu) « met à découvert les profondeurs des ténèbres, amène à la lumière l’ombre de la mort, donne de l’accroissement aux nations et les fait périr [Babylone n’est-elle pas une métaphore des Etats-Unis tout entiers ? ]. Il enlève l’intelligence aux chefs des peuples et les fait errer dans les déserts sans chemin et tâtonner dans les ténèbres sans lumière (.. .) ».
Carnivale joue sur un subtil déplacement du sacré au profane. Ben Hawkins se livre à des simulacres de miracles dans un numéro où il guérit des malades incurables, quand il a la faculté de les soigner pour de bon. Il délivre ainsi de la paralysie une fillette innocente. Quant au père Crowe, il recèle des zones d’ombres insondables.
Profondément imprégnée par la matière biblique, Carnivale impose son itinéraire à un spectateur qui s’égare et se perd dans le désert de ses conjonctures. Tout simplement passionnant.
Sandrine Marques
P.S : dans les épisodes 5 et 6, le père Crowe lit des passages de la Bible relatifs au sacrifice d’Abraham et à la chute de Babylone. D’autres références bibliques majeures…


Le 19/04/2004 à 03:24
Impressionnant! Vraiment.
Le 19/04/2004 à 23:21
Je précise aux amis qui nous rejoindraient que Willy a posté ce commentaire, eu égard à la prestation de Clancy Brown et non concernant mon texte qui n’était pas encore publié :-)
Je te rejoins complètement Willy. Quel magnifique acteur ! Quelle présence, quelle ambiguité ! Suis-tu régulièrement la série ? Qu’en penses-tu ?
Le 19/04/2004 à 23:23
Bonjour !
Y aura-t-il un quizz de la nuit aujourd’hui ? J’informe la planète que je suis d’humeur au jeu ce soir…!!!
E.C.
Le 19/04/2004 à 23:24
Les quizz sont aléatoires, comme l’itinéraire de la caravane….
Le 19/04/2004 à 23:26
Me voilà bien avancée ! Il faut attendre que la caravane passe, c’est ça ? Pfffff !!!
Le 19/04/2004 à 23:27
C’est à peu près ça oui ! :-)))
Le 19/04/2004 à 23:29
C’est à minuit que l’info tombe sur nos télescripteurs, c’est bien ça ?
Le 19/04/2004 à 23:30
Oui, c’est bien le principe des quizz interdits ! Minuit, l’heure du crime !
Le 19/04/2004 à 23:32
Ce qui me laisse 29 mn pour me remaquiller avant de faire sensation sur ce Blog Biblique !!!
Le 19/04/2004 à 23:34
Ce soir n’est peut-être pas le grand soir… Les voies du Seigneur sont impénétrables !
Le 19/04/2004 à 23:36
Ah, quel dommage ! Ce sera pour une prochaine fois alors ! Bonne nuit chère inquizzitrice !
Le 20/04/2004 à 16:23
Les Etats-Unis élèvent leur séries au même rang que le meilleur de leur cinéma. Et c’est toujours un régal de voir des seconds couteaux exprimer tout leur talent dans des rôles où ils donnent le meilleur d’eux-mêmes, là où on les avait déjà enterrés sur grand écran. Dans “Carnivale”, Clancy Brown tient le rôle de savie, tout comme “24″ a relancé de façon significative la carrière de Kiefer Sutherland. Qui se souvient du méchant et grimaçant Kurgan de “Highlander” ? Le retrouver en prédicateur abandonné relève de l’extase. Maintenant, on en est à la moitié de la première saison, et on ne sait toujours pas où elle nous mène. La suite, vite !
Le 10/04/2007 à 01:42
[URL=http://tjtdybcp.com]rvsopjwy[/URL] wnbqsxkq mfpjzybd http://hjhmxnel.com lsqhzxhr rfzqfcjn