Tough ain’t enough
Quelques notes à brûle pourpoint sur le dernier Eastwood :
Million Dollar Baby (sortie le 23 mars) de Clint Eastwood n’est pas un film sur la boxe. Encore moins une “success story” hollywoodienne. C’est un mélodrame bouleversant sur la filiation. Le coeur secret du film se révèle dans les dernières minutes : une lettre adressée à une absente. Au final, les revenants investissent le cadre, comme souvent chez Eastwood.
Circularité tragique. Englués dans leur condition, les personnages répètent leurs échecs. Maggie (magnifique Hilary Swank), une white trash, a compris que la vie consistait à prendre des coups dans la gueule. Le tout étant savoir les rendre ! Le film est le récit de cet apprentissage, mais pas de cette revanche.
D’ailleurs, Eastwwod filme l’espace comme un ring de boxe. Il faut du temps avant que le manager et sa jeune recrue ne se rapprochent l’un de l’autre. Très belle scène où le pacte est conclu.
Eastwood, le républicain modéré, traite du politique et du rêve américain sans aménité. Il dépeint les “trailer people”, population qui vit dans des caravanes, comme un ramassis d’assistés et de parasites, quand Tim Burton dans Mars Attacks fait de cette minorité les sauveurs de la planète !!!
Oeuvre humaniste, d’une grande portée morale, MDB appartient à la tradition classique. Voir dans la salle de boxe désuète, vestige d’un temps oublié, une métaphore du film, un acte de résistance !
Un film d’auteur, promis au succès. Pour ces raisons MDB sera sans doute méprisé par une partie de la critique. Je vois déjà ces pise-froids faire la fine bouche. Moi, j’ai pleuré.
Revoir Fat City de John Huston.


Le 22/02/2005 à 20:55
Don’t cry baby !
Le 23/02/2005 à 00:14
J’ai hâte de t’y voir, cher Willy ! Auras-tu l’occasion de visionner le film avant sa sortie en salles ?
Le pire reste pour moi la projection de Sur la Route de Madison. J’étais une ruine quand les lumières se sont rallumées ! Eastwood est LE dernier grand cinéaste à savoir faire des mélodrames, conjuguant classicisme et altérité, morale et politique. En cela, il s’inscrit bien sûr dans la lignée de John Ford.
Le 23/02/2005 à 10:30
J’ai bien envie de lire ton petit texte mais ça sent le spoiler qui se cache. Alors je zappe et je me contente de la photo. En même temps, d’ici à ce que le film sorte en salles ici, j’aurai oublié ton commentaire ;)
Izo
Le 23/02/2005 à 11:32
Je déflore à peine l’intrigue. :-)
Ces quelques lignes ne rendent pas comptent de la complexité et de la densité de ce film très subtil. Et oui, d’ici là, tu auras oublié. Il sort quand au Japon ?
Le 23/02/2005 à 11:52
La film (non encore vue) a soulevé un débat “moral” au US, déflorant ainsi la fin…
Le 23/02/2005 à 12:03
Ah oui ! Je vois et ça ne m’étonne pas. Je me suis gardée d’en parler comme quoi, je ne “spoile” pas !
Je me suis même demandé si la question d’éthique qui est posée là n’était pas le vrai sujet du film. Mais Eastwood n’est pas un réalisateur à thèse. La filiation reste sa préoccupation première dans MDB. Je trouve le film très proche de Mystic River dans son rapport à la tragédie et au politique.
Le 23/02/2005 à 23:13
Non. Je devrais attendre la sortie, en espérant trouver une projection en VO quelque part. Je ne risque pas de travailler sur ce film, il sort avec beaucoup trop de copies pour moi… Je n’avais point versé de larmes sur Madison mais j’aimais bien le personnage du photographe interprèté par Eastwood. Mais, bon !
Le 23/02/2005 à 23:17
Nous y voilà : tu commences à spéculer sur le nombre de copies et donc sur la popularité du film. Exactement,ce que je craignais ! Un grand film populaire peut être un grand film tout court !
Le 13/02/2006 à 16:03
Bonjour à vous,
Pour tous les amoureux de la boxe une seule adresse : http://tout-sur-la-boxe.forumpro.fr/index.forum
Amicalement à vous.
Benoit.